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"Il nous faudrait un Covid tous les ans" pour respecter l'accord de Paris sur le climat

logo de Europe 1 Europe 1 17/05/2020 Antoine Cuny-Le Callet
L'isolement forcé et l'arrêt de l'appareil productif décidés pour lutter contre l'épidémie de coronavirus auraient engendré une baisse de 5% des émissions de CO2. Au micro d'Europe 1 dimanche, Jean-Marc Jancovici, président du think-tank "The Shift Project", estime qu'il faudrait une baisse similaire chaque année pendant trente ans pour respecter l'accord de Paris sur le climat. © AFP L'isolement forcé et l'arrêt de l'appareil productif décidés pour lutter contre l'épidémie de coronavirus auraient engendré une baisse de 5% des émissions de CO2. Au micro d'Europe 1 dimanche, Jean-Marc Jancovici, président du think-tank "The Shift Project", estime qu'il faudrait une baisse similaire chaque année pendant trente ans pour respecter l'accord de Paris sur le climat.

La terre respire mieux depuis le début de la crise du coronavirus. Le confinement et l'arrêt de l'économie ont fait chuter les émissions de CO2 de plus de 5% au premier trimestre, d'après les estimations. Mais "il nous faudrait un Covid supplémentaire tous les ans pour que l'on respecte [la limite] des deux degrés" des accords de Paris, affirme l'ingénieur Jean-Marc Jancovici un brin provocateur, dimanche sur Europe 1. Président du think-tank "the Shift Project", il présente un plan destiné à réduire la consommation d'énergies fossiles dans tous les secteurs d'activités.

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La décroissance comme donnée de base du problème

"Pour respecter les deux degrés [...] il faut que les émissions se mettent à baisser de 5% par an pour les 30 ans qui viennent." Ce chiffre n'est pas choisi au hasard, ils sont équivalents à la baisse d'émissions engendrée par le confinement, selon certaines projections. "L'accident que nous vivons en ce moment donne une idée de l'effort qui nous attend", pose Jean-Marc Jancovici.

L'ingénieur décrit le problème de façon plutôt simple : "Comment fait-on pour avoir un boulot dans un contexte où [...] l'économie se contracte, en assurant à chacun une forme d'optimisme pour l'avenir ?" Selon lui, la stagnation de la production énergétique déjà à l’œuvre rend notre modèle obsolète et devrait inévitablement culminer vers une récession économique. La décroissance est donc envisagée comme une donnée de base avec laquelle il va falloir composer.

Des contreparties pour les secteurs financés

Les premières recommandations adressées par le plan du "Shift Project" consistent donc à tirer profit de la situation en demandant des contreparties immédiates aux secteurs sous perfusion d'argent public. Selon Jean-Marc Jancovici, le groupe Air France, qui a bénéficié d'un plan d'aide de 7 milliards d'euros, ne peut plus maintenir sa stratégie d'avant-crise. "Il n'y aura pas autant d'avions qui volent", concède-t-il, des lignes sont amenées à fermer et le nombre de vols à se réduire. Ces réorientations stratégiques doivent pour lui survenir dans tous les secteurs : mobilité, énergie, logement, santé, industrie ou encore agriculture.

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Après la publication par le "Shift Projet" d'un document d'une cinquantaine de pages, un plan plus détaillé doit paraître dans le courant de l'été. "On va un peu faire concurrence à monsieur Le Maire d'une certaine manière", lâche Jean-Marc Jancovici dans un sourire, ajoutant : "...ou plutôt on espère être écouté par lui."

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