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En 2022, l'assurance-vie prend un tournant écoresponsable

logo de leJDD leJDD 27/11/2021 Olivier Brunet
Pouvoir diversifier son contrat sur des supports financiers responsables, verts et solidaires sera la norme à partir de janvier. © yangna/Getty/iStockphoto

Pouvoir diversifier son contrat sur des supports financiers responsables, verts et solidaires sera la norme à partir de janvier.

Le 1er janvier, tout titulaire d'un contrat d'assurance-vie multisupports pourra y loger des produits financiers, non garantis en capital, dont la vocation n'est pas uniquement de faire fructifier son épargne. C'est à cette date que les assureurs devront inclure dans leur offre au moins une unité de compte (UC) labellisée ISR (investissement socialement responsable), une labellisée Greenfin (finance verte, exclusion des entreprises opérant dans le nucléaire et les énergies fossiles) et un fonds solidaire, devant être investi, pour 5% à 10% de son actif, dans des titres émis par des entreprises solidaires d'utilité sociale (Esus). L'obligation de référencer ces trois familles de fonds est prévue par la loi Pacte du 22 mai 2019.

"La profession est prête, assure Franck Le Vallois, directeur général de la Fédération française de l'assurance (FFA). Les assureurs se doivent déjà de présenter au minimum une unité de compte parmi ces trois catégories. En janvier, chacune devra être représentée par une unité de compte. Ce sera le franchissement d'une étape supplémentaire dans la mise en œuvre d'une des dispositions de la loi Pacte. Elle contribue à la dynamique de la collecte des placements responsables, verts et solidaires, à laquelle nous assistons depuis plusieurs années." De fait, à fin 2020, les supports répondant aux critères de la loi Pacte représentaient 73,6 milliards d'euros d'encours, en hausse de 10,5 milliards d'euros par rapport à l'année précédente. Soit 17% du total des fonds en unités de compte souscrits par les épargnants.

La transparence favorisera la confiance du client


Vidéo: Qu'est-ce qu'une assurance-vie responsable ? - 25/11 (BFM Business)

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Ce développement de l'offre fait consensus. "Le référencement obligatoire de fonds labellisés ou ­durables est une bonne chose : les labels sont une boussole pour l'épargnant qui a besoin de repères pour faire ses choix en vue de donner du sens à l'utilisation de son argent, estime Gilles Belloir, directeur général du courtier Placement-direct.fr. Mais ce n'est qu'une étape." Ce dernier fait référence au projet d'évolution des règles européennes en matière de distribution de produits ­d'assurance. Des réflexions sont en cours afin d'intégrer au questionnaire de connaissance client, lors du parcours de souscription, une mesure de l'appétence des épargnants pour les sujets environnementaux et sociaux. Dans le meilleur des cas, les réponses seraient prises en compte dans le devoir de conseil des distributeurs de produits, au même titre que le profil de risque.

En attendant, l'un des enjeux est de faire en sorte que les Français s'approprient les nouveaux supports mis à leur disposition. "Le rôle des conseillers est de faire preuve de pédagogie, d'éducation financière, pour aider les épargnants à comprendre comment l'argent qu'ils nous confient est investi, indique Richard Chatelet, directeur général d'AXA Prévoyance & Patrimoine. Nous avons lancé une Académie du climat qui permet à chaque collaborateur de se former, de bien comprendre les problématiques liées au changement climatique, à la préservation de biodiversité et des ressources naturelles. Sensibiliser nos conseillers sur ces thèmes permet de mieux accompagner nos clients." Ces actions s'inscrivent dans le cadre de la démarche citoyenne d'AXA, auditée par un organisme indépendant (le cabinet EY), dont l'un des piliers repose sur la préservation de l'environnement. Vis‑à-vis des épargnants plus autonomes, la clé du succès des offres écoresponsables reposera notamment sur la mise à disposition d'outils d'aide à la décision.

Parallèlement, la transparence favorisera la confiance du client, quelles que soient ses connaissances financières. C'est l'un des objectifs d'une autre disposition de la loi Pacte, instaurant une obligation pour les assureurs de communiquer dans leur relevé annuel sur la part du fonds euros (à capital garanti) investie sur les supports responsables, verts et solidaires, également à compter de 2022. À l'échelle de la profession, les actifs dédiés aux thématiques environnementales représentent 113 milliards d'euros à fin 2020, soit 5 % du portefeuille des fonds euros, selon la FFA. Un montant supérieur de 31% au total de l'année précédente.

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Plus d'info : Le Journal du Dimanche.fr

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