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Covid-19 : ce que disent les autoritaires sanitaires françaises sur l'hydroxychloroquine

logo de L'Express L'Express 26/05/2020 lexpress.fr

Ce médicament promu par Didier Raoult ne pourra bientôt plus être administré en France, ni à des patients gravement atteints ni lors d'essais cliniques, après deux avis.

L'hydroxychloroquine, promu par le professeur Didier Raoult, a été très largement utilisé, sans preuve formelle de son efficacité. © afp.com/GERARD JULIEN L'hydroxychloroquine, promu par le professeur Didier Raoult, a été très largement utilisé, sans preuve formelle de son efficacité.

Clap de fin pour l'hydroxychloroquine ? Ce médicament, promu par le controversé Professeur Didier Raoult, ne pourra bientôt plus être administré en France contre le Covid-19, ni à des patients gravement atteints ni lors d'essais cliniques, après deux avis publiés coup sur coup ce mardi.

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Dans le premier avis, très attendu, le Haut conseil de la santé publique (HCSP), saisi par le ministère de la Santé, recommande "de ne pas utiliser l'hydroxychloroquine seule ou associée à un macrolide (une famille d'antibiotiques) dans le traitement du Covid-19". Il préconise également "d'évaluer le bénéfice/risque de l'utilisation de l'hydroxychloroquine dans les essais thérapeutiques", et "de renforcer la régulation nationale et internationale des différents essais évaluant l'hydroxychloroquine dans le Covid-19".

Pour parvenir à ces conclusions, le HCSP a analysé "les publications sur le sujet", ainsi que "les rapports des centres régionaux de pharmacovigilance rapportant des effets secondaires potentiellement graves, en particulier cardiovasculaires, en lien avec l'utilisation de ce médicament". Il a conclu "à l'absence d'étude clinique suffisamment robuste démontrant l'efficacité de l'hydroxychloroquine dans le Covid-19 quelle que soit la gravité de l'infection".

Seize essais autorisés en France pour évaluer son efficacité

De son côté, l'Agence du médicament (ANSM) a annoncé avoir "lancé (...) une procédure de suspension des inclusions de patients dans les essais cliniques menés en France" sur l'hydroxychloroquine, ce qui veut dire qu'il ne sera pas possible d'ajouter de nouveaux malades dans les essais déjà en cours. Cette suspension prendra effet après un délai de 24 heures de procédure contradictoire auprès des organisateurs de ces essais.

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Seize essais ont été autorisés en France pour évaluer l'efficacité de l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19. "Les patients en cours de traitement avec de l'hydroxychloroquine dans le cadre de ces essais cliniques pourront le poursuivre jusqu'à la fin du protocole", précise néanmoins l'ANSM.

Ces avis suivent la parution d'une étude pointant l'inefficacité et les risques de ce médicament pour les malades du coronavirus. La parution de cette étude dans la prestigieuse revue médicale The Lancet a déjà incité l'OMS (Organisation mondiale de la santé) à suspendre lundi les essais cliniques qu'elle mène avec l'hydroxychloroquine dans plusieurs pays, par précaution.

L'étude du "Lancet" est "foireuse" pour Didier Raoult

En France, en dehors des essais cliniques, l'usage de l'hydroxychloroquine contre le Covid-19 est autorisé à l'hôpital uniquement et seulement pour les cas graves sur décision collégiale des médecins. Samedi, à la lumière de l'étude du Lancet, le ministre de la Santé Olivier Véran avait saisi le HCSP pour qu'il lui propose "une révision des règles dérogatoires de prescription", fixées par un décret.

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Dérivé de la chloroquine (médicament contre le paludisme), l'hydroxychloroquine est prescrite pour lutter contre des maladies auto-immunes, le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. Elle fait partie des nombreux traitements testés depuis le début de l'épidémie de coronavirus, mais son utilisation dans cette indication fait l'objet d'une vive polémique.

L'un de ses principaux promoteurs est le professeur Didier Raoult, de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée-Infection à Marseille, qui l'utilise chez des patients atteints de formes mineures, en association avec un antibiotique de la famille des macrolides, l'azithromycine. Dans une vidéo mise en ligne lundi, Didier Raoult a jugé que l'étude du Lancet était "foireuse" et rejeté ses conclusions.

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