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Essonne : appel à «la purge» contre les policiers, le ministre de l'Intérieur saisi

logo de Le Figaro Le Figaro 29/10/2018 Morgane Rubetti

Plusieurs messages appelant à la purge des forces de l'ordre circulent sur les réseaux sociaux. Les attaques doivent avoir lieu lors de la nuit d'Halloween, le 31 octobre. Le syndicat de police Unité SGP a saisi le ministre de l'Intérieur.

figarofr: Les voitures d'une équipe de policiers et de pompiers ont été caillassées dimanche soir à Corbeil-Essonnes. (Photo d'illustration) © Charles Platiau/REUTERS Les voitures d'une équipe de policiers et de pompiers ont été caillassées dimanche soir à Corbeil-Essonnes. (Photo d'illustration)

Dimanche soir, aux alentours de 20h30, des policiers ont été attirés dans un véritable «guet-apens». Les pompiers et les forces de l'ordre sont intervenus dans le quartier de Nacelles, à Corbeil-Essonnes (91), pour l'incendie de trois véhicules au cocktail Molotov. Sur place, les équipes ont été prises à partie par une trentaine d'individus, confirme au Figaro Olivier Michelet, secrétaire départemental du syndicat de police Unité SGP 91. Les voitures des fonctionnaires ont notamment été caillassées. Deux personnes ont pu être interpellées et placées en garde à vue.

Le matin même, d'après les informations du Parisien confirmées au Figaro, les forces de l'ordre ont empêché le tournage d'un clip de rap dans le quartier des Tarterêts, à Corbeil-Essonne. «La mairie avait refusé le tournage à l'oral et par écrit à cause des propos jugés violents. Dès qu'on ne leur donne par ce qu'ils veulent, ils finissent par le retourner contre les bâtiments publics ou les forces de sécurité», s'énerve Olivier Michelet.

Une «purge» des policiers le 31 octobre

Pour le représentant Unité SGP 91, cette attaque est «liée à l'appel à la purge des policiers qui circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux». D'abord divulguées sur Snapchat, les «règles de la purge de Corbeil-Essonnes» ont largement été partagées sur Twitter et Facebook. «Il s'agit clairement d'atteintes aux forces de l'ordre et de sécurité très ciblées», déplore Olivier Michelet.

Le message le plus courant, mal orthographié, détaille en sept points comment s'en prendre aux policiers. «Habillez-vous en noir avec masque si possible», conseille l'auteur. «Toutes les armes sont autorisées (...) Brûlez tout ce que vous voyez: voitures, poubelles etc», est-il précisé avant d'ordonner que «les forces de l'ordre [soient] attaquées au mortier, feux d'artifices, pétards et pierres».

Dans le texte, les auteurs annoncent que la purge «commencera dans tous les quartiers à partir de 20h00» le mercredi 31 octobre, la nuit d'Halloween.

Cette violence «dépasse largement l'Essonne, précise le directeur départemental de la sécurité publique du département, Jean-François Papineau au Parisien. Nous recevons une grande vigilance sur l'ensemble du territoire relevant de la compétence de la Police nationale».

Les règles ont été partagées sur un autre compte Snapchat qui s'adresse cette fois «aux gens du 93 Seine-Saint-Denis». Celui-ci demande aux femmes de ne pas participer et le dixième point somme de «ne pas faire de victime» et de «penser aux parents et à la famille» des personnes qui seront prises à partie.

Un autre message encourage tous les départements d'Île-de-France (75, 77, 78, 91, 92, 93, 94 et 95) ainsi que «tous les mecs de Paname» à suivre le mouvement dès 22 heures mercredi soir.

La volonté de s'en prendre aux policiers a également atteint la ville de Grenoble. Dans l'appel, la purge donne l'impression d'être organisée par quartier. «Échirolles, fontaine etc (...) toutes les zones et les quartiers montent une équipe. Quand deux équipes se croisent, obliger de s'affronter (sic)», donne pour consigne l'auteur.

Si les attaques envers les policiers sont régulières, «c'est la première fois qu'un appel à la violence prend une ampleur nationale», s'inquiète Olivier Michelet, qui déplore le manque d'au moins «200 effectifs pour assurer sereinement la mission de sécurité publique». Le secrétaire départemental d'Unité SGP espère que l'appel à la purge «restera lettre morte» mais, en attendant, le syndicat a saisi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner afin qu'une plainte soit déposée à l'encontre des auteurs toujours non identifiés. Olivier Michelet souhaite, quant à lui, que les responsables «reçoivent une réponse pénale très forte». 

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