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Dans l’Eure, un couple a monté une microbrasserie dans l’ancienne école

logo de Le ParisienLe Parisien 11/11/2020 Frédéric Durand
La brasserie d’Olivia Lebreton et Mathieu His reste ouverte pendant le confinement mais sans dégustation. © #PRESSE30 La brasserie d’Olivia Lebreton et Mathieu His reste ouverte pendant le confinement mais sans dégustation.

La Francilienne Olivia Lebreton et le Normand Mathieu His ont décidé voici douze ans de s'installer dans le charmant village de Chambray, près de Vernon (Eure). Elle, en reconversion professionnelle dans la gestion. Lui, technicien télécom passionné depuis son enfance par les voyages et les bières. Ensemble, ils ont décidé de fonder en 2017 « La Chambraysienne », une fierté locale.

Après avoir bidouillé avec des kits dans son arrière-cuisine, Mathieu s'est formé à l'IFBM (Institut français des boissons, de la brasserie et de la malterie) à Nancy. Après deux années de tests auprès de consommateurs, en 2017, il brasse sa première bière officielle* : « La Primat et son gorille sur l'étiquette. La première de Mathieu, raconte Olivia. Une création issue d'un beau houblon blond anglais et allemand. Les trois mois suivants, j'ai sorti les huit autres spécialités de notre carte. Toutes des recettes personnelles ».

Les goûts du public ont évolué

Depuis, le couple fait déguster et vend aux particuliers les vendredis après-midi et samedi toute la journée. Il fournit des restaurateurs, des cérémonies et des festivals et aussi quelques grandes surfaces, que ce soit en bouteilles ou en fûts : « La bière a repris ses lettres de noblesse avec les artisanales, expliquent-ils. Les amateurs veulent de la qualité avec des goûts différents. Par exemple, on n'hésite plus à boire de la bière dans les restaurants gastronomiques. D'ailleurs, les chefs l'utilisent pour réaliser des grands plats. Dans notre gamme, on va de la désaltérante à l'apéro, mais toujours avec modération. Les bières artisanales ne sont pas là pour s'alcooliser. Elles doivent être dégustées pour partager ! »

Le magasin sous le préau

Pour installer leurs brassins, Olivia et Mathieu avaient besoin de place. « La mairie a entendu parler de notre projet, se souvient Olivia. Madame la Maire nous a proposé l'ancienne école qui est fermée depuis 2008. Avec une grande classe, un couloir et un préau… Nous avons accepté tout de suite. C'est original et pratique, car il y a aussi de la place avec l'ancienne cour de récréation ! » Depuis, la microbrasserie est devenue la fierté locale « et nous jouons sur notre identité normande. Les gens s'intéressent à la bière. Au processus de fabrication. Certains peuvent participer à la production. Nous voulons donner aussi un sens pédagogique à notre action. » Certainement que le lieu inspire.

Retour à la case départ

Seulement, une invitée surprise n'était pas attendue à ces réjouissances. La Covid-19 a bloqué la progression de La Chambraysienne : « Au premier confinement, on a fermé ou alors on faisait quelques ventes à emporter ou à livrer. Le chiffre d'affaires est tombé de 96 % au plus fort de la crise. J'en ai profité pour élaborer d'autres bières », confie Mathieu. Après un léger rebond estival, « avec le second confinement, c'est retombé ! Aujourd'hui, on est ouvert, mais sans dégustation. Tout le monde prend cher ! Mais on prépare des actions pour Noël avec le Normandie Bière Club. »

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C'est pour toutes ces raisons qu'Olivia et Mathieu, qui devait devenir salarié de son affaire, sont attentistes : « Nous avions prévu d'investir dans du matériel pour produire plus, de voir pour des locaux plus grands. Mais, la crise nous ramène au point de départ, à part pour notre savoir-faire. Il faudra trois ans pour s'en remettre. Ce sera un nouvel envol. Mais, aucun regret. Il faut aller de l'avant ! »

*L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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