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Procès des sondages : le PNF alourdit ses réquisitions contre Claude Guéant

logo de Liberation Liberation 03/12/2021 LIBERATION, AFP
Claude Guéant, en septembre 2019. © MARTIN BUREAU Claude Guéant, en septembre 2019.

L’ancien secrétaire général de la présidence de la République, serait-il, à l’image de son ami Nicolas Sarkozy, un habitué des «emmerdes» volant «toujours en escadrille», pour reprendre la formule de Chirac ? Alors qu’il pensait en avoir fini avec l’audience dans le cadre du procès des sondages de l’Elysée, attendant simplement la décision de justice prévue le 21 janvier, le voilà finalement de nouveau devant les magistrats ce vendredi. Fait rarissime, le tribunal a fait revenir, plus de trois semaines après la fin du procès, les protagonistes. La raison ? De nouvelles pièces concernant le patrimoine et les revenus de Claude Guéant, ignorées jusqu’alors.

Et le déplacement a valu au fidèle sarkozyste un nouveau coup dur, puisque Claude Guéant s’est vu infliger par le Parquet national financier (PNF) des réquisitions plus lourdes qu’au terme du procès tenu en novembre. Le parquet avait alors requis un an de prison dont six mois ferme, dans cette affaire où l’ancien ministre de l’Intérieur était jugé pour avoir commandé, sans appel d’offres, des centaines d’études lors du quinquennat. Ce vendredi, le PNF a aggravé ses réquisitions en réclamant un an d’emprisonnement ferme. On vous aide à y voir plus clair.

Pourquoi Claude Guéant était-il jugé en novembre dernier ?

L’ex secrétaire général était jugé, aux côtés de quatre autres prévenus, dans l’affaire dite des sondages de l’Elysée. Ces cinq anciens fidèles de Nicolas Sarkozy étaient accusés de délit de favoritisme et de détournement de fonds publics - pour certains d’entre eux. Durant le quinquennat de l’ancien locataire de l’Elysée, sa garde rapprochée s’était laissée aller à une sondagite aiguë, contournant le code des marchés publics et multipliant les dépenses sondagières. «Nous obéissons aux ordres du président de la République», s’était défendu l’ancien couteau suisse de la sarkozie. Le PNF, dans ses réquisitions, avait à l’époque fustigé chez Guéant «une vraie disposition de délinquant chevronné, via un casier judiciaire qui commence à gonfler…»

Pourquoi a-t-il été convoqué de nouveau ?


Vidéo: Affaires des sondages de l'Elysée: un an de prison dont six mois ferme requis contre Claude Guéant (Le Figaro)

Affaires des sondages de l'Elysée: un an de prison dont six mois ferme requis contre Claude Guéant
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Tout part d’une autre affaire, celle dite des «primes en liquide» : une histoire de détournements de fonds publics au ministère de l’Intérieur. Jugé en appel en 2017 dans cette affaire, Claude Guéant s’était vu infliger une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire, et 75 000 euros d’amende, pour complicité de détournement de fonds publics et recel. Avec quatre autres prévenus, Claude Guéant avait également été condamné à payer 210 000 euros de dommages et intérêts à l’État. C’est là que ça coince… Et c’est pourquoi, selon Mediapart, la justice a récemment révoqué, en partie, le sursis et la liberté conditionnelle accordée à Claude Guéant lors de sa condamnation en 2017. C’est cette décision qui a entraîné une brève réouverture du procès des sondages de l’Elysée, ce vendredi.

Que lui reproche-t-on ?

«Monsieur Guéant ne respecte pas les décisions de justice !» a ainsi tonné le PNF ce vendredi. L’ancien secrétaire général de l’Elysée ne ferait pas les versements nécessaires pour s’acquitter de sa dette, d’environ 190 000 euros, dans l’affaire des primes en liquide. Pis, des «sources de revenus complémentaires» auraient pu, selon les magistrats, «permettre de régler davantage» et surtout «plus tôt.» Une enquête judiciaire a notamment révélé que Claude Guéant avait vendu de l’or, une montre, et qu’il avait récupéré des fonds de son assurance vie.

A la barre, ce dernier s’est défendu : «J’ai fait tout ce que je pouvais et je fais tout ce que je peux pour m’acquitter de ma dette», a-t-il assuré, déroulant ses ressources «de 1 622 euros» et ses «dépenses structurelles de 2 230 euros.» Et l’ancien ministre de lancer : «Je suis au-delà de mes capacités contributives !»

Quid alors de son contrat signé auprès de l’«Organisation internationale de développement économique» ? «C’est précisément pour solder la dette plus rapidement qu’à mon âge, j’ai repris des contrats de travail», a poursuivi le prévenu, se disant «victime» d’une «organisation fantomatique.» Les dits «revenus complémentaires» ont été consacrés, a expliqué Claude Guéant, à «vivre au quotidien, très modestement», à «aider (ses) enfants», «dans une situation dramatique l’un et l’autre», ainsi qu’à «rémunérer une femme de ménage» qu’il ne voulait pas «licencier à 61 ans.»

Des explications qui ont fait bouillir le procureur financier. «Je vais me permettre de mettre un terme à ce discours de victimisation de M. Guéant, qui frôle le mépris pour la décision de justice venue (le) sanctionner pour son incurie». Dans une ambiance électrique, Guéant s’est insurgé à son tour : «Je ne témoigne d’aucun mépris pour les décisions de justice.» Et le prévenu de 76 ans de s’emporter : «Je n’ai pas payé pour une simple raison : je ne peux pas faire d’avantage !» Le jugement sera rendu le 21 janvier.

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