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Présidentielle : la stratégie low cost des petits candidats pour exister

logo de leJDD leJDD 26/03/2022 Cassandre Riverain
Pour compenser leur invisibilité dans le débat public, les petits candidats à la présidentielle mènent une campagne militante, souvent avec les moyens du bord. © Reuters et Sipa

Pour compenser leur invisibilité dans le débat public, les petits candidats à la présidentielle mènent une campagne militante, souvent avec les moyens du bord.

Le 15 mars, Jean Lassalle annonçait qu’il envisageait de se retirer de la course à l’Élysée, faute d’être invité dans des débats politiques. La veille, lors de l’émission spéciale consacrée à l’Ukraine sur TF1, seuls huit des douze candidats officiels avaient été conviés. Cantonnés aux coulisses : Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et Jean Lassalle (Résistons !), donc. La menace du truculent député, qui n’a pas été mise à exécution, a eu au moins une vertu : faire davantage parler de lui. Il estime « avoir trouvé son mistigri » et réussi à sortir de « ce silence absolu ».

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La nouveauté, c’est que cette éviction est assumée de manière plus décomplexée par les médias et les autres concurrents

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Avec un écueil quand on se fait rare : parvenir à définir la bonne stratégie pour se démarquer. « Il a toujours été plus difficile pour les petites candidatures d’exister, reconnaît Philippe Poutou. Mais la nouveauté, c’est que cette éviction est assumée de manière plus décomplexée par les médias et les autres concurrents qui ne veulent plus confronter leurs idées. C’est conforme à l’évolution de notre société : on s’en fout qu’il n’y ait pas de débat, on vit un recul démocratique. »


Vidéo: Présidentielle : le meilleur des clips de campagne (Le Point)

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800.000 euros maximum

Nathalie Arthaud partage le même avis, elle qui rempile pour sa deuxième compétition présidentielle. « Les travailleurs n’ont jamais le droit à la parole pour ce qui est fondamental », déplore-t-elle. L’enseignante mène donc une « campagne militante ». « Des camarades tractent sur les marchés, nous enchaînons les meetings et disposons de nos propres organes de presse pour faire passer notre message », égrène-t-elle. Sur le terrain, l’invisibilisation des petits candidats suscite l’incompréhension de ceux qui les soutiennent.​ « Je ne croise que des électeurs en colère de se voir voler l’élection présidentielle, regrette Nicolas Dupont-Aignan. Le système est injuste sur tout : la collecte des parrainages, le temps de parole puisqu’il n’y a pas d’égalité avant les deux dernières semaines, l’accès aux prêts… »​

Plus encore qu’ailleurs, la question du financement est cruciale. Car en dessous de 5 % de voix récoltées, les frais des candidats ne sont remboursés qu’à hauteur de 800 000 euros maximum. Aucun des « quatre petits » ne dépasse le plafond. Réunions publiques dans des salles communales, souscriptions, dons… Ils disposent de budgets serrés, bien loin des sommes dépensées par Marine Le Pen ou Emmanuel Macron. « Nous menons une campagne bon marché, à l’image de ce qu’est le monde du travail », raille Nathalie Arthaud.

Même maîtrise des coûts chez Philippe Poutou, qui multiplie les déplacements en « dormant chez des camarades » et sans jamais prendre l’avion. Depuis le début de la campagne, le candidat du NPA dit avoir parcouru plus de 1 million de kilomètres. Côté logistique, son réseau de bénévoles assume de nombreuses tâches qui ne pourraient être confiées à des salariés. Une seule personne a été recrutée à temps plein pour rechercher des parrainages. Quelques mi-temps se consacrent à l’impression et à la mise en forme des tracts. Le reste, c’est le système D.

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