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Décès de Paul Virilio : le philosophe et urbaniste de notre époque

logo de Le Figaro Le Figaro 18/09/2018 AFP agence, Le figaro.fr

figarofr: L'urbaniste et philosophe Paul Virilio, ancien directeur de l'École spéciale d'architecture, est mort lundi 10 septembre à l'âge de 86 ans. © DANIEL JANIN/AFP L'urbaniste et philosophe Paul Virilio, ancien directeur de l'École spéciale d'architecture, est mort lundi 10 septembre à l'âge de 86 ans.

Le penseur, ancien directeur de l'École spéciale d'architecture est mort à l'âge de 86 ans le 10 septembre auprès de sa famille et de la Fondation Cartier. Il a été victime d'un arrêt cardiaque. Ses obsèques ont eu lieu lundi dans l'intimité.

«Le monde est au-dedans de nous avant d'être au-dehors de nous». Dans Cybermonde, la politique du pire, Paul Virilio faisait part dans les années 2000 de ses inquiétudes face à l'essor d'internet. Le philosophe et urbaniste est décédé le 10 septembre à l'âge de 86 ans, victime d'un arrêt cardiaque. «Selon ses vœux, les obsèques ont eu lieu dans la plus stricte intimité le 17 septembre», a indiqué sa fille dans un communiqué transmis à l'AFP par la Fondation Cartier où il a exposé à plusieurs reprises (en 2002 et 2008).

Essayiste, théoricien et homme d'action, Paul Virilio s'est distingué tout au long de sa vie et de ses œuvres par une pensée libre et visionnaire. «Quelques jours avant son décès, il travaillait encore avec Jacques Arnould en vue de la parution d'un ouvrage et songeait, avec son ancienne élève, l'architecte Hala Wardé, à une nouvelle exposition» à la Fondation Cartier, a précisé sa fille Sophie Virilio.

Le philosophe, qui avait entrepris dans les années 1970 une réflexion centrée sur la «vitesse», qu'il considérait comme un facteur essentiel d'organisation sociale et de contrôle politique, avait fondé avec Claude Parent au début des années 1960 le groupe Architecture Principe. Il avait aussi publié le manifeste sur la «Fonction Oblique», qui marquera un tournant dans l'histoire de l'architecture française contemporaine.

Un philosophe marqué par la guerre

Marqué par l'expérience de la guerre (il est né en 1932 à Paris), et notamment le bombardement de Nantes (en 1943), où il dit avoir pour la première fois éprouvé ce qu'un jour il appellera «l'esthétique de la disparition», il fut aussi un philosophe de la désintégration des territoires. Dans un entretien accordé à Libération en 2010, Paul Virilio estimait que «nous vivons une synchronisation de l'émotion, une mondialisation des affects».

«Au même moment, n'importe où sur la planète, chacun peut ressentir la même terreur, la même inquiétude pour l'avenir ou éprouver la même panique. C'est quand même incroyable! Nous sommes passés de la standardisation des opinions - rendue possible grâce à la liberté de la presse - à la synchronisation des émotions (...). Nos sociétés vivaient sur une communauté d'intérêt, elles vivent désormais un communisme des affects», analysait-il.

L'ancien directeur de l'École spéciale d'architecture a publié plus d'une trentaine d'essais et collaboré aux revues Esprit, Cause commune, Critique, Traverses, Architecture d'Aujourd'hui, Urbanisme... Dans les années 1980, il s'était engagé en faveur des sans-logis et des exclus, notamment au sein du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées.



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