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Maladies hivernales, premier test grandeur nature en téléconsultation

logo de Challenges Challenges 22/10/2021 Joséphine Codron
Téléconsultation © Bastien Louvet/SIPA Téléconsultation

Lancé en 2019, un an avant la pandémie de Covid-19, ce mode de consultation a rencontré son public durant les différents confinements. Aujourd’hui la vaccination a permis un retour au présentiel, mais la télé consultation est toujours pratiquée.

"Ces dernières semaines, les gens consultent en téléconsultation pour un rhume ou une bronchite, avant la pandémie ce n’était pas le cas". Jonathan Favre est médecin généraliste dans un cabinet de groupe situé près de Lille. Il propose la téléconsultation à ses patients depuis 2019. "Je ne proposai alors qu’un créneau d’une heure par semaine, pour voir si cela répondait à des besoins, mais bien souvent je n’avais personne et je convertissais cette heure en rendez-vous en présentiel". Mais avec la pandémie et la recommandation des autorités de privilégier la téléconsultation, les demandes avaient explosées.

"La téléconsultation est aujourd’hui inscrite dans le quotidien des Français"

"La téléconsultation ne représentait qu’environ 0,04% des consultations totales des médecins en 2019, contre 5,4% en 2020", illustre Perrine Carriau, chargé de communication pour la caisse nationale de l’assurance-maladie. Bien sûr, les restrictions de déplacements durant les confinements expliquent cette hausse, mais pour Gabrielle de Raigniac, consultante en communication pour Doctolib qui propose l’usage de la consultation vidéo sur sa plateforme de prise de rendez-vous en ligne "la téléconsultation est aujourd’hui inscrite dans le quotidien des Français. On en comptabilise en moyenne 600.000 par mois. Et même s’il est encore trop tôt pour voir l’impact du retour des maladies hivernales sur la demande de téléconsultation, celle-ci reste en augmentation par rapport à 2019".


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Ce mode de consultation est essentiellement adopté par les patients chroniques d’après Jonathan Favre. "Ce sont des patients que l’on doit voir très régulièrement, et pouvoir le faire à distance, cela leur simplifie la vie". Pas besoin de se déplacer et une consultation qui dure moins longtemps, 10 min en moyenne contre 17 pour une consultation en présentiel, d’après une étude Doctolib. "C’est aussi rassurant pour ces personnes, qui ont parfois une santé fragile. Elles n’ont pas forcément envie de passer du temps en salle d’attente avec d’autres patients. La téléconsultation est tellement adoptée par les malades chroniques qu’on a aujourd’hui du mal à en faire revenir certains!" confie le docteur Favre.

Le présentiel reste essentiel

Ce retour au présentiel est pourtant essentiel car l’examen physique, impossible via un écran, reste la plupart du temps nécessaire. "Notamment pour les patients dont on n’est pas le médecin traitant, car on ne connaît alors pas ses antécédents" précise le généraliste qui considère également qu’il reste essentiel pour un médecin d’être en mesure de recevoir physiquement le patient dans la demi-journée si cela s’avère nécessaire. Mais la téléconsultation est parfois la seule option laissée à certains patients: "J’accepte parfois de voir en téléconsultation mes patients qui sont en stage ou font leurs études dans une autre ville s'ils ne trouvent pas d’autre médecin disponible. Mais je trouve cela délicat car si l’échange révèle qu’un examen physique est nécessaire, je ne peux pas les recevoir, je ne peux que les inciter à trouver un rendez-vous avec un autre médecin de leur secteur".

La HAS, haute autorité de santé, recommande d’ailleurs dans son guide de bonnes pratiques de ne prendre en téléconsultation un patient dont on n’est pas le médecin traitant uniquement lorsque ce dernier ne peut pas proposer a son malade un rendez-vous dans un délai compatible avec son état de santé. Une situation qui survient malheureusement souvent et peut entraîner des dérives. "Niveau rentabilité, les téléconsultations sont plus avantageuses, certains médecins pourraient en abuser. C’est pour cela qu’il y a un plafond de fixé. Il autorise à 20% maximum le pourcentage d’actes réalisés en téléconsultation, explique le Dr Favre, Mais le problème avec ce plafond, c’est qu’il englobe tous nos patients, or c’est une limite qui n’est pas justifiée pour les patients chroniques que l’on connaît très bien" regrette le médecin généraliste.

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