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Loi «sécurité globale» : les opposants dénoncent le «déni» de Darmanin

logo de Liberation Liberation 23/11/2020 Benjamin Delille
Des représentants de journalistes dont Taha Bouhafs, David Dufresne ou Tristan Malle, Place Beauvau, le 23 novembre. © THOMAS COEX Des représentants de journalistes dont Taha Bouhafs, David Dufresne ou Tristan Malle, Place Beauvau, le 23 novembre.

Les organisations signataires de l’appel au rassemblement contre la proposition de loi sécurité globale ont été reçues par le ministre de l'Intérieur. Face à son intransigeance, elles sont parties en claquant la porte.

«Ma porte est toujours ouverte», assurait Gérald Darmanin ce lundi au soir après avoir reçu des représentants des organisations signataires de l’appel au rassemblement contre le projet de loi de sécurité globale. «Tellement ouverte que nous l’avons prise», ironisait dans la foulée sur Twitter, non sans amertume, David Dufresne. «Les échanges ont été un peu tendus, il est resté dans son déni, donc nous sommes partis», résumait quelques minutes plus tôt le journaliste et cinéaste en sortant du ministère.

Il est presque 19 heures lorsqu’une conférence de presse s’organise sur le trottoir place Beauvau. Parmi les personnes qui prennent la parole, l’avocat Arié Alimi, membre du bureau national de la Ligue des droits de l’homme, explique «qu’aucune solution ou avancée notable» n’a été proposée par le ministre de l’Intérieur qui «maintient son soutien à tous les articles» du projet de loi de sécurité globale voté vendredi à l’Assemblée nationale et qui va maintenant être débattu au Sénat. Un projet de loi qui suscite l’indignation et la colère des associations de défense de droits de l’homme et des syndicats de journalistes. En particulier l’article 24 qui prévoit de réprimer la diffusion de l’image d’un policier si elle a pour «but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique».

«La mobilisation ne cesse de croître», insiste maître Alimi en référence aux milliers de manifestants qui se sont rassemblés samedi à Paris et dans plusieurs grandes métropoles françaises. Avant d’appeler à une nouvelle mobilisation partout en France samedi 28 novembre, notamment place de la Bastille à Paris. Selon l’avocat, Gérald Darmanin incarne «une dérive sécuritaire» qui a un «impact dévastateur» sur les droits de ses concitoyens et même sur «l’image de la France à l’étranger».


Vidéo: Projet de loi sur la sécurité globale : «Une manière d’intimider les journalistes» (Dailymotion)

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«Pas à la hauteur»

A l’issue de la lecture du communiqué, les visages des différents représentants sont fermés, le regard déjà tourné vers la mobilisation à venir. Il faut dire que cette rencontre avait mal commencé. Le ministre de l’Intérieur aurait refusé que soit présent le père de Cédric Chouviat, un livreur mort en janvier lors d’une interpellation. «C’est symptomatique de l’hypocrisie de ce gouvernement, s’énerve Taha Bouhafs, journaliste à Là-bas si j’y suis. C’est un gouvernement qui refuse de rencontrer les victimes de violences policières, parce qu’il refuse d’admettre qu’il y a des violences policières. Ils sont dans le déni le plus total !»

Face à la menace des organisations d’annuler la réunion, Christian Chouviat peut finalement participer. Mais cette première passe d’armes présageait déjà d’un échange sans réelle discussion. «Ça n’a pas duré si longtemps, explique David Dufresne. Gérald Darmanin a nié la réalité de notre métier, nous journalistes de terrain qui voyons les abus à chaque manifestation. Ce ministre n’est pas à la hauteur.» Face au «déni» du locataire de la place Beauvau, le journaliste veut maintenant être reçu à Matignon, par le Premier ministre, Jean Castex, avec les autres représentants.

En attendant, ils espèrent continuer de pouvoir faire pression dans la rue. «C’est déjà ce qui nous a permis d’obtenir cette réunion», se rassure Taha Bouhafs. Mais même si la porte de Beauvau est ouverte, il s’agirait de trouver la clé pour entamer le dialogue avec un ministre de l’Intérieur visiblement bien décidé à faire passer sa loi.

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