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Lactalis : l'avenir incertain des salariés de l'usine de Craon

logo de Le Figaro Le Figaro 12/01/2018 Hayat Gazzane
figarofr: Le site Lactalis de Craon est à l'arrêt depuis le 8 décembre dernier. © David Vincent/AP Le site Lactalis de Craon est à l'arrêt depuis le 8 décembre dernier.

À ce jour, plus de 200 salariés de ce site sont au chômage partiel. L'État attend d'avoir des garanties sur le volet sanitaire avant de réautoriser l'ouverture de l'usine, à l'arrêt depuis le 8 décembre.

En plus des enfants malades et des parents inquiets, la crise du lait contaminé à la salmonelle fait d'autres victimes: les salariés de l'usine de Craon en Mayenne. Depuis le 8 décembre, ce site de Lactalis, qui produit les laits en poudre et les produits infantiles incriminés dans ce scandale sanitaire, est à l'arrêt. L'avenir des 327 salariés est désormais suspendu aux mesures qui seront mises en place par Lactalis pour éviter une nouvelle contamination. Interrogé sur RTL, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, a fait savoir ce vendredi que la fermeture «durera tant que tout risque ne sera pas écarté».

La décision de stopper l'activité de l'usine a été prise par Lactalis suite aux investigations lancées après la découverte d'un lien entre une contamination de bébés par des salmonelles et la consommation de lait infantile 1er âge issu de productions élaborées entre mi-juillet et fin novembre sur ce site. Le verdict est tombé par la suite: «une contamination dispersée s'est installée dans notre usine de Craon suite à des travaux réalisés courant premier semestre 2017», indique le groupe dans un communiqué. Suite à cela, le géant laitier décide, «en collaboration avec les autorités», de fermer l'usine le temps de mettre en place «un audit drastique». Un rappel de tous les produits fabriqués sur place depuis le 15 février est décidé dans la foulée. On apprendra également que le site avait déjà subi une contamination à la salmonelle en 2005 mais que Lactalis n'en était pas encore propriétaire.

Lactalis a obtenu le feu vert de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) pour mettre au chômage partiel 250 de ses salariés. Le reste travaille sur place «pour les travaux de maintenance pour le redémarrage des activités» ou est envoyé en mission sur d'autres sites à proximité. Lactalis s'est engagé auprès des partenaires sociaux à garantir le maintien à 100% de la rémunération nette des salariés au chômage partiel et le remboursement des frais de déplacement pour les autres.

Mais combien de temps cette situation va-t-elle durer? Pour le moment, la mesure de chômage partiel court jusqu'au 4 février. Mais cette période peut être renouvelée «en fonction de l'avancée de la situation», explique Lactalis. «Pour le moment, on ne parle pas de date de reprise de l'activité» a concédé à l'AFP Michel Nalet, le directeur de la communication de Lactalis. «Il y aura un processus qui sera long pour revalider avec les autorités (le redémarrage de l'usine)» et il n'y a pour l'instant «aucune» indication sur la date à laquelle la production pourrait reprendre, a-t-il ajouté. Ce flou est entretenu par le gouvernement: «s'il n'y a pas la preuve qu'il n'y a pas de danger (…), si Lactalis n'apporte pas la démonstration qu'il n'y a plus de risque, oui (la fermeture de l'usine) peut durer», a fait savoir Stéphane Travert.

Interrogé sur le sort des salariés du site, Bruno Le Maire a indiqué ce matin sur BFMTV qu'il ne regrettait pas les décisions prises par ses équipes et qui ont abouti à la fermeture -pour l'instant temporaire- de l'usine. «La sécurité sanitaire passe avant tout. On parle de bébés, à qui on pourrait donner du lait qui pourrait menacer leur santé. C'est plus important que tout. L'emploi, bien sûr que nous allons y faire attention. Je pense aux salariés, mais dans les décisions que j'ai eu à prendre, je n'ai jamais eu d'hésitation», a-t-il fait savoir. Le ministre de l'Économie a également prévenu la direction de Lactalis: il ne cédera à «aucun chantage» à l'emploi.

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