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Présidentielle: 10 promesses d'Emmanuel Macron en 2017 passées au crible, cinq ans après

logo de BFMTV BFMTV 17/03/2022 Marie-Pierre Bourgeois et Clarisse Martin

En campagne en 2017, l'actuel chef de l'État avait formulé plusieurs propositions. BFMTV.com en a sélectionné dix. Le quinquennat écoulé, alors qu'Emmanuel Macron est candidat à sa réélection, que sont devenus ces engagements?

Le président Emmanuel Macron, candidat à sa réélection, lors d'une "conversation" avec des habitants de Poissy, le 7 mars 2022 dans les Yvelines © Ludovic MARIN © 2019 AFP Le président Emmanuel Macron, candidat à sa réélection, lors d'une "conversation" avec des habitants de Poissy, le 7 mars 2022 dans les Yvelines

Candidat tardif à sa réélection, Emmanuel Macron a déjà déclaré lundi 7 mars, à son QG de campagne, vouloir "lancer trois grands chantiers" en cas de réélection: l'un porte sur l'école, l'autre sur la santé, le troisième sur les institutions.

À moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, et alors qu'il détaillera son programme ce jeudi lors d'une conférence de presse, BFMTV.com s'est penché sur les promesses passées du candidat Macron.

Nous avons isolé dix propositions du dirigeant datant de la campagne de 2017, afin d'examiner ce qu'elles étaient devenues. Ont-elles été tenues, partiellement tenues, repoussées ou finalement écartées?

• Exonérer 80% des Français de la taxe d'habitation

"Nous exonérerons de la taxe d'habitation tous les Français des classes moyennes et populaires (soit 80 % des ménages). C'est un impôt injuste: on paye souvent beaucoup plus quand on vit dans une commune populaire que dans une commune riche. Dès 2020, 4 Français sur 5 ne paieront plus la taxe d'habitation, et l'État remboursera entièrement auprès des communes leur manque à gagner, à l'euro près, en préservant leur autonomie fiscale", avançait le programme d'Emmanuel Macron en 2017.

Votée en 2017 au grand dam des communes inquiètes des modalités de compensation de cet impôt qu'elles touchaient, la suppression de la taxe d’habitation a commencé de manière progressive en 2018 pour concerner au fur et à mesure tous les propriétaires. Cette année, seuls les 20% des foyers les plus aisés vont continuer d'en payer une partie. En 2023, plus aucun propriétaire ne devra s'en acquitter.

Seuls les propriétaires des résidences secondaires et des logements vacants devront continuer de s'en acquitter.

• Mettre en place un système universel de retraites

"Nous mettrons fin aux injustices de notre système de retraites. Un système universel avec des règles communes de calcul des pensions sera progressivement mis en place. Le fait de changer d’activité ou de secteur sera sans effet sur les droits à la retraite", expliquait le programme d'En Marche lors de la précédente élection présidentielle.

Le chantier est engagé avec la nomination en septembre 2017 de Jean-Paul Delevoye comme Haut-commissaire à la réforme des retraites. Deux ans plus tard, en juillet 2019, cet ancien proche de Jacques Chirac remet à Édouard Philippe, alors Premier ministre, un rapport de préconisations devant inspirer le projet de loi.

Alors que les syndicats sont vent debout contre cette réforme, la RATP et la SNCF font grève et le Conseil d'État pointe plusieurs incohérences dans le texte. Votée par le biais de l'article 49.3 de la Constitution qui permet au gouvernement d'adopter en urgence un texte le 29 février 2020, il est arrêté net le 16 mars 2020. Emmanuel Macron annonce alors le premier confinement en raison du Covid-19 et suspend toutes les réformes, à commencer par celles des retraites.

La réforme n'est depuis jamais revenue au Parlement, mais Emmanuel Macron a annoncé vouloir reculer l'âge de départ à la retraite à 65 ans en cas de réélection.

