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Essonne : le confinement et le déconfinement inspirent un artiste de Palaiseau

logo de Le ParisienLe Parisien 30/05/2020 Cécile Chevallier
Palaiseau, le 27 mai 2020. L’exposition « Derrière la fenêtre » de l’artiste plasticien et sculpteur Yory Ingunza, sur les sentiments du confinement et du déconfinement, se termine le 2 juin. © DR/Yory Ingunza. Palaiseau, le 27 mai 2020. L’exposition « Derrière la fenêtre » de l’artiste plasticien et sculpteur Yory Ingunza, sur les sentiments du confinement et du déconfinement, se termine le 2 juin.

Il a appelé son exposition « Derrière la fenêtre », il aurait aussi pu la baptiser « derrière le masque » ou « malgré le masque ». L'artiste plasticien Yory Ingunza propose au public l'exposition de sa dernière création : des portraits d'habitants, de voisins ou d'amis, mais résidant tous à Palaiseau afin de traduire les sentiments éprouvés pendant le confinement et depuis le déconfinement.

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Ses œuvres sont à découvrir en déambulant simplement dans la rue principale de la Palaiseau : tous ses dessins sont visibles jusqu'au 2 juin depuis la galerie éphémère de la rue de Paris, très fréquentée.

« C'est magnifique, mais j'espère que ces gens ne sont pas morts », lâche une passante devant l'exposition. Yory Ingunza la rassure immédiatement : « Oui, ce n'est pas un hommage posthume ! Toutes ces personnes sont en bonne santé, et je les connais toutes. Je les ai prises en photo ou elles m'ont envoyé leur photo pendant le confinement et depuis le déconfinement. »

Palaiseau, le 28 mai 2020. L’artiste plasticien Yory Ingunza explique à une passante le sens de son exposition. LP/Cécile Chevallier © Fournis par Le Parisien Palaiseau, le 28 mai 2020. L’artiste plasticien Yory Ingunza explique à une passante le sens de son exposition. LP/Cécile Chevallier

Pour l'artiste plasticien, également sculpteur, l'idée est de traduire les sentiments éprouvés pendant cette période inédite. « En dépit du masque, qui cache une bonne partie des éléments expressifs du visage comme le nez et la bouche, nos émotions passent quand même, estime Yory Ingunza. L'espoir, la désolation, la joie, la profonde tristesse, la foi, la rage… »

Son projet mélange deux extrêmes : « D'une part le vivant, avec le portrait de vrais gens, des personnes de mon entourage, et d'autre part la matière inerte représentée par le masque qui nous protège confectionné avec des matériaux recyclés comme des déchets d'emballages de produits de consommation industriels, liés paradoxalement aux causes de pollution et de surexploitation du vivant par les choix humains qui, en quelque sorte, nous ont amenés à cette crise. » Et ce projet mélange aussi la bi-dimension et la tri-dimension avec le dessin du visage et le volume, la « sculpture » avec le masque.

Ce nouvel habitant de Palaiseau « aime l'art alternatif ». « Je fais de l'art qui joue avec le contexte, détaille-t-il. Quand le confinement a démarré, j'ai tout de suite voulu proposer un regard artistique sur ce moment. » Son premier portrait est celui de Monique, sa voisine de 78 ans.

Qu'il accroche spontanément sur les grilles d'un square de la ville, comme il avait l'habitude de le faire à Paris. Mais la municipalité retire les œuvres accrochées sans autorisation. Déçu, Yory Ingunza active ses réseaux. Un commerçant lui parle de la galerie éphémère. « Les propriétaires m'ont tout de suite donné leur accord, ravis de voir le local de nouveau occupé après être restés vides plus de deux mois », poursuit Yory Ingunza.

Palaiseau, le 27 mai 2020. Yory Ingunza aime l’art alternatif, qui joue avec le contexte. DR/Yory Ingunza. © Fournis par Le Parisien Palaiseau, le 27 mai 2020. Yory Ingunza aime l’art alternatif, qui joue avec le contexte. DR/Yory Ingunza.

L'exposition est découpée en deux chapitres. À gauche, les portraits réalisés pendant le confinement. « Cette fenêtre cachait des visages à l'intérieur, des visages qui ont changé chaque jour vers midi, pour les deux dernières semaines de confinement, tel un porteur d'images, développe l'artiste. Le dispositif utilisé pour le 2e chapitre, le déconfinement, est une fenêtre ouverte, qui cache toujours des visages à l'intérieur, mais qui se libèrent tels des oiseaux après deux mois d'enfermement. »

L'exposition est visible depuis la vitrine de la Galerie éphémère, située au 133, rue de Paris à Palaiseau. Gratuit, jusqu'au 2 juin.

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