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Ferrières-en-Brie : l’abattage d’arbres dans le parc du château fait polémique

logo de Le ParisienLe Parisien 17/05/2020 Alexandre Métivier

L’association Renard a déposé trois recours après avoir constaté cet abattage. Elle fait le lien avec le projet d’hôtel cinq étoiles qui pourrait voir le jour en 2021 à proximité du château.

Le Parisien © Renard Le Parisien

Le confinement n’empêchait pas de regarder à la fenêtre ou de se promener à proximité de chez soi. Et c’est peut-être ainsi que quelques riverains du château de Ferrières-en-Brie ont entendu ou observé des tronçonneuses s’activer dans le parc, vers la mi-mars.

Non loin des grilles, des arbres sont tombés. On a ensuite vu les troncs quitter l’enceinte à l’arrière d’une remorque.

- © Fournis par Le Parisien - Ferrières-en-Brie, mars 2020. Un camion quitte le château avec plusieurs troncs d’arbres sur sa remorque. DR

«Aucun désastre environnemental», assure la maire

Dans un communiqué, la maire Mireille Munch (Cap 21), réélue au premier tour mi-mars, a justifié cet abattage. « Une étude phytosanitaire a été réalisée, indique-t-elle. Parmi les arbres, 21 ont été jugés comme devant faire l’objet d’un abattage urgent compte tenu de leur état particulièrement dégradé. Et 70 autres étaient considérés comme très endommagés ou irrémédiablement endommagés. »

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L’élue ajoute que « certains, faiblement endommagés, ont fait l’objet de coupes en raison notamment des défauts constatés : plaies de choc, racines hors-sol, perte de vigueur ou encore branches mortes. » Pour Mireille Munch, il n’y a « aucun désastre environnemental, bien au contraire ».

Ce n’est pas l’avis de l’association de défense de l’environnement Rassemblement pour l’étude de la nature et l’aménagement de Roissy-en-Brie et son district (Renard).

«C’est un bien classé, on n’y touche pas»

« Les arbres malades, c’est faux, tempête Philippe Roy, président de Renard. Aucun n’était dangereux pour ceux dont on a pu voir une section. Le parc et son château sont classés Monument historique [NDLR : par arrêté du 26 septembre 2000, modifié le 3 juillet 2003, sur les parties bâties et non bâties du domaine de Ferrières]. C’est un bien classé pour des raisons d’intérêt national, une servitude publique, on n’y touche pas ! »

Ce n’est pas la première fois que cette association, qui soutenait les deux listes concurrentes à Mireille Munch lors des élections municipales, s’oppose à la mairie. Début 2019, elle avait par exemple obtenu la suspension d’un arrêté municipal interdisant une manifestation sur les zones humides.

Philippe Roy et les autres membres de l’association sont cette fois particulièrement en colère après avoir constaté qu’un projet d’hôtel cinq étoiles était prévu dans le parc du château à l’horizon 2021, à l’endroit même où les arbres ont été abattus.

Le préfet de région a en effet autorisé en janvier 2019 « la construction d’un hôtel cinq étoiles dans le parc du château de Ferrières-en-Brie, immeuble classé au titre des monuments historiques ».

La demande, datée du 22 novembre 2018, émanait de Khalil Khater, le fondateur de l’école Ferrières qui occupe les murs du château depuis son ouverture en 2015. Elle avait reçu l’appui de la mairie le 6 décembre 2018. Sur le permis de construire, on parle d’un bâtiment en R + 2 d’une hauteur maximum de 9,07 mètres et sur une surface de plancher de 9 222 m².

Trois recours déposés

Dans sa décision, le préfet estimait que « l’architecture des façades, conjuguant le bois et l’acier pour en permettre le rattachement à la futaie, les espaces communs conservant et développant les transparences d’origine, le traitement paysager des abords intégrant le stationnement et les équipements techniques donnent toute sa cohérence à ce projet qui garde ses distances avec le monument », en l’occurrence le château.

« L’abattage des arbres, ce sont les prémices de l’hôtel, grogne Philippe Roy. Il n’y a pas de précédent de construction dans un parc classé monument historique alors que l’hôtel est possible à l’extérieur du parc, de l’autre côté de la rue. »

- © Fournis par Le Parisien - Ferrières-en-Brie, mars 2020. Des arbres abattus à proximité du château (à l’arrière-plan).DR

L’association Renard a déposé trois recours. « Un référé mesure utile pour avoir la copie du dossier, un recours en annulation de l’autorisation de travaux délivrée par le préfet de région et un sursis exécution de la décision pour que ça puisse bloquer les travaux », liste Philippe Roy.

De son côté, sans évoquer le projet d’hôtel, Mireille Munch dénonce « une polémique particulièrement insultante. Si certains ont envie d’en lancer, ce n’est pas mon cas. En ce moment, nous avons beaucoup à faire dans cette période tragique du Covid-19. »

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