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L’île Sainte-Catherine, une «belle île en terre» à 12 km de Paris

logo de Le ParisienLe Parisien 23/05/2020 Valentine Rousseau
En cette période où les déplacements sont restreints, pas besoin d’aller très loin pour se rendre sur une île. L’île de Sainte-Catherinre se situe tout près de Créteil. © LP/Jean-Baptiste Quentin En cette période où les déplacements sont restreints, pas besoin d’aller très loin pour se rendre sur une île. L’île de Sainte-Catherinre se situe tout près de Créteil.

Le soleil est là. Les voyages pas encore. Il faut patienter, profiter de ce qu'il y a sous notre nez. Les Parisiens peuvent sortir de la capitale, les Franciliens aller voir dans le département d'à côté. Pas besoin de la mer pour trouver une île. Il suffit par exemple de flâner du côté de Créteil (Val-de-Marne).

Des mésanges et des pies bavardent sur des platanes bicentenaires courbés au-dessus du bras du Chapitre. Sur cette excroissance de la Marne barbotent des canards, des cygnes. Des hérons cendrés y trempent les pattes. En passant la passerelle de l'allée des Coucous, on pénètre sans s'en rendre compte sur l'île Sainte-Catherine, au nord-est de Créteil. Un petit paradis vert non loin de Paris à découvrir en ce week-end de l'Ascension où il faut se restreindre à 100 km de route maximum.

Meulières, chalets, pavillons originaux… L’île Sainte-Catherine compte une architecture très variée. LP/Jean-Baptiste Quentin © Fournis par Le Parisien Meulières, chalets, pavillons originaux… L’île Sainte-Catherine compte une architecture très variée. LP/Jean-Baptiste Quentin

Les rues sont bordées de maisons aux architectures variées. Meulières XIXe, chalets en bois, maisons en toits de chaume ou de zinc, pavillons originaux aux fenêtres hublots, biscornus ou austères. Autant de signatures d'architectes heureux de vivre dans leurs créations.

« L'île est un musée d'architecture à ciel ouvert », admire Dominique Lesbros, présidente de l'Association de sauvegarde du bras du Chapitre et de ses abords. Depuis le plan de prévention des risques d'inondation de 1995, les constructions reposent sur pilotis, à 2,50 m. Les parties habitables doivent désormais dépasser la hauteur maximale de la Marne lors de la grande crue de 1910.

Le calme règne dans les petites rues de cette île de la Marne. LP/Jean-Baptiste Quentin © Fournis par Le Parisien Le calme règne dans les petites rues de cette île de la Marne. LP/Jean-Baptiste Quentin

Le privilège d'un cadre de vie exceptionnel porte le prix de la menace d'une eau débordante, capricieuse et généreuse. Les caves sont équipées de pompes à eaux, les clôtures laissent passer l'impétueuse rivière. Comme promeneur — ils sont nombreux habituellement à venir flâner le dimanche —, on déambule le nez en l'air dans les avenues de la Ferme, des Platanes, des Peupliers.

« Avenue », un nom pompeux pour de petites rues et des impasses, parce que « ce mot signifie par où l'on arrive », explique Sabrina Kara, guide architecte du CAUE du 94 (Conseil d'architecture d'urbanisme et d'environnement). L'île s'étend sur 740 m de long et 130 de large.

Dans son prolongement émergent l'île Brise-Pain, l'île de la Gruyère et la plus petite, dite des Ravageurs. On passe de l'une à l'autre, à pied ou en voiture, sans s'en rendre compte. « Toutes les quatre appartenaient à des religieuses de l'ordre de Sainte-Catherine, poursuit la guide. Sur l'île Sainte-Catherine, les vaches à viande y broutaient l'herbe grasse et nourrissaient les malades de l'hôpital voisin. »

Cygnes, canards ou encore hérons cendrés partagent avec les habitants de l’île Sainte-Catherine le privilège de vivre dans cet environnement . LP/Jean-Baptiste Quentin © Fournis par Le Parisien Cygnes, canards ou encore hérons cendrés partagent avec les habitants de l’île Sainte-Catherine le privilège de vivre dans cet environnement . LP/Jean-Baptiste Quentin

La passerelle des Coucous repose sur une pile du premier moulin de l'île, construit au Moyen Age, transformé en filature puis démoli en 1904. Un autre moulin est devenu une usine hydraulique, disparue aussi, et un troisième, monté au lendemain de la Révolution, a été rasé dans les batailles franco-prussiennes. Ils ont été construits par les moines du Chapitre de Notre-Dame, qui ont laissé leur nom à ce bras de la Marne.

Au bout des jardins, le long des berges, sont accrochés des canoës. L'été, habituellement, les îliens se promènent en paddle sous la fraîcheur des arbres. Ils pagaient sur de petits bras d'eau invisibles à pied qui relient les jardins des maisons. Naviguer loin des regards des badauds, déjeuner ou somnoler au son du clapotis. Ce cadre privilégié, à seulement 12 km de Paris, attire des architectes, des réalisateurs, des comédiens, des producteurs. A l'angle de la passerelle de la Pie et de l'impasse du Moulin-Berson, une maison va se construire sur un terrain de 700 m2.

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Pierre Derivery, 14 fois champion de France de kayak, vivait ici dans un cabanon. Le sportif, né en 1925 sur l'île Brise-Pain, a choisi la Marne comme terrain de jeu. A la fin de ses jours, à 88 ans, il naviguait encore aux abords de son jardin. L'île a aussi inspiré Victor Hugo dans un poème coquin où il parle des lavandières qui tapaient le linge sur le bateau-lavoir.

Le cabanon du kayakiste et le bateau-lavoir ont disparu. La tranquillité est restée. Préservée par les accès limités. Un seul pont pour les voitures et trois passerelles, près desquelles sont plantées des « boîtes à trucs ». Les habitants y déposent des livres, des petits jouets. Vides le matin, pleines le soir. Ou l'inverse.

Les cris des perruches à collier bousculent la quiétude. Plumage vert vif, elles envahissent la nature francilienne depuis leur fuite de transports de frets d'Orly en 1974, puis de Roissy dans les années 1990. Faute de prédateurs, les perruches se multiplient. Une touche d'exotisme au milieu des platanes, déposée comme une goutte verte sur un tableau impressionniste.

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