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TF1 et M6 font Salto arrière

logo de Liberation Liberation 20/11/2022 Adrien Franque
En 2021, Salto accusait un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros et de lourdes pertes. © Riccardo Milani En 2021, Salto accusait un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros et de lourdes pertes.

Deux petites années après son lancement, Salto est déjà à vendre. La plateforme de streaming payant lancée conjointement par TF1, France Télévisions et M6 à l’automne 2020 se voit lâchée par ses deux actionnaires du privé selon la Lettre A : TF1 et M6 ont acté leur retrait prochain lors d’un conseil de surveillance qui s’est tenu le 17 novembre. L’audiovisuel public doit encore prendre sa décision. Mais à l’heure où Delphine Ernotte cherche 45 millions d’euros pour boucler son budget, il paraît improbable que France Télévisions choisisse de réinjecter de l’argent dans la plateforme de diffusion. D’autant que le groupe public avait annoncé en mars vouloir en sortir si la fusion TF1-M6 avait lieu. Bref, ça sent le roussi pour Salto, en tout cas sous sa forme initiale de «Netflix à la française» regroupant trois groupes audiovisuels majeurs.

Canal + sur les rangs

Et maintenant ? La plateforme tricolore compterait autour des 800 000 abonnés selon le Figaro et les Echos. Pas le résultat espéré lors de son lancement, qui visait le million d’abonnés à la fin 2021, mais une audience assez honorable dans le paysage devenu très concurrentiel de la SVOD (vidéo à la demande par abonnement). D’autant plus que Salto pâtit d’une distribution loin d’être idéale : chez les opérateurs télécoms, seul Bouygues propose la plateforme sur ses services. Depuis juin, elle est aussi disponible à l’abonnement via Amazon Prime. Reste son catalogue. «Sa seule valeur, ce sont les droits qu’elle détient», affirme ainsi un acteur de l’audiovisuel. Jusque-là, la plateforme était surtout attractive par ses exclusivités et ses avant-premières issues des trois chaînes mères, comme récemment le final très attendu de Plus belle la vie diffusé sur Salto quarante-huit heures avant son passage sur France 3. Une programmation que TF1 ou M6 pourrait désormais réserver à ses offres payantes, MyTF1Max et 6PlayMax, toutes deux récemment remusclées.

Mais les trois actionnaires de Salto pourraient tout de même garder un pied dans la maison, annoncent plusieurs médias, en continuant, comme ils le font maintenant, de vendre les droits de leurs programmes à la plateforme. Cela dépendrait de l’identité de l’acquéreur. Qui pourrait être intéressé par une reprise ? D’après la Lettre A, Canal + surtout, serait sur les rangs. La filiale de Vivendi, qui renforce son modèle hybride d’agrégateur de plateformes avec MyCanal, est régulièrement citée quand toute opportunité de ce genre se présente sur le marché de la SVOD. Elle est d’ailleurs actuellement en négociations avec Orange pour racheter sa filiale OCS et son studio de cinéma Orange studio.

«Le prix sera à la casse»

Mais la base d’abonnés de Salto pourrait aussi intéresser tout acteur étranger souhaitant s’implanter rapidement sur le territoire. Les Echos ont avancé récemment le nom du groupe britannique Sky et celui du scandinave Viaplay. A combien se montera la facture ? «Le prix sera à la casse, personne ne récupérera ses pertes», prédit un observateur. Les trois chaînes mères prévoyaient d’investir 250 millions d’euros sur trois ans selon Capital en janvier. En 2021, l’entreprise accusait alors un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros et de lourdes pertes – pas tellement une anomalie, tant la rentabilité est compliquée à atteindre pour les plateformes. L’autre option, si Salto ne trouve pas d’acquéreur, c’est la liquidation pure et simple. Un coup dur pour le projet qui fait travailler actuellement 250 personnes dont 70 salariés à temps plein.

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