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Union européenne : "C'est difficile d'ouvrir des négociations à 27", estime un spécialiste

logo de franceinfo franceinfo 09/05/2021 Franceinfo

Le chef de l'Etat a annoncé dimanche le lancement d'une large consultation en ligne "qui permettra à au moins 50 000 jeunes de faire valoir leurs priorités, leurs critiques, leurs idées, leurs rêves pour l'Europe."

© Fournis par franceinfo

L'Union européenne "stagne" depuis le traité de Lisbonne de 2019, selon Hans Stark, conseiller pour les relations franco-allemandes à l'Ifri (Institut français des relations internationales). Invité de franceinfo dimanche 9 mai, le professeur de civilisation allemande à Sorbonne-Université estime qu'Emmanuel Macron "a raison" de lancer une consultation citoyenne. Le chef de l'Etat a prononcé un discours lors de la cérémonie d'inauguration de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Selon Hans Stark, "c'est difficile d'ouvrir des négociations à 27". "Il faut penser les 10 ou 20 ans à venir et ça ne peut se faire que dans le cadre d'une large discussion."

franceinfo : Emmanuel Macron a-t-il raison de dire qu'il faut écrire "de nouvelles légendes" pour l'Europe ?

Hans Stark : C'est un narratif un peu élogieux, évidemment. Mais, sur le fond, il a raison. Après la fin de la guerre froide, nous avons ouvert un grand chantier institutionnel avec le traité de Maastricht. Après quatre traités, ce chantier s'est terminé avec le traité de Lisbonne obtenu dans la douleur en 2019. Depuis, on stagne parce que c'est difficile d'ouvrir des négociations à 27. Nous sommes toujours dans une logique de la première décennie du 21e siècle. Emmanuel Macron a raison, il faut savoir quelle Europe nous voulons en 2030, en 2040, etc...


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Est-ce grâce à un nouveau traité qu'on pourrait décider "plus vite et plus fort" comme il le demande ?

C'est exactement la question parce que beaucoup de citoyens vont se demander si les Européens n'ont rien d'autre à faire que de renouveller leurs traités. En plus, un traité, il faut l'élaborer, le signer et le ratifier. Il suffit qu'un seul État dise non pour que tout échoue, comme on l'a déjà vu par le passé. C'est donc extrêmement hasardeux. En plus, s'il y a un échec à la fin de tout ce processus, ce sera un nouveau retour en arrière et ce sera extrêmemement grave.

Croyez-vous à cette consultation citoyenne annoncée par Emmanuel Macron ?

Ce n'est pas un gadget parce que ça permet d'avoir un débat sur l'Europe avec des citoyens, des experts et des responsables politiques. En tout cas, il faut un forum dans lequel on peut vraiment articuler les enjeux auxquels on est confronté. Sur le plan de la Défense par exemple, il y a 12 ans, la Chine, les États-Unis, ou encore la Russie n'étaient pas dans la position dans laquelle ils sont aujourd'hui. Donc, il faut penser les 10 ou 20 ans à venir à l'échelle européenne et ça ne peut se faire que dans le cadre d'une large discussion. Tout autre chose, comme une conférence inter-gouvernementale stricte, est à ce stade prématuré.

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