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Réformes économiques : la droite en rêvait, Macron l'a fait

logo de Le Figaro Le Figaro 07/05/2018 Guillaume Poingt

LE SCAN ÉCO - Depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, le président de la République a fait passer plusieurs réformes économiques majeures saluées par la droite. Cette dernière ne les avait pas mises en œuvre lorsqu'elle était aux responsabilités.

figarofr: Emmanuel Macron a mis en œuvre plusieurs réformes économiques majeures depuis son arrivée au pouvoir (photo d'illustration). © Sébastien SORIANO/Le Figaro Emmanuel Macron a mis en œuvre plusieurs réformes économiques majeures depuis son arrivée au pouvoir (photo d'illustration).

Suppression de l'ISF, réforme de la SNCF ou encore refonte du Code du travail. Un an après son arrivée au pouvoir, le président de la République a déjà fait adopter plusieurs réformes économiques majeures. Des changements auxquels la droite n'avait pas réellement osé procéder lorsqu'elle était au pouvoir. Certaines personnalités de ce camp l'admettent d'ailleurs sans détour.

«Emmanuel Macron fait très exactement ce que la droite aurait dû faire et n'a pas fait», confie au Figaro Jean-François Cope, maire de Meaux et ancien ministre du Budget. Avant d'ajouter: «Malheureusement, entre 2007 et 2012, la droite a loupé un rendez-vous sur le plan économique par absence de courage politique». L'ancien président de l'UMP estime toutefois que la hausse de la CSG est une «erreur majeure» et qu'il «aurait mieux valu augmenter la TVA». À l'occasion de la première année au pouvoir d'Emmanuel Macron, Le Figaro revient sur les réformes économiques de l'exécutif soutenues par la droite:

• Réforme de l'ISF

Le 1er janvier 2018, l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est devenu l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). Emmanuel Macron a choisi de recentrer l'impôt sur le seul patrimoine immobilier, en excluant de son champ d'application le patrimoine mobilier (actions, obligations, assurance-vie...). Le nouvel impôt concerne les particuliers dont la valeur du patrimoine immobilier est d'au moins 1.300.000 euros. Si certains à droite ont regretté que l'ISF n'ait pas été intégralement supprimé, les élus les Républicains (LR) et les Constructifs ont tout de même voté en faveur de la réforme - avec la majorité LREM-MoDem - en octobre 2017.

Instauré par François Mitterrand en 1982, supprimé par Jacques Chirac - alors Premier ministre - en 1986, puis réhabilité en 1989, l'ISF avait été «allégé» par Nicolas Sarkozy en 2011: le seuil d'entrée dans l'impôt était alors passé de 800.000 euros à 1,3 million d'euros tandis que les taux d'imposition avaient été diminués. Dans son livre La France pour la vie - paru en janvier 2016 - Nicolas Sarkozy regrettait de ne pas être allé plus loin sur certaines réformes, affirmant: «Aujourd'hui, je regrette d'avoir retardé des réformes qui auraient dû être engagées dès les premiers jours de mon quinquennat». Avant de préciser à propos de la suppression de l'ISF: «J'aurais dû aller au bout». 

• Réforme de la SNCF

Marquée par l'ouverture à la concurrence, la fin du statut de cheminot à compter du 1er janvier 2020 pour les nouveaux entrants et la création d'une société anonyme, la réforme de la SNCF est elle aussi soutenue par la droite. Les députés LR ont voté le projet de loi, à l'Assemblée nationale en première lecture, à une large majorité en compagnie de la majorité LaREM-MoDem et des élus UDI-Agir.

Interrogé sur RTL le 18 avril, le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez déclarait: «Ça fait des années qu'on dit qu'il faut qu'on change le statut des cheminots. Et donc pour moi c'était absurde de ne pas voter cette loi. Bien sûr on peut la critiquer, elle ne va pas assez loin, il y a des points sur lesquels ce n'est pas clair (...) mais c'est une bonne nouvelle pour l'entreprise». Auparavant, le président du groupe LR à l'Assemblée, Christian Jacob, avait indiqué: «Nous avons toujours été favorables à l'ouverture à la concurrence». Les députés LR jugent toutefois que le texte a des «fragilités» sur deux points: la reprise de la dette et le maintien des petites lignes. 

• Réforme du Code du travail

Autre réforme phare de la première année au pouvoir d'Emmanuel Macron, celle du Code du travail. Définitivement approuvées en février 2018, cinq ordonnances prévoient notamment la fusion des instances représentatives du personnel, la barémisation des indemnités prud'homales ou encore la primauté des accords d'entreprise dans certains cas. La majorité du groupe LR à l'Assemblée nationale était favorable à la réforme: 81 députés sur 100 ont ainsi voté l'habilitation du gouvernement à la passer par ordonnances.

L'assouplissement du Code du travail est défendu par la droite depuis longtemps. Lors de la primaire de la droite, en novembre 2016, François Fillon préconisait notamment de recourir davantage aux négociations d'entreprise et de branche. Quant à Alain Juppé, il estimait que le Code du travail constituait un «carcan qui limite considérablement le dynamisme des entreprises et leur propension à embaucher». Même si certaines personnalités de droite auraient sans doute souhaité que la réforme aille encore plus loin, beaucoup ont estimé qu'elle allait dans le bon sens. La phrase de l'ex-Républicain devenu «marcheur», Thierry Solère, prononcée en mai 2017 - «il n'y a aucune raison qu'un Républicain s'oppose aux ordonnances (NLDR: relatives à la réforme du Code du travail)» - en est la parfaite illustration.

L'application de ces mesures économiques - longtemps promises par la droite - séduit les sympathisants des Républicains, qui sont majoritairement satisfaits du président de la République, selon le baromètre Kantar Sofres OnePoint du mois de mai pour Le Figaro Magazine. Ces derniers sont désormais majoritairement satisfaits du président de la République à 53% (+14 points en un mois), contre 41% pour l'ensemble des Français.

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Plus d'info : le figaro.fr

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