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EXCLUSIF. Déprogrammations : deux millions d'hospitalisations en moins en 2020

logo de leJDD leJDD 21/11/2020 Anne-Laure Barret
Une étude évalue pour la première fois le nombre de séjours, d'opérations ou d'examens non-Covid annulés pendant la première vague de l'épidémie. © Sipa

Une étude évalue pour la première fois le nombre de séjours, d'opérations ou d'examens non-Covid annulés pendant la première vague de l'épidémie.

C'est le désastre invisible dans la tragédie du Covid-19. Depuis le printemps, médecins, associations de patients, chercheurs ou autorités de santé alertent sur les dégâts collatéraux causés par l'engorgement des hôpitaux. Car derrière le terme abstrait de "déprogrammation", il y a des patients qui continuent de souffrir de la hanche en attendant la pose d'une prothèse ; des malades atteints de cancers placés dans une file d'attente pour le bloc opératoire ; et d'autres qui ont vu leurs examens diagnostiques repoussés sine die. Mais l'ampleur réelle du phénomène n'avait jusqu'alors été qu'estimée, et encore partiellement.

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Pour tenter de mesurer "l'impact de l'épidémie de Covid-19 sur l'activité hors Covid en France" lors de la première vague, la Fédération hospitalière de France (FHF), porte-voix des hôpitaux publics, a mené une vaste étude portant à la fois sur les établissements de soins publics, les privés à but non lucratif et les cliniques, dont le JDD dévoile les résultats en exclusivité. Plus précisément, cette plongée dans la base de données sanitaires anonymisées PMSI a permis de comparer, entre début mars et fin août 2020, le volume d'hospitalisations ou d'opérations non liées au Sars-CoV-2 par rapport à la même période de 2019.


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Principal enseignement de ce travail qui sera complété par de nouvelles données consolidées dans les prochains mois ? L'impact du confinement a été majeur. "Deux millions de séjours n'ont pas été réalisés entre mi-mars et fin juin", détaille la FHF. Entre le 16 mars et le 10 mai, la baisse d'activité est évaluée à 58 % pour la chirurgie (voir ci-dessus courbe numéro 1) ; à 39 % pour les hospitalisations dans les services de médecine (sans passage au bloc opératoire) ; et atteint 80 % pour les actes de chirurgie ambulatoire (le malade rentre chez lui le soir).

Certaines régions plus concernées que d'autres

"Il est logique que les activités de chirurgie aient plus baissé que celles des services de médecine car, pendant la première vague, les blocs opératoires, les salles de réveil ont été transformés en services de réanimation, analyse Cécile Chevance, qui pilote le pôle data de la FHF. Et les infirmiers et médecins qui y travaillent d'ordinaire ont été mobilisés pour soigner les patients Covid." L'évaluation de la FHF confirme aussi les craintes des spécialistes du cancer colorectal (environ 43 500 nouveau cas par an) : le nombre de coloscopies diagnostiques s'est effondré de 87 % pendant le confinement (voir ci-contre). Et celles des médecins chargés des transplantations rénales : entre la mi-mars et la fin juin, on a enregistré une chute de 80 % du nombre de ces dernières.

Autre conclusion de l'étude : même si les déprogrammations ont été massives et ont concerné, au printemps, tout le territoire, certaines Régions s'en tirent un peu moins mal que d'autres (voir carte ci-contre). Sans surprise, il s'agit de celles épargnées par la première vague. Ainsi, l'activité de chirurgie en Bretagne a chuté de 50 % durant cette période ; soit beaucoup moins que dans le Grand-Est, où elle s'est effondrée de 64 %.

Enfin, l'estimation de la FHF objective un constat fait par de nombreux acteurs du monde sanitaire : les hôpitaux n'ont pas immédiatement retrouvé leur rythme de croisière après le déconfinement. "La reprise d'activité n'a pas pu se faire tout de suite, explique Cécile Chevance. Certains patients Covid ont dû rester longtemps hospitalisés ; les blocs n'ont pas pu être immédiatement libérés." Ou comment, dans des hôpitaux où la chirurgie se fait à flux tendu en temps normal, tout le retard accumulé au printemps n'a pu être rattrapé cet été.

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Plus d'info : Le Journal du Dimanche.fr

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