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En quoi peut consister l'opération militaire "Résilience" annoncée par Emmanuel Macron?

logo de L'Express L'Express 26/03/2020 lexpress.fr

Depuis l'hôpital de guerre militaire de Mulhouse, le chef de l'État a annoncé un nouveau plan pour venir en aide aux malades. Un plan qui demande l'appui de l'armée.

Emmanuel Macron a voulu marquer le coup mercredi à Mulhouse. © AFP Emmanuel Macron a voulu marquer le coup mercredi à Mulhouse.

C'est en chef de guerre qu'Emmanuel Macron s'est posé mercredi à Mulhouse. Le chef de l'État, masque chirurgical pour la première fois sur le visage, a longuement martelé le vocabulaire qu'il avait déjà employé face à la nation lors de sa deuxième allocution. Le mot "guerre" est ainsi de nouveau revenu à plusieurs reprises pour appuyer ses propos. Le président de la République s'exprimait depuis le premier hôpital militaire de guerre depuis le début de l'épidémie, monté en quelques jours pour soulager l'hôpital Émile Muller de Mulhouse.

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Face à l'ampleur de la crise du coronavirus, Emmanuel Macron a annoncé le lancement de l'opération "Résilience", qui vise à mobiliser les forces armées pour venir en aide aux malades. Dans un communiqué, le ministère des Armées précise : "Cette opération militaire inédite sera dédiée au soutien des services publics et des Français dans les domaines de la santé, de la logistique et de la protection."

Une opération distincte de Sentinelle

On connaissait déjà l'opération Sentinelle dédiée à la lutte contre le terrorisme. Créée en 2015 à la suite des attentats du 13-Novembre, cette task force de plus de 10 000 soldats, dont 3000 en réserve, sécurise à travers le pays des points sensibles susceptibles d'être les cibles d'une attaque. L'opération "Résilience" sera "distincte" de l'opération Sentinelle, comme le précise le Ministère des Armées.

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Le communiqué reste toutefois assez pauvre en détail. Cette opération n'a pas vocation à aider policiers et gendarmes à faire respecter le confinement de la population pour enrayer la propagation du virus, souligne-t-on au gouvernement.

En parallèle, l'opération Sentinelle sera tout de même maintenue. Elle "perdure parce que la menace demeure" mais "ses règles d'engagement ne changent pas", souligne l'état-major.

Aide "sanitaire", "logistique" et de "protection"

Le chef de l'État a lui donné peu détails sur la nouvelle opération "Résilience". Il a tout de même évoqué lors de son discours une aide d'ordre "sanitaire", "logistique" ou encore ayant trait à la "protection" de sites sensibles. Sur le volet sanitaire, les armées sont d'ores et déjà actives. Depuis le début de la crise, les militaires français et leur service de santé (SSA) ont effectué trois rotations aériennes pour évacuer des patients du Grand Est vers des régions moins saturées de malades, en plus de l'opération menée en Corse ainsi qu'à Mulhouse.

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Une première action a d'ores et déjà été annoncée mercredi par le président de la République : après le porte-hélicoptères Tonnerre, qui a ramené douze patients contaminés de Corse, le porte-hélicoptères amphibie Mistral sera déployé "immédiatement" dans le sud de l'océan Indien et, "à partir de début avril, le porte-hélicoptères Dixmude ira se positionner dans la zone Antilles-Guyane en soutien de nos territoires ultramarins", a-t-il annoncé.

Flou sur le nombre de militaires mobilisés

"En fonction des sollicitations des préfets, les armées répondront en fonction des moyens disponibles", explique pour sa part à l'AFP le porte-parole de l'état-major, le colonel Frédéric Barbry, en refusant de s'exprimer sur le nombre de militaires potentiellement mobilisés. "On raisonne en effet à obtenir, pas en effectifs", souligne-t-il, en insistant sur l'aspect "local" de l'opération, "au plus proche des besoins".

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La "protection", elle, pourrait par exemple concerner des sites d'"opérateurs d'intérêt vital", ou OIV, comme les centrales nucléaires. Ce renfort des militaires permettra, comme pendant l'Euro 2016, de "relever les forces de sécurité intérieures" pour qu'elles puissent consacrer plus de moyens au maintien de l'ordre, une mission dont elles détiennent l'exclusivité et que les armées ne peuvent en aucun cas assurer, fait-on valoir au ministère.

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