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Retirer des espèces à la caisse d'un commerce : le cash-back arrive en France

logo de L’Obs L’Obs 11/09/2018 L'Obs
Caisse automatique d'un supermarché : dans 150 Casino, il sera possible fin septembre de retirer des espèces en faisant ses courses © Copyright 2018, L'Obs Caisse automatique d'un supermarché : dans 150 Casino, il sera possible fin septembre de retirer des espèces en faisant ses courses

Ce service déjà pratiqué dans d'autres pays permet de retirer quelques dizaines d'euros chez un commerçant en cas de paiement par carte bancaire.

Retirer des espèces à la caisse du supermarché ? Cette pratique déjà largement répandue en Europe est possible depuis lundi 10 septembre dans une grande enseigne en France, un service bienvenu en zone rurale.

Avec le lancement de ce service, la distribution applique une directive européenne ratifiée fin juillet par le parlement français, sur les services de paiement (DSP2), qui autorise les commerçants à fournir des espèces à leurs clients dans le cadre d'un achat par carte bancaire (dit cash-back).

Casino ouvre le bal

De façon générale, l'ordonnance ratifiée actualise le cadre juridique des services de paiement, pour l'adapter aux nouveaux types d'acteurs et de produits, mieux protéger le consommateur, renforcer la sécurité des données et soutenir l'innovation.

C'est le groupe de distribution Casino qui entame le déploiement de ce service ce lundi dans ses supermarchés.

Il précise être le "premier distributeur à proposer ce service en France", avec 150 supermarchés concernés à la fin du mois de septembre, avant un déploiement progressif à l'ensemble du parc.

"Les clients ayant besoin de retirer des petites sommes d'argent liquide (en billets de 10 et 50 euros) peuvent désormais le faire depuis les caisses automatiques lors de leur passage en caisse", explique le distributeur basé à Saint-Etienne. Il y aura environ 500 caisses automatiques dans ces supermarchés, précise "le Parisien", qui indique qu'un supermarché Géant, porte de Choisy à Paris (13e arrondissement), expérimente depuis trois mois ce système.

Dépannages

L'objectif étant de "leur faciliter le quotidien" mais surtout de les "dépanner" en cas de besoin d'argent liquide "immédiat" en devenant une solution d'appoint, précise-t-on.

Ailleurs en Europe, c'est bien cet usage de dépannage qui semble s'imposer auprès des consommateurs : selon une étude de la Banque centrale européenne publiée en novembre 2017, le nombre de retraits d'espèces auprès des commerçants de la zone euro ne représente guère plus de 7% du total des retraits, là où les opérations auprès des automates bancaires approchent les 40%.

Ce système intéresse toutefois les distributeurs "car il répond à un besoin des consommateurs" même s'il ne s'agit pas d'"attentes massives", affirme Philippe Joguet, chargé des questions financières à la FCD (Fédération du commerce et de la distribution), en rappelant que la France possède un "réseau très dense" de plus de 55.000 distributeurs automatiques de billets (DAB).

Gain de temps en zones rurales

Dans les zones rurales, ce service peut représenter un "gain de temps pour le consommateur", à qui il évite de faire deux arrêts avec sa voiture, à fortiori pour ceux qui considèrent qu'un retrait d'argent au distributeur est "risqué", souligne-t-il.

Le cash-back intéressera également des personnes "moins alertes avec les nouvelles technologies", renchérit Matthias Berahya-Lazarus, dirigeant du groupe Bonial, ainsi que les consommateurs aux revenus très modestes, clients des hypermarchés et qui préfèrent "contrôler leurs dépenses".

Avec un nombre de DAB "plutôt en train de stagner, voire baisser", et une "baisse régulière du nombre de retraits", ce système illustre plutôt une "volonté d'aménagement du territoire qu'une volonté de revoir la filière des paiements en France", précise une source bancaire.

"Ce sont les pouvoirs publics, plus que les banques, qui poussent pour la mise en oeuvre de ce service", renchérit Marin Delattre, consultant chez Sia Partners.

Moins de risque d'erreur en ayant moins de cash

Par ailleurs, estime Marin Delattre, le cash-back peut devenir "une source de revenus supplémentaires pour les commerçants si ceux-ci réussissent à prendre une commission" dessus.

Pour Matthias Berahya-Lazarus, au-delà du service rendu aux clients, ce système sera également utile au distributeur, la gestion du "cash" étant toujours "un problème". Or, "plus il y a de 'cash' dans les caisses, plus il y a de risque d'erreurs" en fin de journée, explique-t-il.

Reste que le retrait d'espèces chez les commerçants va plutôt à contre-courant du marché des paiements, lancé à pleine vitesse dans le développement de nouvelles solutions numériques avec l'idée, plus ou moins assumée, que l'argent physique finira un jour par disparaître.

Cet horizon semble d'ailleurs en partie matérialisé : "En Chine, les transactions en 'cash' sont devenus extrêmement marginales", pointe Matthias Berahya-Lazarus.

(Avec AFP)



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