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Enseignement catholique en Seine-Saint-Denis : «il y a une vraie mixité sociale»

logo de Le ParisienLe Parisien 02/04/2019 Propos recueillis par Hélène Haus
Le Parisien: Pierrick Chatellier est adjoint du directeur diocésain de l’enseignement catholique de Seine-Saint-Denis. © DR Pierrick Chatellier est adjoint du directeur diocésain de l’enseignement catholique de Seine-Saint-Denis.

Avec 29 écoles, 19 collèges et 15 lycées, l’enseignement catholique scolarise 9 % des élèves de Seine-Saint-Denis. Chaque matin, 25 000 enfants et adolescents passent les grilles de l’un de ces établissements situés dans 26 communes.

À l’occasion de la sortie au cinéma du film « La Lutte des classes » ce mercredi - une comédie tournée à Bagnolet qui évoque la fuite vers les écoles privées des familles aisées vivant dans les quartiers populaires - nous avons interrogé Pierrick Chatellier, adjoint du directeur diocésain de l’enseignement catholique de Seine-Saint-Denis, sur la place de cet enseignement dans le paysage scolaire local.

Malgré de nombreux établissements situés en Réseau d’éducation prioritaire, le phénomène de l’évitement scolaire y est moins important que dans des territoires parfois beaucoup plus aisés comme Paris, les Yvelines ou les Hauts-de-Seine.

A quel niveau avez-vous le plus d’inscriptions ? Au collège ?

PIERRICK CHATELLIER. Non, en réalité, c’est à chaque début de cycle. En petite section, en CP, en sixième et en seconde. Par contre, si dans les écoles nous ouvrons souvent deux classes de CP, celles de sixième sont plus nombreuses.

Est-ce difficile d’y entrer ?

Il y a des établissements qui ont des listes d’attente, d’autres non. D’une manière générale, on donne la priorité à la fratrie quand un aîné est déjà scolarisé dans l’établissement, et aux jeunes originaires de la commune où est située l’école.

Quels sont les profils socio-économiques de vos élèves ?

Nous avons des élèves issus de toutes les classes sociales, à l’exception des très défavorisées. Une année coûte entre 900 et 1 200 € sans la cantine. Certaines familles font des sacrifices pour inscrire leurs enfants, nous avons des élèves boursiers. Il y a une vraie mixité sociale dans nos établissements qui n’existe pas dans certains quartiers ghettoïsés de la Seine-Saint-Denis.

Les établissements privés ont souvent meilleure réputation. Pourquoi selon vous ?

Lors de l’inscription, les parents mettent souvent en avant l’accompagnement que nous offrons à nos élèves. L’encadrement est très important, que ce soit au niveau des éducateurs, des CPE, des Atsem en maternelle, sans oublier les personnels administratifs et de service. La vision chrétienne de l’homme est aussi importante pour certaines familles.

Justement, le catéchisme est-il obligatoire ?

Non. Au 1er degré, les élèves bénéficient d’une heure de culture religieuse, qui peut être différente d’un établissement à un autre. Si nous avons beaucoup d’enfants musulmans, elle pourra par exemple être consacrée au dialogue interreligieux. Tout ce qui est lié à l’éveil à la foi est facultatif. Mais nos établissements entretiennent tout de même un lien direct avec les paroisses du secteur.

Le département a du mal à attirer les profs expérimentés dans le public. Vous aussi ?

Hélas, oui. Sans doute dans une proportion moindre, mais la situation est tendue. Surtout dans le 1er degré. Nous sommes aussi obligés d’avoir recours à des contractuels, qui en plus sont moins bien payés chez nous (NDLR, dans le privé, les enseignants restent payés par l’Education nationale).

Vous n’avez pas de projet de créations d’établissements ?

Non, l’Education nationale ne nous donnera pas plus de postes. Mais nous projetons tout de même de créer une école maternelle dédiée aux enfants autistes.

MEILLEURS, VRAIMENT ?

En 2018, les établissements catholiques du 93 affichaient tous des taux de réussite au bac d’au moins 96 %. Des pourcentages largement supérieurs au taux moyen départemental, qui s’élevait à 84 % (contre 88,3 % au niveau national).

« Il faut reconnaître qu’il est plus facile d’avoir un taux de réussite de 98 % dans des lycées de petites tailles comme les nôtres que dans des établissements publics plus grands », admet Pierrick Chatellier, adjoint du directeur diocésain.

«Il y a une sélection au lycée, comme dans le public »

Ce succès se fait-il aussi au détriment de certains jeunes laissés de côté en fin de seconde ? « Nous faisons tout pour qu’un élève qui rentre en maternelle chez nous ait les moyens d’y finir sa scolarité, assure Pierrick Chatellier. Après, il ne faut pas faire de l’angélisme, il y a une sélection au lycée comme dans le public. Tout le monde ne peut pas aller en filière générale. »

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