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Hôpital public : retrouver du sens

logo de Liberation Liberation 26/10/2021 Alexandra Schwartzbrod
A l'hôpital Lyon-Sud, en septembre. © Jeff Pachoud A l'hôpital Lyon-Sud, en septembre.

Si vous êtes hypocondriaque, ne lisez pas l’enquête que nous publions dans ces pages. Ni l’interview du ministre de la Santé, Olivier Véran. Ce que ces deux articles racontent de la désaffection des soignants pour l’hôpital public est extrêmement inquiétant. Entendre le chef des urgences du CHU de Lille dire «je ne sais pas comment on va passer l’hiver, nous sommes au bord du précipice», donne envie de se rouler en boule au fond de son lit et de ne plus en bouger jusqu’à l’arrivée des beaux jours.

Notre enquête est sans appel : 20 % des lits disponibles sont fermés dans les CHU et CHR du pays faute de personnel. Le stress de la pandémie, ajouté à des conditions de travail souvent déplorables et des salaires peu attractifs, a achevé de décourager les soignants. Beaucoup rendent leur blouse pour partir travailler dans le privé ou hors des grandes villes afin de bénéficier au moins d’une meilleure qualité de vie. Et rien, ou très peu, ne permettra de régler le problème à court terme. Il va falloir attendre notamment que la fin du numerus clausus commence à produire ses effets, ce qui n’arrivera pas avant une dizaine d’années. Ce quota, qui restreignait jusqu’en 2020 le nombre d’étudiants en médecine, a scandaleusement barré la route à nombre d’aspirants soignants qui seraient fort utiles aujourd’hui. Mais pour former des étudiants, il faut des places en fac et surtout des perspectives. Or, pour l’heure, les mesures prévues par le Ségur de la Santé sont considérées comme insuffisantes par les professionnels et les discours des scientifiques annonçant d’autres pandémies à venir laissent augurer des années sombres.

Bref, rien ne va, et la qualité de la prise en charge commence à s’en ressentir. Il suffirait que l’épidémie de Covid-19 reparte − et les derniers chiffres sont à cet égard inquiétants − pour que l’hôpital s’effondre. «On paie trente ans d’incurie», affirme Olivier Véran. Sans doute, et notamment les années Sarkozy, mais c’est une formule que les ministres ont tendance à répéter à l’envi. C’est tout le système qu’il faut revoir, en ciblant les unités ayant besoin d’être renflouées et, surtout, en lui redonnant du sens.

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