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Parce que j'ai créé ma société 14 jours trop tôt, je ne gagne que 5 euros par jour pendant mon congé maternité - BLOG

Le Huffington Post 12/10/2021 Maïté R.P.
Aujourd’hui, je suis contrainte de raccourcir mon congé maternité au minimum légal: je reprendrai mon activité alors que ma fille n’aura qu’un mois et deux semaines alors que je devais la reprendre lorsqu’elle aurait eu 4 mois. Je ne bénéficie pas de repos maternel alors que je gère 4 enfants seule dont un nourrisson, un adolescent, et 2 enfants en primaire. © Fournis par Le Huffington Post Aujourd’hui, je suis contrainte de raccourcir mon congé maternité au minimum légal: je reprendrai mon activité alors que ma fille n’aura qu’un mois et deux semaines alors que je devais la reprendre lorsqu’elle aurait eu 4 mois. Je ne bénéficie pas de repos maternel alors que je gère 4 enfants seule dont un nourrisson, un adolescent, et 2 enfants en primaire.

CONGÉ PARENTAL - Début 2019, mon mari quitte la région parisienne pour le Jura, région dans laquelle nous désirons nous installer afin d’offrir un meilleur cadre de vie à nos 3 enfants.

En mars 2019, je démissionne afin de le suivre, je bénéficie alors des allocations chômage à compter de cette date.

Je profite de cette période pour me reconvertir et me former au coaching. Le 14 mai 2020, je crée mon autoentreprise afin de lancer mon activité. Je bénéficie en parallèle de l’allocation d’aide au retour à l’emploi de Pôle Emploi.

Aujourd’hui, je suis contrainte de raccourcir mon congé maternité au minimum légal: je reprendrai mon activité alors que ma fille n’aura qu’un mois et deux semaines alors que je devais la reprendre lorsqu’elle aurait eu 4 mois. Je ne bénéficie pas de repos maternel alors que je gère 4 enfants seule dont un nourrisson, un adolescent, et 2 enfants en primaire. © Maïté R.P. Aujourd’hui, je suis contrainte de raccourcir mon congé maternité au minimum légal: je reprendrai mon activité alors que ma fille n’aura qu’un mois et deux semaines alors que je devais la reprendre lorsqu’elle aurait eu 4 mois. Je ne bénéficie pas de repos maternel alors que je gère 4 enfants seule dont un nourrisson, un adolescent, et 2 enfants en primaire.

En novembre 2020, j’apprends que je suis enceinte. Cette grossesse n’était pas prévue, mais nous décidons de la poursuivre.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide!

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La CPAM: “Indemnités du régime salarié ET des indemnités du régime des autoentrepreneurs de 5 euros par jour.”

Se posent alors mille et une questions concernant les indemnités à percevoir durant le congé maternité, la suite à donner à ma création d’entreprise, etc.

Je décide donc en janvier, suite à ma déclaration de grossesse à la CPAM, de me renseigner sur mes droits auprès de leurs services, compte tenu de ma situation particulière.

À plusieurs reprises, les agents de la CPAM me confirment par téléphone, puis par mail, qu’ayant le statut de “polyactive”, je bénéficierai des indemnités du régime salarié (calculées sur les bulletins de paie avant mon inscription au chômage) ET des indemnités du régime des autoentrepreneurs de 5 euros par jour.

Je reçois le 26 mai un mail de réponse à mon mail du 29 janvier, confirmant également les informations reçues par téléphone.

Le 31 mai démarre mon arrêt pathologique.

Courant juin, je perçois des indemnités journalières à hauteur de 5 euros par jour, mais rien sur le régime salarié.

Je relance les services de la CPAM et les appelle toutes les semaines de début juin à mi-juillet.

On me rassure, on m’affirme que tous les documents nécessaires ont été reçus et que les calculs et paiements ne devraient pas tarder, on demande au service expert de me rappeler et de placer mon dossier en urgence.

8 mois de grossesse: indemnités du régime salarié refusées

Le 20 juillet, à 8 mois de grossesse, 1 mois et demi après le début de mon congé maternité, la sentence tombe: on me refuse les indemnités journalières du régime salarié.

Je reçois cette information comme un coup de poignard. Je tombe des nues, je ne comprends pas, je ne reçois qu’une explication brève, généralisée sous forme de tableau.

