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Les restaurateurs clament leur joie d’accueillir à nouveau des clients

logo de BFMTV BFMTV 29/05/2020 N.G. avec AFP

Les chefs et restaurateurs sont en joie depuis l’annonce d’Edouard Philippe de leur réouverture le 2 juin. Mais ceux situés en zone orange, où seules les terrasses pourront ouvrir, restent inquiets.

Les restaurateurs clament leur joie d’accueillir à nouveau des clients © BFMTV.com Les restaurateurs clament leur joie d’accueillir à nouveau des clients

Au pays de la gastronomie, en sommeil depuis la mi-mars, chefs étoilés comme petits restaurateurs indépendants laissent éclater leur joie de retourner aux fourneaux dès mardi, mais l'inquiétude reste parfois de mise à Paris, où seules les terrasses rouvriront.

Cafés, bars et restaurants accueilleront à nouveau des clients partout en France à compter du 2 juin, a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe jeudi, mais seulement sur leurs terrasses en Ile-de-France -ainsi qu'à Mayotte et en Guyane, encore classés zone "orange"-, parmi les mesures d'assouplissement des restrictions rendues possible par le ralentissement de l'épidémie de Covid-19.

"J'ai envie de remercier mon pays"

"Je suis tellement en joie de pouvoir retravailler enfin!", a déclaré le chef triplement étoilé Yannick Alléno, à la tête de 18 restaurants à travers le monde, parmi lesquels Alléno Paris au Pavillon Ledoyen.

Il ne rouvrira qu'un seul de ses trois établissements parisiens le 8 juin, celui qui dispose d'une immense terrasse -les deux autres restant fermés jusqu'en septembre- et fera revenir 40 salariés sur les 167 qu'il emploie, a-t-il précisé.

Comme l'automobile et l'aéronautique, le secteur du tourisme -et en particulier les cafés, bars et restaurants- qui emploie deux millions de personnes et représente plus de 7% du PIB, a bénéficié d'un plan de soutien de 18 milliards d'euros de l'Etat, qui a massivement pris en charge la mise au chômage partiel des salariés.

"J'ai envie de remercier mon pays, quel courage, cette collectivité qui a pris en charge les emplois comme cela, il n'y en a pas beaucoup. Je n'aimerais pas être Américain aujourd'hui", a déclaré Yannick Alléno.

Son assureur s'est montré "très bienveillant", dit-il, alors que le restaurateur n'était "pas couvert" pour les pertes d'exploitation dues à la fermeture imposée pour limiter la propagation de l'épidémie de Covid-19.

Des masques en cuisine

Joie aussi du côté du chef étoilé et Meilleur Ouvrier de France Philippe Etchebest. Même s’il s’inquiète de la nécessité de porter un masque dans sa cuisine. 

"Il faut goûter souvent donc il faudra lever le masque, utiliser une petite cuillère en plastique jetable. Mais on sait s’adapter, on a l’habitude dans notre métier des pratiques d’hygiène drastiques, on trouvera des solutions", nuance le chef du Quatrième mur à Bordeaux au micro de BFMTV.

De son côté, Armand Arnal, aux cuisines de La Chassagnette, qui rouvrira le 4 juin à Arles, seulement le midi et un soir par semaine, verra "comment se passe l'été". "Il n'y a presque plus de touristes étrangers et les festivals ont été annulés", dit-il, "il nous reste à espérer que les Français viendront".

Mais "c'est un grand soulagement, on attendait cette réouverture depuis un moment", dit Armand Arnal, heureux de pouvoir offrir à ses clients "deux mètres d'espacement" entre les tables de son restaurant -une étoile au Guide Michelin- installées dans un jardin potager.

Très privilégiés d'avoir des terrasses

Mais à Paris, en zone classée "orange" car "le virus y circule un peu plus fortement" qu'ailleurs, selon les mots du Premier ministre, cafés, bars et restaurants ne pourront accueillir les clients qu'en terrasse.

"Ça va continuer à être très difficile pour nous", s'inquiète Gabrielle Beck, patronne du Tintamarre, dans le 19e arrondissement de la capitale, un restaurant "étroit, tout en longueur, avec seulement 28 places assises en salle... et deux ou trois en terrasse".

Elle devra continuer à se limiter à la vente à emporter, et peut-être l'étendre au "soir aussi": "mais je n'y crois pas trop: je suis sur une avenue avec peu de commerces, donc peu de passage...", dit-elle, la voix teintée de découragement. Elle espère pouvoir installer davantage de tables sur le trottoir si la municipalité lui en accorde le droit, ce qui lui avait été refusé à l'ouverture de son établissement.

Dans le même arrondissement, Luce Namer, à la tête de la brasserie 25 degrés Est, se dit "heureuse de rouvrir" ses deux terrasses, même si le nombre de places, de "300 à 400 avant", sera divisé par deux, ce qui imposera probablement de ne reprendre sa demi-douzaine de salariés qu'à "temps partiel".

"Mais nous sommes très privilégiés d'avoir ces terrasses", admet-elle, soucieuse pour certains de ses confrères réunis au sein du Collectif 19, qui a lancé ces derniers jours deux opérations "chaises vides" pour négocier avec la municipalité de meilleures conditions d'exploitation pendant "Paris Plages".

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