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Qatar : Aucune femme élue lors des législatives inédites

logo de 20 Minutes 20 Minutes 03/10/2021 20 Minutes avec AFP

Pour la première fois, les Qataris ont élu 30 des 45 membres du Majlis al-Choura. L’émir du Qatar désignera les 15 autres membres de cet organe consultatif sans grand pouvoir

Une femme votant lors des élections législatives au Qatar, à Doha le 2 octobre 2021. © Hussein Sayed/AP/SIPA Une femme votant lors des élections législatives au Qatar, à Doha le 2 octobre 2021. SCRUTIN - Pour la première fois, les Qataris ont élu 30 des 45 membres du Majlis al-Choura. L’émir du Qatar désignera les 15 autres membres de cet organe consultatif sans grand pouvoir

Le Qatar a vécu samedi des élections inédites. Pour la première fois, les Qataris ont en effet voté pour élire la majorité des membres de leur organe législatif. Toutefois, aucune femme n’a été élue lors de ce scrutin qui ne devrait pas changer l’équilibre du pouvoir dans ce riche pays du Golfe gouverné par une famille régnante et où les partis politiques restent interdits.

Les électeurs étaient invités à choisir 30 des 45 membres du Majlis al-Choura, un organe consultatif sans grand pouvoir. Jusqu’alors, tous les membres de ce conseil étaient nommés par l’émir Tamim ben Hamad Al-Thani. La totalité des 30 sièges à pourvoir ont été remportés par des candidats masculins, selon le ministère de l’Intérieur. Aucune des 28 femmes autorisées à se présenter n’a été élue.

L’émir du Qatar, à qui il revient de désigner les 15 autres membres du Majlis al-Choura, peut encore réduire ce déséquilibre en nommant des femmes. On ignore toutefois quand il annoncera ces nominations, et quand le conseil tiendra sa réunion inaugurale.

Une participation en hausse

Le taux de participation a été de 63,5 %, selon des chiffres officiels, soit beaucoup plus que lors des élections municipales de 2019 où moins d’un électeur sur dix avait voté. « Au début de la journée, j’ai entendu beaucoup de gens dire qu’ils ne voteraient pas, estimant que cela n’apporterait aucun changement, mais on a vu beaucoup de votants », a indiqué un membre du comité d’organisation des élections à Doha, Sultane Abdallah al-Kouwari.

Selon l’agence gouvernementale Qatar New Agency, un total de 233 candidats se sont présentés. Tous ont dû recevoir pour cela l’autorisation du ministère de l’Intérieur. Mais selon la télévision d’Etat, 101 de ces candidats ont jeté l’éponge le jour même du vote pour soutenir d’autres prétendants au poste dans leur circonscription.

Un émir tout-puissant

Le Majlis al-Choura pourra proposer des lois, approuver le budget ou encore révoquer des ministres, prérogatives qu’il n’avait pas avant. Mais le tout-puissant émir aura un droit de véto. « Quand j’ai plié mon bulletin pour le mettre dans l’urne, j’ai eu le sentiment de prendre part à quelque chose de grand », a affirmé à Doha Cheikha Atiq al-Khulaifi, 25 ans. Si quelques rassemblements politiques ont eu lieu, les candidats ont tous évité pendant la campagne d’aborder la politique étrangère de leur pays ou le statut de la monarchie, préférant se focaliser sur les enjeux sociétaux comme la santé, l’éducation ou les droits des citoyens.

La tenue de ce premier scrutin législatif au suffrage universel direct, prévu par la Constitution de 2004 mais reporté à plusieurs reprises, a eu lieu au moment où le pays est scruté à l’international à un an de la Coupe du monde de football au Qatar.

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