Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Doubs. Le boulanger entame une grève de la faim pour soutenir son apprenti menacé d’expulsion

logo de Ouest-France Ouest-France 05/01/2021 Philippe MIRKOVIC.
Stéphane Ravacley a entamé une grève de la faim pour soutenir son apprenti. © Ouest-France Stéphane Ravacley a entamé une grève de la faim pour soutenir son apprenti.

Le jeune homme arrivé en France en 2018 devrait finir son CAP boulangerie en juin. Mais depuis sa majorité, il est sous la menace d’une obligation de quitter le territoire. Son patron a entamé une grève de la faim pour le soutenir.

Un « super apprenti ». À « l’écoute », « réfléchi », présent « chaque matin avant 3 h »… Laye Fodé Traoréiné a « les qualités d’un bon boulanger », selon Stéphane Ravacley, son patron durant un an et demi à Besançon (Doubs). Le jeune guinéen a débuté chez lui en septembre 2019 un CAP, alors qu’il était mineur. Mais aujourd’hui âgé de 18 ans, il est menacé d’expulsion, au grand dam du professionnel.

Il n’est plus employé de la « Huche à pain » depuis le 2 janvier, « alors que sa formation doit se terminer en juin », fulmine l’artisan bisontin, qui a entamé une grève de la faim pour soutenir son apprenti. Et lancé des pétitions à la boulangerie et sur internet (plus de 106 000 signatures sur le site change.org). Demandant que « Laye puisse au moins finir son cursus. On ne coupe pas les jambes de quelqu’un qui veut travailler. »

« Rejeté une fois ses 18 ans passés… »

Le jeune homme, qui a grandi dans une famille d’accueil en Guinée, est arrivé en France en 2018. Après avoir traversé notamment le Mali, la Libye et la mer Méditerranée pour rejoindre l’Italie. « Laye a ensuite pris un train au hasard qui l’a conduit à Nîmes. »

Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, il a d’abord cherché des stages en plomberie, sans succès. Avant que sa tutrice l’oriente vers la boulangerie, répondant à un appel dans la presse de Stéphane Ravacley, qui peine alors à recruter.

« Dans notre profession, c’est tellement dur de trouver des employés », explique l’artisan. Il ne comprend pas qu’on « ouvre les portes à un gamin, qu’on l’héberge et qu’on lui finance une formation pour finalement le rejeter une fois ses 18 ans passés… »

« Il pourrait rester dans l’entreprise »

Une obligation de quitter le territoire a été notifiée fin novembre. « La préfecture estime que Laye a présenté des documents d’état civil non conformes. La police aux frontières considère leur authenticité douteuse », explique l’avocate de l’apprenti, qui a formulé un recours devant le tribunal administratif pour contester l’arrêté refusant le titre de séjour.

Selon elle, Laye « remplit toutes les conditions fixées par la loi » pour l’obtenir. « Il a un acte de naissance, suit une formation diplômante de manière réelle et sérieuse, n’a pas de contact régulier avec son pays d’origine, n’a jamais eu de problème de comportement… »

Et Stéphane Ravacley insiste : « Il pourrait rester dans l’entreprise et poursuivre sa formation avec une mention complémentaire et un brevet professionnel. Puis être ouvrier chez moi, il n’y a pas de problème. »

Publicité
Publicité

Plus de Ouest-France

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon