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Les membres du collectif des "gilets jaunes libres" ne se rendront pas à la réunion avec le Premier ministre, prévue mardi

logo de Franceinfo Franceinfo 03/12/2018 Franceinfo

"Aucun membre des gilets jaunes libres ne se rendra à Matignon demain", a annoncé Benjamin Cauchy, membre occitan du collectif des "gilets jaunes libres". Les défections se sont enchaînées parmi ce collectif pour protester contre l'inflexibilité du gouvernement et en raison de menaces reçues sur les réseaux sociaux.

© Fournis par France Télévisions

"Aucun membre des gilets jaunes libres ne se rendra à Matignon demain", a annoncé lundi 3 décembre Benjamin Cauchy, membre occitan de la dizaine de gilets jaunes du collectif "gilets jaunes libres", qui a lancé, dans une tribune publiée par Le JDD, un appel à être les "porte-parole d'une colère constructive". La réunion à Matignon, prévue mardi entre le Premier ministre et des "gilets jaunes" n'aura finalement pas lieu. Les signataires de la tribune disent avoir reçu trop de menaces. "Tous les signataires de la tribune du JDD ont reçu des menaces et intimidations qui ne garantissent pas leur sécurité. Certains gilets jaunes ont fait savoir qu'ils les empêcheraient d'y aller", a indiqué Benjamin Cauchy.

"Mon intégrité phyique étant menacée, je ne me déplacerai pas"

"Les menaces, c'est puissance 10. On publie sur Facebook notre adresse, mon ami reçoit des messages, quelqu'un a appelé 'à venir chercher Jacline chez elle', confie cette "gilet jaune" du Morbihan, à l’origine d’une vidéo virale contre "la traque aux automobilistes", vue plus de six millions de fois sur Facebook. "J'ai déjà déposé des plaintes la semaine dernière et là, je reconstitue un dossier. J'ai dit à Matignon que mon intégrité physique étant menacée, je ne me déplacerai pas à ce rendez-vous."

Cédric Delaire, autre membre de ce collectif, sera lui aussi absent pour les mêmes raisons, comme il l'a déclaré à L'Union. Idem pour Chantal Perrotin, "gilet jaune" en Auvergne-Rhône-Alpes et cosignataire de la tribune. "Matignon c'est annulé pour l'instant, j'ai reçu des menaces implicites sur Facebook, pas des menaces de mort, mais quand même", a-t-elle expliqué à franceinfo, en dit faire face à une certaine colère même parmi les rangs des "gilets jaunes" : "Sur Facebook, j'ai vu tourner des commentaires du type 'elle n'est pas légitime, 'd'où sort-t-elle', 'on ne la connaît pas, on ne l'a pas vue sur les barricades...'"

"Je ne souhaite pas être instrumentalisé"

Un sentiment d'insécurité confirmé par Cédric Guémy, cosignataire de la tribune. Le porte-parole en Ile-de-France du mouvement des "gilets jaunes libres" ne se rendra pas non plus à ce rendez-vous, en raison de menaces.

Certains demandent à bloquer Matignon pour qu’on ne puisse pas y aller. Que veulent ces gens-là ? La révolution ? Ils veulent casser les institutions ?

Cédric Guémy

à France Inter

Il juge en outre que cette réunion est inutile. "Nous n’irons pas puisque les ministres ont défini qu’ils ne changeraient pas leur cap", affirme Cédric Guémy.

"On ira rencontrer [le Premier ministre] quand il sera prêt véritablement à négocier, et non pas seulement à nous faire une leçon de méthodologie", estime lui aussi Benjamin Cauchy, interrogé par franceinfo. Cette figure des "gilets jaunes" en Occitanie "ne souhaite pas être instrumentalisé et être des marionnettes d’une communication politique sans issue". "Depuis ce matin, les députés de LREM expliquent en long, en large et en travers que le gouvernement ne changera pas de cap. En ce sens, il n’est aucunement utile de nous y rendre", développe-t-il.

Pour l'heure, sur les dix signataires de la tribune, seul David Tan a confirmé, sur France Inter, qu'il irait "malgré les menaces". "Je ne suis pas un représentant, un porte-parole ou un élu, je suis tout seul. Et je me suis mis à dos tout le monde en voulant aller à Matignon", raconte ce chauffeur de taxi de 42 ans, "gilet jaune" en Pays-de-la-Loire.



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