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Ecologie : la droite présente du vert à moitié vide

logo de Liberation Liberation 25/11/2020 Dominique Albertini
Les Républicains ont présenté mardi soir les grandes orientations de ce que le parle appelle une «écologie de bon sens». © BERTRAND GUAY Les Républicains ont présenté mardi soir les grandes orientations de ce que le parle appelle une «écologie de bon sens».

Le parti Les Républicains présentait mardi son programme environnemental, largement hostile aux énergies renouvelables et favorable au développement du nucléaire.

Vite, du vert ! La droite s’en est finalement convaincue : elle ne sera pas longtemps un parti de gouvernement, sans paraître concernée par l’enjeu écologique. Pas question pour autant de paraître valider les orientations du gouvernement en la matière. Encore moins le «décroissantisme» d’une partie de la gauche, dont elle s’est fait un épouvantail. Place à une «écologie du bon sens», dont le parti Les Républicains a présenté mardi soir les grandes orientations. Avec un casting aux allures de manifeste : le rendez-vous était animé par le député alsacien Raphaël Schellenberger, dont la circonscription comprend l’ex-centrale nucléaire de Fessenheim et qui s’était opposé à sa fermeture.

La feuille de route du parti distingue quatre priorités : la rénovation thermique des logements (par préférence à celle des bureaux), le développement de transports moins carbonés (fret ferroviaire, voiture à hydrogène…), un soutien assumé au nucléaire et l’instauration d’une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne. Ces mesures, assure LR, permettront à la France d’atteindre la neutralité carbone en 2050, conformément à l’accord de Paris, à condition de développer par ailleurs les techniques de captation et de stockage du CO2.

Poussée des écologistes, parfois au détriment de la droite.

L’organisation d’un tel rendez-vous témoigne, en soi, d’une prise de conscience. «Cela n’aurait pas forcément été évident il y a quelques mois», aime répéter le secrétaire général du parti, Aurélien Pradié, au sujet de ces conventions thématiques touchant par ailleurs aux thèmes de la pénibilité, du handicap ou du progrès. En matière d’environnement, LR s’est vu aiguillonner par les dernières municipales, marquées par une poussée des écologistes et parfois, comme à Bordeaux, au détriment de la droite.

«Certains pensaient que l’écologie ce n’est pas différenciant, qu’aucun électeur ne choisirait LR pour son programme écolo, rapporte le président des députés LR, Damien Abad. Peut-être, mais c’est différenciant négativement : combien ne votent pas pour nous parce qu’on n’en parle pas ?» Sur le terrain, de nombreux maires et candidats LR ont devancé leur parti, faisant campagne sur une double promesse de sécurité et d’environnement, jurant de multiplier les espaces verts au même rythme que les caméras de vidéosurveillance.

Energies renouvelables, jugées ruineuses et inefficaces

«Différenciant», le programme de LR veut l’être en s’affichant aussi comme un manifeste contre deux politiques : une «décroissance» dénoncée comme un crime économique et social, et la feuille de route environnementale du gouvernement. Ce dernier prévoit notamment de fermer treize nouveaux réacteurs d’ici à 2035, pour ramener à 50% la part du nucléaire dans la production nationale d’électricité. En parallèle, la part des énergies renouvelables, notamment solaires et éoliennes, serait portée à 40% d’ici à 2030. Acte impie, juge la droite, «qui sacrifierait notre souveraineté énergétique au profit d’équipements fabriqués à 90% en Asie».

Pour LR, les énergies renouvelables, jugées ruineuses et inefficaces, peuvent contribuer au plus jusqu’à 30% de la production électrique française. Le parti prévoit, lui, un moratoire sur l’éolien terrestre «lorsque les projets ne font pas l’objet d’un consensus politique local». Il veut en outre «prolonger la durée de vie des réacteurs jusqu’à 60 ans et engager la construction de six EPR de deuxième génération», y voyant la meilleure garantie d’une énergie décarbonée. Et c’est en coupant drastiquement dans les subventions allouées aux énergies renouvelables qu’il entend financer une partie de ses autres mesures, comme la rénovation des logements.

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