Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

J'exercerai mon droit de grève jeudi, mais à contrecœur - BLOG

Le Huffington Post 11/01/2022 Nanette L.
Je ne souhaite pas non plus qu’on ferme à nouveau les classes au premier cas positif. Ça suffit. Mes élèves, nos élèves, ont besoin d’être en classe. J’ai cette année des CE2, qui étaient en CP pendant le confinement. Et je le ressens tous les jours. © Fournis par Le Huffington Post Je ne souhaite pas non plus qu’on ferme à nouveau les classes au premier cas positif. Ça suffit. Mes élèves, nos élèves, ont besoin d’être en classe. J’ai cette année des CE2, qui étaient en CP pendant le confinement. Et je le ressens tous les jours.

ÉCOLE - Vendredi soir, j’étais décidée à faire grève coûte que coûte tellement cette semaine a été compliquée et complètement folle. Ma classe n’a pas été touchée. Celle de ma fille, en CM2 au bout du couloir, oui. Le test à J2 c’était samedi matin et je me suis dit “plus jamais”. Tension, larmes, tout ça pour un énième test négatif.

S’en sont suivies des conversations surréalistes sur la possibilité de juste trempouiller le bâtonnet dans la morve (bienvenue en 2022!), et sur le nombre de kilomètres à faire pour trouver des tests salivaires

Vendredi soir, donc, j’étais motivée comme jamais. On ne me verrait pas jeudi à l’école. Sauf que. J’ai pris le temps (grâce à l’une de mes abonnées que je remercie) de lire les appels à la grève des syndicats… et de découvrir que je n’étais pas d’accord avec tous les termes de cet appel.

Ras-le-bol des masques

Je ne souhaite pas de distribution de masques FFP2 à l’école, sauf pour les collègues qui en réclament et les collègues de maternelle au contact d’élèves non masqués. La raison est égoïste: j’ai bien trop peur qu’on m’oblige, à terme, à en porter comme c’est le cas dans d’autres pays. J’en ai ras-le-bol des masques et je peine à garder le mien.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide!

Je ne souhaite pas non plus qu’on ferme à nouveau les classes au premier cas positif. Ça suffit. Mes élèves, nos élèves, ont besoin d’être en classe. J’ai cette année des CE2, qui étaient en CP pendant le confinement. Et je le ressens tous les jours.

Dans cet appel, je ne lis que durcissement des mesures actuelles. Et ça me heurte. Parce que je suis fatiguée des mesures sanitaires (unpopular opinion comme on dit sur les réseaux sociaux). Lundi, j’ai observé 18 élèves sur 27, tétanisés, essayer de se mettre à l’eau à la piscine. J’ai donc pris la décision d’aller dans l’eau avec eux la prochaine fois.

Où sont les moments de vie qui font de l’école ce qu’elle est?

Mais il n’y aura pas de prochaine fois. Les séances sont suspendues. Tout comme l’ont été les sorties, le spectacle de fin d’année, les voyages scolaires… Où sont les moments de vie qui font de l’école ce qu’elle est? À la place, on nous demande des séances de sport “de faibles intensités”… compatibles avec le port du masque. Pardon, mais ce sera sans moi. J’entends et je vois la propagation du virus, les personnes en réanimation. Mais deux ans, trois vaccins, des fermetures, du non-brassage (alors que les enfants jouent le soir en bas de leur immeuble) c’est bien long. En tant que “jeune” professeur (par l’ancienneté, pas par l’âge!), je n’ai quasiment connu aucune année “normale”.

La grève c’est la solidarité, j’en conviens. Mais c’est un droit, et non un devoir. Je serai gréviste à contrecœur, ce qui ne signifie pas que je cautionne ce nouveau protocole aberrant. La voix des non-grévistes a aussi le droit d’être entendue.

Alors même si je suis contre cette farce de nouveau protocole, je ne suis pour aucun argument de cet appel à la grève et j’ai le cul entre deux chaises.

Hier matin, lundi, j’ai pensé à défendre mon point de vue… avant de me plier au nombre. Mon école compte plus de 15 classes, je ne veux pas être celle qui empêchera la fermeture. Je ne veux pas me mettre mes collègues à dos et venir la boule au ventre.

Quel impact aurons-nous, chez nous jeudi?

Je regarde cette grève comme j’en ai regardé des dizaines d’autres. Quel impact aurons-nous, chez nous jeudi? Allons-nous marcher sur le ministère, mener une action qui “buzzera” vraiment? Vendredi, les choses auront-elles changé? Quelles différences avec les grèves précédentes? Nous sommes un peu plus de 700.000… pour 12 millions de parents.

La grève c’est la solidarité, j’en conviens. Mais c’est un droit, et non un devoir. Je serai gréviste à contrecœur, ce qui ne signifie pas que je cautionne ce nouveau protocole aberrant. La voix des non-grévistes a aussi le droit d’être entendue.

Ce témoignage, publié initialement sur le compte Instagram de Nanette, a été reproduit sur Le HuffPost avec son accord.

 

À voir également sur Le HuffPost: Comment bien utiliser un autotest?

Publicité
Publicité

Plus de Le Huffington Post

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon