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Rennes : Comment la capitale bretonne espère devenir une « ville à taille d’enfant »

logo de 20 Minutes 20 Minutes 10/07/2020 Camille Allain

L’écologiste Lucile Koch, jeune maman, hérite d’un nouveau portefeuille dans la majorité de Nathalie Appéré

L'élue écologiste Lucile Koch, ici lors du conseil municipal d'installation à Rennes, le 3 juillet 2020. © C. Allain / 20 Minutes L'élue écologiste Lucile Koch, ici lors du conseil municipal d'installation à Rennes, le 3 juillet 2020. YOUPI - L’écologiste Lucile Koch, jeune maman, hérite d’un nouveau portefeuille dans la majorité de Nathalie Appéré

C’est sans aucun doute la délégation la plus atypique dont a hérité Lucile Koch. L’élue écologiste, membre de la liste emmenée par Matthieu Theurier, devient la première conseillère municipale de Rennes déléguée à la « ville à taille d’enfant ». Pour son premier rendez-vous au sein de la majorité de Nathalie Appéré, la jeune maman avait marqué les esprits en se présentant au conseil municipal d’installation avec Léonie, sa fille née il y a cinq semaines. A quelques heures du premier « vrai » conseil municipal, 20 Minutes a rencontré l’heureuse élue.

« Ce n’était pas un coup médiatique. Ma fille est petite et je l’allaite. Je ne peux pas la laisser à quelqu’un d’autre pendant trop longtemps » explique-t-elle. Cette ancienne ingénieure reconvertie comme professeure des écoles n’est pas venue au conseil avec son bébé par hasard. Elle assume, elle milite. Jeudi soir, Léonie a poursuivi son expérience politique en assistant à l’installation de l’assemblée de Rennes Métropole, toujours dans les bras de sa maman. « C’est important que les choses changent. Je n’ai pas d’autre choix. Si je dois l’allaiter dans la salle, je le ferai. On n’a pas à se cacher d’être femme. On n’a pas à se cacher d’être mère ». La nouvelle élue admet cependant que sa fille « ne reviendra sans doute pas » pour les prochains conseils en septembre.

« En France, nos espaces sont trop aseptisés »

Pour son premier mandat d’élue, celle qui est aussi mère d’un garçon de 3 ans avait clairement exprimé le choix de mener la politique de la « ville à taille d’enfant ». Un nouveau portefeuille créé sur mesure pour celle qui se définit comme « une spécialiste des aires de jeu ». « On voit souvent des aires avec un toboggan et deux jeux sur ressort. Les enfants s’en lassent très vite. Il leur faut des espaces plus grands où ils peuvent escalader, ramper, sauter. Il faut de la nature pour qu’ils puissent se cacher, développer leur imagination ». Fille de journaliste, Lucile Koch a passé une partie de son enfance en Suède. Elle en a gardé des souvenirs intacts de grandes aires de jeu, propices à la liberté de jouer. « Ils laissent les enfants libres, les parents n’interviennent pas. Cela pousse les enfants à aller vers les autres. En France, nos espaces sont trop aseptisés. Les enfants doivent tester le risque pour mieux avoir une notion de danger. Tout ça leur servira plus tard en société ».

Réduire cette délégation à l’aménagement de parcs de jeu serait pourtant une erreur. A écouter la maire Nathalie Appéré, c’est toute la ville qui doit se repenser pour se mettre au niveau des plus petits. « Il s’agit de s’assurer que dans toutes les politiques de la ville, la question particulière des enfants soit prise en compte. Est-ce que l’espace public tel qu’il est conçu permet aux enfants d’avoir un espace de jeu, de liberté ? Les enfants ont leur mot à dire dans la vie d’une ville », assure la maire de Rennes. Nathalie Appéré souhaite par exemple créer des budgets participatifs à l’échelle des écoles et recueillir leur avis pour l’aménagement de leurs cours de récré.

Des pavés plus doux pour les poussettes

Avoir une ville à hauteur d’enfant aurait en plus de véritables vertus pour l’ensemble de la population. Conçue de manière plus ludique, la ville gagnerait en couleurs, en jeu et faciliterait les déplacements. « En faisant de la place aux enfants, on fait aussi de la place aux femmes, aux parents, aux personnes en situation de handicap », poursuit Lucile Koch. Des cheminements aux pavés plus doux pourraient être créés dans le centre ancien pour les poussettes et fauteuils roulants.

Celle qui a fêté ses 32 ans le soir du premier tour des élections municipales milite aussi pour que « les parents gardent une vie sociale ». « On a tous déjà changé notre bébé sur un banc. Je pense que les lieux publics peuvent s’adapter et s’ouvrir aux parents en proposant des espaces pour allaiter, pour changer ou donner à manger à ses enfants. Les parents doivent pouvoir sortir ». Nombreux sont ceux qui se reconnaîtront dans les mots de la jeune élue. Quant aux autres, il faudra les convaincre. « Je refuse qu’on me dise que ça ne sert à rien. Je ne veux pas être une potiche qu’on laisse dans un coin », affirme l’élue.

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