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La militante Alice Coffin écartée de la Catho à cause de ses prises de position

logo de Le Point Le Point 08/10/2020 Par LePoint.fr
Alice Coffin, Catho, militantisme © Fournis par Le Point Alice Coffin, Catho, militantisme

L'année scolaire 2019-2020 était la dernière d'Alice Coffin comme enseignante à l'Institut catholique de Paris (ICP). Après huit ans de bons et loyaux services, l'élue EELV au Conseil de Paris et militante féministe lesbienne a été écartée de l'établissement pour la rentrée 2020-2021, rapporte Le Monde. En cause : des prises de position et un militantisme trop visible, qui vont à l'encontre des valeurs prônées par la Catho.

Au total, Alice Coffin devait donner 55 heures de cours cette année à des élèves de différents masters : un enseignement d'écriture journalistique, un autre de « Médias et pouvoirs » et un troisième d' « Esthétique ».

« Atteinte » par la perte de cet emploi

C'est le 4 septembre, alors qu'elle se rendait à la réunion de rentrée de l'ICP, que l'élue a reçu un texto de son directeur de master, explique Le Monde. Il y était indiqué que son contrat n'était pas renouvelé, car sa nouvelle activité de militante va à l'encontre des valeurs de l'université, dénuées de militantisme. « Cet été, j'ai été insultée de toute part, gravement, cyberharcelée, mise sous protection policière, mais le seul truc qui m'ait vraiment atteinte, c'est la perte de cet emploi-là », confie Alice Coffin au quotidien.

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Pourtant, la militante a toujours été décrite par ses collègues comme une enseignante investie et appréciée. De son côté, l'ICP n'a jamais ignoré ou rejeté son engagement. En témoignent les plaquettes de la faculté, où elle est présentée comme étant « spécialisée dans le traitement médiatique des questions féministes et LGBT, membre de plusieurs collectifs féministes tels que la Barbe et cofondatrice en 2013 de l'association des journalistes LGBT ». Son dernier livre, Le génie lesbien, est décrit comme un « ouvrage qui décrypte les structures médiatiques et politiques françaises au regard des enjeux minoritaires ».

« Je suis exclue comme tant d'autres militantes féministes avant moi »

Si la Catho a toujours voulu défendre son enseignante devant les attaques qu'elle subissait, Alice Coffin ne comprend pas, cette fois, leur décision. « J'ai porté un combat contre la pédocriminalité, fait qui touche aussi l'Église, et je suis sanctionnée », déplore-t-elle auprès du Monde, avant d'ajouter : « Je sais que c'est pas facile pour une institution d'avoir une militante féministe, j'aurais été prête à en discuter avec eux, mais ils m'ont mis la tête sous l'eau alors que j'étais déjà attaquée. Je suis exclue comme tant d'autres militantes féministes avant moi. Et cette histoire interroge aussi sur la liberté d'expression universitaire. »

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Le service de communication de l'ICP a, lui, indiqué que l'établissement « ne fait aucun commentaire ». De son côté, l'avocat de l'université explique que « l'ICP n'avait aucune obligation de conclure un nouveau contrat (...). Nombre de vacataires ne voient pas leur mission reconduite d'une année sur l'autre sans pour autant y voir une quelconque forme de discrimination ».

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