• Ramener le taux de chômage à 7%

"Nous voulons le retour à 7% du taux de chômage (soit la création de 1,3 millions d'emploi, NDLR)", détaille En marche sur son site en 2017.

Lors de l'investiture d'Emmanuel Macron, le chômage atteignait les 9,5%. À son arrivée au pouvoir, le président met en place plusieurs dispositifs: modifications importantes du Code du travail menées par Muriel Pénicaud, réforme de l'apprentissage et de l'assurance chômage qui durcit les règles d'indemnisation. La conjoncture est également favorable aux créations d'emploi. La croissance a fortement rebondi après deux confinements liés au Covid-19 en 2020. Elle a atteint 7% en 2021, après une récession record en 2020 (– 8%).

Le taux de chômage au 4ème trimestre 2021 (les chiffres les plus récents dont disposent l'INSEE, NDLR) est de 7,4%. Ce taux est à son plus bas niveau depuis 2008 et la crise des subprimes. Le chômage des jeunes (15-24 ans) est celui qui a le plus baissé. Il a atteint 15,9%, en baisse de 3,6 points depuis le troisième trimestre 2021.

• Moderniser le baccalauréat, avec du contrôle continu

"Au lycée, nous allons revoir la forme du baccalauréat (quatre matières obligatoires à l'examen final et le reste en contrôle continu) afin de rendre possibles de nouvelles formes d’organisation du temps scolaire et de nouveaux parcours, qui prépareront mieux à la poursuite d’études et à l’insertion professionnelle", avance En marche dans la campagne en 2017.

Lancé initialement à la rentrée 2019 pour le baccalauréat 2021, le contrôle continu représente désormais 40% de la note finale de l'examen tandis que les 60% restants correspondent aux résultats obtenus aux examens. Il n'y a plus que quatre épreuves à passer en contrôle final (une épreuve de philosophie, un grand oral, et deux épreuves écrites de spécialités).


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À cause de la crise du Covid-19, les sessions des épreuves à passer en contrôle continu ont été annulées en 2021 et remplacées par la prise en compte des moyennes annuelles. Les élèves n'ont passé au contrôle terminal que le grand oral et l'épreuve de philosophie.

Les épreuves du baccalauréat au printemps prochain ont été adaptées après le retour des enseignants et des élèves et ont désormais vocation à avoir une forme définitive. La répartition entre examens finaux (60%) et contrôle continu (40%) est bien maintenue, malgré plusieurs adaptations dans le calcul de ce dernier.

• Limiter à 12 élèves les CP/CE1 en zone prioritaire

"Nous diviserons par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 en REP et REP+, mesure la plus importante prise en faveur de l’éducation prioritaire depuis la création des ZEP en 1981", annonçait dans son programme Emmanuel Macron en 2017.

Dès la rentrée 2017, le gouvernement déploie progressivement son dispositif. Toutes les classes de CP en réseau d'éducation prioritaire (REP+) qui correspondent aux écoles rencontrant des difficultés sociales particulièrement importantes sont dédoublées, touchant 60.000 élèves.

En septembre 2018, cette politique éducative s'élargit au-delà des REP+ et s'applique également aux classes de CP en REP, concernant 190.000 élèves. Les 1500 classes classes de CE1 en REP + sont également dédoublées.

La rentrée 2019 voit encore s'accentuer le dispositif et permet à 100% des élèves de CP et de CE1 en REP et en REP+ d'être inclus dans ce dispositif. Depuis 2017, 10.800 classes de CP et CE1 en REP+ et REP ont été créées.

• Ouvrir la PMA à toutes les femmes

"Nous sommes favorables à l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes seules et les couples de femmes", indiquait le site de campagne d'Emmanuel Macron en 2017. En campagne, Emmanuel Macron avait estimé qu'il s'agissait d'une "discrimination intolérable" auprès du magazine Causette.

L'ouverture de la PMA aux femmes célibataires ainsi qu'aux couples de femmes a été actée par une loi bioéthique promulguée le 2 août 2021, après avoir été votée par le Parlement en juin de la même année. Le texte était arrivé à l'Assemblée nationale en septembre 2019.

