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Italie : les restaurateurs appellent à remettre le couvert

logo de Liberation Liberation 13/01/2021 Julien Lecot
Une terrasse de restaurant, le 7 janvier à Rome, «zone jaune». © YARA NARDI Une terrasse de restaurant, le 7 janvier à Rome, «zone jaune».

Fatigués des restrictions en place depuis des mois pour lutter contre le Covid-19, des milliers de restaurateurs appellent à rouvrir vendredi, tout en respectant le couvre-feu. Un mouvement qui pourrait faire tache d'huile.

«Notre patience a des limites, nous ouvrirons !» Depuis quelques jours sur les réseaux sociaux italiens, une fronde pointe le bout de son nez. Sous le #IoApro (Moi, j’ouvre), de nombreux restaurateurs expliquent qu’ils rouvriront, ce vendredi, avec ou sans l’accord du gouvernement.

Pas question pour autant de transgresser le couvre-feu en vigueur dans tout le pays, de 22 heures à 5 heures du matin, ni de minimiser la pandémie, assurent-ils. Ils disposeront du gel, des masques pour se déplacer et procéderont à des espacements entre les tables. Mais tous rappellent leur envie de travailler et la nécessité de faire rentrer de l’argent pour payer loyers, factures et employés. Alors, ce vendredi, ils seront ouverts «du petit-déjeuner au dîner».

La date du 15 janvier n’a pas été choisie par hasard. Elle coïncide avec la fin du décret paru début décembre, qui définissait les limitations en vigueur en Italie, et la mise en place de nouvelles mesures, qui doivent être précisées dans les prochains jours. Contraints à un confinement strict pendant les fêtes, avec des limitations de déplacement et de rassemblement, les Italiens pouvaient s’attendre à une réouverture progressive du pays à la mi-janvier. Mais l’effort consenti (ou imposé) fin décembre n’a pas suffi, et le virus circule toujours activement dans le pays.

Pire, selon le ministre de la Santé, Roberto Speranza, «l’épidémie est aujourd’hui dans une phase d’expansion». Les limitations en vigueur en ce début d’année devraient donc être prolongées, tout comme le découpage du pays en trois catégories : jaune, orange et rouge. De fait, dans les régions les plus touchées, les tables des restaurants risquent de rester bien vides, seule la vente à emporter étant autorisée. De quoi susciter l’ire des restaurateurs qui seront «plus de 50 000», selon les organisateurs, à ouvrir leurs établissements à partir de vendredi. Des cinémas ou salles de sport pourraient elles aussi défier les mesures imposées par les autorités.

Les populistes surfent sur la fronde

Alors que le gouvernement Conte-II est déjà au bord de l’implosion – deux ministres membres d’un petit parti de la coalition au pouvoir ayant démissionné ce mercredi –, sur fond de désaccord sur le plan de relance italien, le Premier ministre se serait bien passé de cette fronde. Rarement en reste quand il s’agit de jeter de l’huile sur le feu, le leader d’extrême droite, Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur jusqu’en septembre 2019, n’a pas manqué de soutenir les restaurateurs. Il s’est fièrement affiché sur les réseaux sociaux aux côtés d’Umberto Carriera, entrepreneur tête d’affiche du mouvement. En France, plusieurs restaurateurs appellent à imiter leurs homologues italiens et à ouvrir massivement à partir du 1er février.

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