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Pédophilie : un sommet au Vatican pour mettre fin à l'omerta

logo de Liberation Liberation 21/02/2019 Bernadette Sauvaget
Ce jeudi au Vatican. © HANDOUT Ce jeudi au Vatican.

Les autorités catholiques ont publié une feuille de route d'une vingtaine de points qui ne satisfait qu'à moitié les associations de victimes. Elles veulent un engagement clair pour que l'Eglise signale systématiquement les cas à la justice civile.

Comme pour un début de conclave, ils ont chanté ensemble un vieil hymne en latin, le Veni Creator, implorant Dieu de leur apporter sa lumière. Plus 200 évêques et cardinaux catholiques du monde entier sont réunis au Vatican jusqu'à dimanche pour un sommet historique sur la pédophilie dans l’Eglise, convoqué en septembre par le pape François.

Ferme et grave, le chef de l’Eglise catholique a signifié, ce jeudi matin, au début des travaux, que c’était «des mesures concrètes» qui étaient désormais attendues. En préambule, les prélats ont écouté des témoignages préenregistrés de victimes. «Les participants ont été bouleversés. Même ceux qui déjà avaient rencontré des personnes ayant subi des abus», assure la porte-parole francophone du Vatican, Romilda Ferrauto.

L’un des messages forts que veut envoyer, ces jours-ci, le Vatican, c’est bien que l’Eglise catholique prend désormais totalement en compte les victimes. Ce qui n’a pas été le cas, loin de là, par le passé. Les travaux devraient aussi, selon des sources au Vatican, porter sur la manière de mettre fin au système d’omerta qui a prévalu, depuis plus d’une cinquantaine d’années, dans la gestion des affaires d’abus sexuels dans l’Eglise.

Base de réflexion

«Nous percevons la volonté de s’attaquer à la question», commente, à Libération Jacques Nuoffer, président de Sapec, une association de victimes en Suisse et membre de l’ONG international ECA (Ending Clergy Abuse), présente à Rome pendant le sommet.

Le Vatican a diffusé, jeudi après-midi, une feuille de route en 21 points qui sert de base de réflexion aux travaux. «C’est la méthode de travail de l’Eglise catholique, explique le prêtre français Pierre Vignon, spécialiste de la question des abus et des dérives sectaires. Ce qui est déjà satisfaisant, c’est que les 21 points balaient l’ensemble du problème

La feuille de route, voulue par le pape François, évoque, de fait, beaucoup de pistes, trop sans doute pour que cela ne soit, à ce stade, véritablement concret. Parmi les propositions figurent : une sélection plus stricte des candidats à la prêtrise, la nécessité de mettre en place des normes et des procédures lorsque des affaires éclatent, l’établissement de protocoles quand des évêques sont mis en cause pour leur gestion de ces affaires etc.

Conflits d’intérêts

«Ce que nous regrettons, c’est qu’il n’y ait pas encore de prise de position claire sur la nécessité d’une dénonciation systématique aux autorités judiciaires civiles», remarque Jacques Nuoffer. Pour Pierre Vignon, la feuille de route laisse encore trop de place à l’évêque dans la gestion des cas de pédophilie.

De plus en plus de responsables catholiques plaident pourtant pour une délocalisation des affaires afin que l’évêque concerné ne soit pas pris dans des conflits d’intérêts. «Le rôle que pourraient jouer les associations de victimes nous paraît encore très marginal dans les propositions du Vatican», pointe, pour sa part, Jacques Nuoffer.

L’une des difficultés du sommet au Vatican tient notamment à la diversité des situations à travers le monde. Les épiscopats ne marchent pas à la même vitesse concernant la question des abus sexuels. En Afrique ou en Asie, les responsables catholiques considèrent généralement que c’est un problème qui concerne exclusivement l’Occident.

Pas de mesures votées

«Il y a des facteurs culturels qui expliquent les différences d’approches, explique le prêtre Stéphane Joulain, l’un des meilleurs experts catholiques de ces questions de pédocriminalité. Les abus sexuels sont un problème, bien sûr. Mais les enfants en Afrique sont confrontés à beaucoup d’autres violences comme l’enrôlement forcé pour faire la guerre.»

Selon le Vatican, il n’y aura pas de mesures votées à la fin de ce sommet. En revanche, le pape François devrait prononcer, dimanche, après la messe prévue à la basilique Saint-Pierre. un discours important en conclusion des travaux.

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