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Début du procès en appel de «Mamie Djihad», pour son engagement envers l'État islamique

logo de Le Figaro Le Figaro 04/06/2018 Morgane Rubetti, AFP agence
figarofr: Christine Rivière est détenue depuis le mois de juillet 2014. © LOIC VENANCE/AFP Christine Rivière est détenue depuis le mois de juillet 2014.

Christine Rivière, mère de djihadiste, avait soutenu son fils dans son appartenance à l'État islamique et avait fait plusieurs allers-retours en Syrie. Elle a été condamnée en première instance à dix ans de prison pour association de malfaiteurs à visée terroriste.

Le procès en appel de Christine Rivière, surnommée «Mamie Djihad», s'ouvre ce lundi. À l'issue de son dernier procès en octobre 2017, elle avait été condamnée à 10 ans de prison assortis d'une période de sûreté des deux tiers par le tribunal correctionnel de Paris.

Ce dernier avait condamné cette habitante de Troyes (Aube), pour son «engagement sans faille» auprès des djihadistes et sa «contribution au départ de plusieurs jeunes femmes».

À 52 ans, Christine Rivière est accusée d'association de malfaiteurs à visée terroriste. En 2013 et 2014, cette mère de djihadiste est partie à trois reprises en Syrie, où elle a rejoint son fils cadet. Ce dernier, Tyler Vilus, est devenu, depuis octobre 2012, un ponte du groupe terroriste État islamique. Aujourd'hui détenu en France, son dossier est toujours en instruction. Tyler Vilus, âgé de 27 ans, avait été interpellé en juillet 2015 en Turquie, en possession d'un passeport suédois. Il est soupçonné d'avoir voulu commettre des attentats en France.

Sa mère s'est, quant à elle, convertie à l'islam en 2011, influencée par son fils. Pendant cette période, Tyler Vilus abandonne sa formation de maçon et rejoint la Tunisie. En 2012, il participe à l'attaque de l'ambassade des États-Unis de Tunis. Christine Rivière commence alors à faire plusieurs allers-retours pour le voir avant de s'y installer avec son fils. «Sur place, je ne faisais rien de spécial. Je vivais tranquillement. Je cherchais du travail car je voulais m'y installer, mais ce n'était pas évident, car là-bas, c'est comme en France, il faut se dévoiler si on veut travailler. Les barbus sont mal vus», raconte-t-elle. En mars 2013, Tyler Vilus s'installe en Syrie. Dans la foulée, il revendique son appartenance à l'EI sur son compte Facebook.

Interpellée le 2 juillet 2014 au domicile de son autre fils, alors qu'elle s'apprête à repartir en Syrie, Christine Rivière n'a jamais caché son intention de retrouver Tyler, dont elle a affirmé partager l'engagement religieux radical. Au cours de sa dernière audience, en 2017, elle a contesté le fait d'avoir apporté un quelconque soutien financier à l'organisation terroriste ou même d'avoir combattu en Syrie. Pourtant, lors d'une perquisition, les enquêteurs ont retrouvé des photos d'elle armée avec notamment une ceinture d'explosifs. Sur place, une Kalachnikov lui a été offerte. Une arme qu'elle appelle affectueusement son «joujou». Elle a également publié des images de décapitation sur Facebook pour, selon elle, «montrer la réalité de ce qui se fait là-bas».

Au cours de ce dernier procès, elle a expliqué être partie pour rejoindre son fils quand elle a «compris qu'il ne reviendrait pas» et assuré qu'elle ne l'avait jamais encouragé à partir ou poussé «à tomber en martyr». Pourtant, devant le juge d'instruction en 2014, elle avait reconnu avoir accepté l'idée de la mort de son fils: «Il a choisi de combattre, de faire la guerre. Je ne vais pas le pousser à tomber en martyr, mais je sais que cela va arriver bien sûr. Et si cela arrive, je serai contente pour lui, parce que je sais ce que ça signifie pour lui. Je sais que c'est une place au Paradis, proche d'Allah.»

En octobre 2017, «Mamie djihad» s'est dit heureuse de vivre en Syrie: «J'étais avec d'autres musulmanes et je me sentais bien. Je préfère vivre en Syrie plutôt qu'en France malgré les bombardements et les tirs.»

Son avocat, Thomas Klotz, avait, quant à lui, décrit une femme incapable de faire face à ce chaos, en mal de repères, ayant des connaissances très sommaires de l'islam. Lorsque la présidente l'avait interrogée sur la Charia, elle avait rétorqué: «C'est juste une ligne directrice pour tout musulman: il y a le testament, le divorce, la justice, il y a tout. Rien d'exceptionnel». Et lorsque le tribunal avait souhaité son avis sur les attentats, elle avait déclaré: «Si on se situe en France ce sont des attentats, si on se situe en Syrie, c'est du combat». «Même quand on tue des civils? Des prisonniers?», avait renchéri la présidente. «C'est la guerre, hein», avait répondu la quinquagénaire, avant d'ajouter: «Mais je ne suis pas pour la guerre, moi».

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