Je contacte la CPAM pour obtenir des explications: on me dit de me référer au courrier reçu.

Incompréhension, injustice, colère, frustration, inquiétude pour l’avenir de ma famille: un foyer de 5 personnes avec un bébé à venir...

Je dépose un recours le 25 juillet. Je contacte le médiateur de la CPAM. Je contacte le service social pour tenter de sortir de la situation de précarité dans laquelle ils m’ont poussée.

Oui, ils m’ont poussée dans cette précarité par leur désinformation, puisque j’ai été assurée de percevoir des indemnités qui m’ont été finalement refusées et que c’est en fonction des informations reçues des services de la CPAM que j’ai décidé de mes dates de congé maternité.

Je gagne 150 euros par mois durant mon congé maternité. Pour une famille de 5 personnes.

Le salaire de mon mari ne comble pas ma perte de salaire.

Le médiateur ne m’apporte qu’une réponse généralisée. Le service social ne peut pas m’aider, je ne fais pas partie des cas dont ils s’occupent.

Le service expert qui devait me recontacter ne le fait pas.

Solitude. Solitude face à cette précarité et le silence, l’absence de réponse, l’absence d’aide et de solution pour nous sortir de cette situation.

Colère. Injustice. Déception. Inquiétude

J’ai voulu anticiper mon congé maternité pour éviter de me retrouver dans une situation financière difficile. J’étais prête à travailler plus longtemps pour éviter cela.

J’ai choisi de bénéficier de mes 6 mois de congé maternité pour mon 4eme enfant, d’avoir un repos maternel en pensant bénéficier d’indemnités qui me permettraient tout de même de subvenir à nos besoins.

Mais parce que j’ai créé ma société 14 jours trop tôt, je ne bénéficie que de 5 euros par jour pour vivre durant mon congé maternité.

Il s’avère qu’un autoentrepreneur qui est en maladie/maternité après 10 a12 mois de création perd ses droits aux indemnités au titre du régime salarié.

Nous vivons dans une société, dans un pays où il faut choisir entre entreprendre et enfanter. C’est une honte.

La CPAM à connaissance de ma situation, ils ont conscience de leur part de responsabilité, des erreurs qui ont été commises.

Cependant on ne me propose aucune solution, aucune médiation, aucune conciliation pour le préjudice subit.

Aujourd’hui, je suis contrainte de raccourcir mon congé maternité au minimum légal: je reprendrai mon activité alors que ma fille n’aura qu’un mois et deux semaines alors que je devais la reprendre lorsqu’elle aurait eu 4 mois.

Je ne bénéficie pas de repos maternel alors que je gère 4 enfants seule dont un nourrisson, un adolescent, et 2 enfants en primaire.

Je n’ai pas le temps de me remettre de mon accouchement, de la dépression qui me touche suite à toute cette histoire, car je dois penser à reprendre le travail pour subvenir aux besoins de mon foyer.

Je perçois 5 euros par jour, 150 euros par mois. Qui peut vivre avec ce montant?

Entrepreneure ambitieuse et travailleuse, je perçois moins que le RSA, moins que l’allocation-chômage minimum.

Situation, inhumaine et vide juridique

Le pire? Le gouvernement est informé des situations que nous vivons en tant qu’autoentrepreneur en congé maternité. Il est au courant du vide juridique qui existe et qui nous fait perdre nos droits aux indemnités journalières du régime salarié. Mais il n’agit pas, ne prend pas de mesure et nous laisse, femmes et mères du pays, dans notre précarité sans nous venir en aide.

Cette situation devrait être connue du plus grand nombre. Tant de femmes sont concernées, tant de femmes, de mères bafouées et spoliées de leurs droits...

Cette injustice doit cesser! Nous devrions récupérer nos droits, avoir le droit de vivre nos grossesses, nos post-partum en toute sérénité, plutôt que dans le stress du lendemain.

Je souhaite faire entendre ma voix, faire résonner à travers elle la situation de milliers de femmes françaises en situation de détresse.

Que notre situation soit connue et reconnue, que la loi soit revue et adaptée, que nous puissions toutes bénéficier de nos droits, à l’avenir et à titre rétroactif.

Vivre ce genre de chose en 2021 en France... Ça me révolte!

À voir également sur Le HuffPost: L’allongement du congé paternité, “une avancée” mais “décevante”

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