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Pour «Juju» Denormandie c’est la famille d’abord

logo de Paris Match Paris Match 25/05/2022 Mariana Grépinet

Un temps pressenti pour Matignon, le ministre de l’Agriculture a décliné toutes les offres du chef de l’État et a décidé de se retirer de la vie politique. Au moins pendant un temps.

© Eric Hadj / Paris Match

Ce vendredi 20 mai en fin de journée, au moment où il achève son discours de passation des pouvoirs avec Marc Fesneau, son successeur , les drapeaux français et européen situés derrière lui s’envolent. Julien Denormandie se précipite pour les relever et plaisante : « Manifestement la République ne veut pas que je parte ! » Emmanuel Macron a tout essayé pour retenir son ministre de l’Agriculture, qui fut son directeur de cabinet adjoint à Bercy de 2014 à 2016 . Il lui a proposé le poste de son choix au gouvernement, y compris à l’Économie, et un titre de ministre d’État. En vain. Julien Denormandie avait pris sa décision depuis plusieurs semaines et décidé, après dix années de travail intense (en cabinet ministériel puis au gouvernement), de raccrocher. « C’est le choix du cœur : j’ai trop manqué à ma famille et elle m’a trop manqué, écrit-il dans un message sur Twitter. C’est désormais à elle que je veux consacrer l’essentiel de mon énergie. »

À 41 ans, ce père de quatre enfants (deux filles et deux garçons) âgés de 5 à 14 ans souhaite réinvestir sa vie personnelle, être présent au quotidien, les accompagner à l’école, profiter des grandes réunions de famille… « Son épouse va monter une boîte dans le domaine de la pisciculture. Elle a tout géré pendant des années, c’est à lui de prendre la relève, maintenant », glisse un membre de son équipe. Une de ses collaboratrices salue « une décision assez moderne de la part d’un quadragénaire en pleine ascension dans sa carrière » et espère que cela servira d’exemple…

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On dit souvent que ce ministère est celui des crises, je le confirme et j’ai payé pour voir

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Déjà en 2017, au lendemain de la victoire à la présidentielle, il avait failli arrêter. Gaspard, son petit dernier, venait de naître, et il souhaitait être plus présent. Mais le président de la République avait réussi à le convaincre. « Il y a beaucoup de noblesse à arrêter, surtout après s’être autant engagé, notamment dans cette seconde campagne où il a été hyperactif », souligne François Patriat, chef de file des sénateurs macronistes, qui le considère comme l’un des rares capables de tenir tête au chef de l’État. « Il va se prendre une ou deux années sabbatiques et reviendra pour finir le quinquennat au côté d’Emmanuel Macron en tant que Premier ministre », pronostique-t-il en souriant.

« On dit souvent que ce ministère est celui des crises, je le confirme et j’ai payé pour voir : l’influenza aviaire, la sécheresse, le gel, la crise du porc, celle des betteraves, les scolytes forestiers et tant d’autres événements… » a rappelé Julien Denormandie au moment de s’en aller et de dresser le bilan de ses vingt-deux mois à ce poste. Très apprécié du monde agricole et de ses équipes, « Juju », comme le surnomment les marcheurs, n’a pas souhaité non plus devenir candidat aux législatives.


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