Cet élargissement du cadre de la loi avait déjà été promis par François Hollande en 2012 mais n'avait pas été concrétisé. Jusque-là, la PMA était réservée aux seuls couples hétérosexuels, en cas d'infertilité ou souhaitant éviter de transmettre une maladie grave.

• Créer un "pass culture" de 500 euros pour tous les jeunes de 18 ans

"Je souhaite que chaque jeune puisse accéder à la culture, quelle qu'elle soit", avait indiqué Emmanuel Macron en février 2017, s'engageant à instaurer un pass culture de 500 euros pour tous les jeunes de 18 ans.

La mise en œuvre de cette promesse s'est faite en plusieurs étapes. Le dispositif a d'abord été testé en 2019 dans cinq départements: Bas-Rhin, Finistère, Hérault, Seine-Saint-Denis et Guyane avant d'être étendu à l'ensemble du territoire.

Fin janvier, Emmanuel Macron a annoncé que le dispositif allait être élargi aux adolescents de 15 à 17 ans, dans un tweet qui avait suscité les railleries de ses opposants, alors qu'il n'était pas encore officiellement candidat à sa réélection.

• Réduire le nombre de députés et de sénateurs

"Nous réduirons le nombre de parlementaires au Sénat comme à l'Assemblée nationale", assurait Emmanuel Macron dans son programme en 2017. En 2018, un projet de loi organique évoquait une réduction de 30%, finalement abaissé à 25% dans une autre mouture en 2019.

Cinq ans plus tard, cette promesse n'a pas été tenue. Si lundi, Emmanuel Macron a évoqué les institutions comme l'un des grands "chantiers" à venir s'il était réélu, il n'a pas précisé si la réduction du nombre de parlementaires était encore une mesure au goût du jour.

À noter qu'une telle réforme serait très compliquée à mettre en oeuvre actuellement pour des raisons pratiques: diminuer le nombre de députés et sénateurs nécessite une loi organique, ainsi que le dispose la Constitution à son article 25. Or pour être votée, une loi organique requiert l'accord des deux Chambres, qui pourrait être ardu à recueillir, le Sénat étant dominé par la droite.

• Réaliser 100% des démarches administratives en ligne

"D’ici 2022, 100% des démarches administratives pourront être effectuées depuis Internet – sauf première délivrance des documents d’identité officiels", indiquait Emmanuel Macron sur son site de campagne en 2017.

Cette promesse n'est à ce stade que partiellement tenue. En 2019, la direction interministérielle du numérique identifiait 250 démarches comme étant les plus utilisées par les Français.

En septembre 2021, la ministre de la Transformation et de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, indiquait lors d'un point d'étape que 212 de ces démarches, parmi lesquelles le changement d'adresse, la pré-demande de carte d'identité ou encore les résultats du permis de conduire, avaient effectivement été dématérialisées.

• Recruter 10.000 policiers et gendarmes

"Nous recruterons 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires en 5 ans, sur la base de 7500 policiers et 2500 gendarmes. Ces effectifs nouveaux seront affectés en premier lieu dans les zones prioritaires", indiquait Emmanuel Macron dans son programme en 2017.

Dans un entretien au Figaro, en avril 2021, Emmanuel Macron assurait que le calendrier serait tenu et que "4508 policiers et 1706 gendarmes (avaient) déjà été recrutés, soit 6214 membres des forces de l’ordre".

Il semblerait que cette promesse ait été honorée: dans le rapport de la commission des Finances du Sénat sur le projet de loi de finances pour 2022, réalisé par le sénateur de Paris Philippe Dominati (LR), il était indiqué que "l''esprit' de ce plan a(vait) été pleinement respecté, puisqu'entre 2017 et 2022, 8446 emplois de policiers et 2083 emplois de gendarmes auront été créés", ce qui représente un total de 10.529 personnes.

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