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Samuel Paty : relaxe d'un collégien poursuivi en France pour «apologie du terrorisme»

logo de Europe 1 Europe 1 02/12/2021 Europe 1
Un collégien afghan de 14 ans, qui avait été accusé à Marseille d'"apologie du terrorisme" pour des propos qu'il aurait tenus lors d'un hommage au professeur décapité Samuel Paty, a été relaxé par le tribunal. Aucun élément n'a démontré sa radicalisation. © THOMAS COEX / AFP Un collégien afghan de 14 ans, qui avait été accusé à Marseille d'"apologie du terrorisme" pour des propos qu'il aurait tenus lors d'un hommage au professeur décapité Samuel Paty, a été relaxé par le tribunal. Aucun élément n'a démontré sa radicalisation.

Le parquet de Marseille a confirmé jeudi à l'AFP cette information du site d'investigation "Marsactu" précisant qu'il n'entendait "pas faire appel de cette relaxe" alors qu'il avait requis deux mois de prison avec sursis à l'audience.

Les faits dataient de novembre 2020 au collège "Chape" de Marseille, lors d'une discussion improvisée en cours d'éducation physique et sportive (EPS). Le jeune garçon, qui a passé douze ans en Afghanistan, aurait répété que Samuel Paty n'avait "pas à faire ça", en référence au professeur décapité le 16 octobre 2020 par un réfugié tchétchène parce qu'il avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. Il aurait répondu "oui" à des camarades qui lui demandaient s'il cautionnait l'acte terroriste et affirmé qu'il aurait "filmé et posté sur Instagram" l'image de sa propre enseignante d'histoire-géo si elle avait tenu les mêmes propos.

"Il ne savait pas ce qui était arrivé à Samuel Paty"

"Ça fait deux ans qu'il vit en France, il parle mal le français et on le traine devant le tribunal parce qu'une horde de gamins lui est tombée dessus, lui disant: alors, tu cautionnes! Il a répondu "oui" ou "non" à une série de questions posées en même temps. Rien dans tout cela ne relève de l'apologie du terrorisme", explique son avocate, Me Anne-Sophie Grardel, selon qui son client qui "ne regarde pas la TV, ne savait pas ce qui était arrivé à Samuel Paty". "C'est juste un problème de liberté d'expression. Pourquoi n'aurait-il pas le droit de dire que, pour lui, ça ne se fait pas de faire une caricature de Mahomet? C'était ça son propos. Mais on est dans un contexte de peur sociale et de surmédiatisation", souligne-t-elle. Dans son signalement, la principale du collège, absente au moment des faits, avait indiqué aux policiers que l'adolescent aurait dit "moi aussi, je l'aurais tué", des propos qui n'ont jamais été corroborés par la suite.


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Le père de l'adolescent a fui les talibans

L'adolescent avait été mis en examen pour "apologie du terrorisme" mais l'enquête n'a pas permis d'étayer sa radicalisation, bien au contraire. Son père, policier en Afghanistan aujourd'hui gérant d'un snack, a fui les talibans et obtenu l'asile politique en France. Une éducatrice a témoigné que l'adolescent a été "élevé dans des valeurs opposées à celles prônées par l'islamisme radical" et un psychologue qu'il n'était pas "dans un processus de radicalisation". L'adolescent relaxé par la justice, prépare désormais un CAP dans un autre collège de Marseille. 

Quatre nouveaux signalements en cours d'étude

Dans le département des Bouches-du-Rhône, après l'assassinat de Samuel Paty et aux hommages qui ont suivi sa mort, l'Education Nationale avait transmis à l'automne 2020 huit signalements à la préfecture dont six ont été judiciarisés. Quelque 540.000 élèves sont scolarisés en primaire et secondaire dans l'académie d'Aix-Marseille. L'un a fait l'objet d'un classement sans suite pour absence d'infraction, quatre d'un classement sans suite après rappel à la loi par le délégué du procureur, le dernier cas étant celui du collégien afghan. " À l'occasion de la commémoration dès un an de l'assassinat de Samuel Paty, quatre nouveaux signalements ont été transmis. Ils sont en cours d'étude", a précisé à l'AFP le parquet de Marseille.

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