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« Depuis toujours connectée aux animaux », Amandine Renaud raconte son combat pour la protection des singes au Congo

logo de 20 Minutes 20 Minutes 24/06/2022 Jérémy Laugier

Originaire de la région lyonnaise, la primatologue de 40 ans œuvre depuis sept ans avec son association P-WAC, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), pour y protéger chimpanzés et forêts

PORTRAIT - Originaire de la région lyonnaise, la primatologue de 40 ans œuvre depuis sept ans avec son association P-WAC, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), pour y protéger chimpanzés et forêts

« J’ai toujours été connectée aux animaux et à la nature. Enfant, je pleurais quand je voyais qu’on coupait des arbres. » Native de Décines et ayant grandi à Meyzieu (Rhône), Amandine Renaud n’a pas mis longtemps à vouloir faire tourner sa vie autour de la protection environnementale. « Bouleversée » en découvrant Gorilles dans la brume, film retraçant l’histoire de la primatologue américaine Dian Fossey, la jeune femme a donc osé le grand saut à 22 ans en accompagnant bénévolement une mission en République démocratique du Congo (RDC) auprès de grands singes.

« Pour beaucoup de choses, je suis de nature peureuse, évoque Amandine Renaud. Mais là, j’ai foncé car je voulais voir si j’étais vraiment faite pour cette vie-là. Et j’ai eu le déclic lors de ce voyage en 2003. » Après avoir longtemps cru que seules des études de vétérinaire pourraient lui permettre de « côtoyer des animaux sauvages », la Rhodanienne rejoint en 2008 un master spécifique de recherche à Londres, afin de devenir primatologue.

« Les autorités pensaient que les chimpanzés avaient disparu »

Avec ce diplôme en poche, elle crée à Décines l’association P-WAC (Project for Wildlife and Apes Conservation) en 2013, en ambitionnant la construction de son propre centre de conservation de la biodiversité et des grands singes. Puis elle s’installe pour de bon en RDC en 2015. Hébergée dans la province du Kongo central, dans le sud-ouest du pays, elle se confronte à deux années de démarches administratives pour convaincre les autorités congolaises de permettre à l’association française de « protéger les forêts ancestrales pour les futures générations ».

P-WAC, qui compte aujourd’hui cinq bénévoles actifs, plus 18 personnes travaillant au quotidien en RDC, rachète peu à peu 200 ha de terres dans le massif forestier du Mayombe, tout en ouvrant un centre de soins pour les singes. Les effets sont déjà frappants, à en croire Amandine Renaud, qui vise désormais les 2.000 ha.

« En 2015, l’étude botanique de la forêt que nous allions acheter parlait d’arbres sans vie, d’un endroit où l’homme avait tout pillé. Seulement un an après avoir interdit l’accès de cette forêt à l’homme, on croisait des antilopes, et on voyait grâce à des captations vidéo des chimpanzés et des mangoustes de retour sur place. Aujourd’hui, un groupe de cinq chimpanzés sauvages est de retour grâce à cette protection de la forêt. C’est hyper prometteur car les autorités pensaient qu’ils avaient totalement disparu de la région. »

Un singe recueilli après avoir fumé et bu des bières chez un particulier


Vidéo: Cette chienne de refuge rencontre son nouveau maître pour la première fois et n'arrête pas de le câliner (Dailymotion)

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Parallèlement, Amandine Renaud s’occupe d’un enclos de réhabilitation, où l’objectif est de protéger les jeunes primates orphelins victimes de braconnage pour les réimplanter dans la forêt au sein d’un espace protégé. Elle prend actuellement soin d’une vingtaine de singes qui ont été saisis par l’Etat congolais et confiés à P-WAC, dont certains ont été particulièrement maltraités.

Elonga fait partie des singes que P-WAK a recueillis en RDC. - @pwac_primates © Fournis par 20 Minutes Elonga fait partie des singes que P-WAK a recueillis en RDC. - @pwac_primates

« On a recueilli Mayélé, qui était détenu par un particulier à Kinshasa, raconte-t-elle. Celui-ci l’habillait, lui faisait fumer des cigarettes, boire des bières, et l’emmenait en centre-ville ou au stade de foot. Il est arrivé vraiment traumatisé chez nous. Ça va mieux aujourd’hui mais il a eu des mois compliqués. »

« Je ne passe pas mes journées à papouiller des singes »

Si la primatologue de 40 ans vit à présent à une dizaine d’heures de route de la capitale de la RDC Kinshasa, elle revient régulièrement dans la région lyonnaise pour « sensibiliser des écoles à la déforestation et aux conditions des singes ». « J’ai vu des enfants de 6 ans lancer une manifestation dans leur cour d’école pour lutter contre l’huile de palme et pour sauver des forêts, sourit-elle. Les élèves de l’école primaire Les Calabres à Meyzieu ont même collecté 1.200 euros en se mobilisant. »

Contactée par la maison d’édition Michel Lafon, Amandine Renaud a publié le 25 mai le livre « militant » Mon combat pour les grands singes, préfacé par le comédien Maurice Barthélémy. « Ça me permet de préciser que je ne passe pas mes journées à papouiller des singes, s’amuse-t-elle. Je reviens sur tout le parcours de l’association et sur les difficultés que j’ai pu rencontrer en m’installant au Congo, où j’étais un peu perdue au début. » Sept ans plus tard, les actions de P-WAC sont reconnues par de nombreuses grosses fondations comme 30 Millions d’amis et la fondation Brigitte-Bardot.

Le livre « Mon combat pour les grands singes » (éditions Michel Lafon) est en vente ici. Plus d’infos sur le site de P-WAC ici, ainsi que sur les comptes Instragam et Facebook de l’association.

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