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Inégalités: pourquoi il faut réformer l’héritage en France

logo de Liberation Liberation 16/01/2022 Paul Quinio
La grande majorité des Français ne sont pas taxés quand ils héritent, tant ils héritent peu. © Stephane Audras La grande majorité des Français ne sont pas taxés quand ils héritent, tant ils héritent peu.

Une question fiscale, celle de l’héritage ? Assurément. Quel est le bon niveau de taxation ? Un sujet social ? Tout autant, puisqu’il touche à la réduction des inégalités. Mais aussi un débat sociétal, la conception de la famille étant évidemment en embuscade. Et même une question de morale, puisque l’on parle de la mort, de liens entre générations, de l’idée de transmission qui serait une manière d’«allonger son être», comme le disait Montaigne. C’est parce qu’il est un peu tout cela à la fois que le thème de l’héritage est éminemment politique et qu’il mérite d’être mis sur la table de la présidentielle.

La toile de fond, comme le rappelle la sociologue que nous avons interrogée, est que les Français y sont globalement attachés, qu’ils soient riches ou pauvres, de droite ou de gauche : les raisons philosophiques évoquées, avec leurs dimensions symboliques, historiques, affectives, intimes s’invitent aussi bien dans un héritage pharaonique que dans une transmission d’une bicoque sans grande valeur. Cet attachement partagé brouille la lecture politique des chiffres, pourtant limpides : 50 % des Français touchent moins de 70 000 euros de patrimoine hérité. 10 % plus de 500 000 euros, 1 % plus de 4,2 millions d’euros et 0,1 % plus de 13 millions d’euros.


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Autre rappel utile : la grande majorité des Français ne sont pas taxés quand ils héritent, tant ils héritent peu, mais ils ne le savent pas forcément. A l’inverse, ceux qui héritent beaucoup clament qu’ils sont taxés de manière disproportionnée, alors que l’opacité du système d’imposition sur les successions, et les multiples dérogations et autres niches profitent aux très très très riches. Ce qui creuse les inégalités. La grande majorité des économistes s’accordent pour dire que la fiscalité sur les successions doit être réformée. Il y a cinq ans, ceux qui avaient conseillé Emmanuel Macron lui avaient suggéré de taxer plus les très très riches et de relever le plafond en dessous duquel les successions ne sont pas taxées. Des propositions de bon sens restées lettres mortes. Rien n’indique que le chef de l’Etat le regrette.

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