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Vente aux enchères d’une radio d’une victime du Bataclan : l’AP-HP dénonce un «acte scandaleux»

logo de Liberation Liberation 23/01/2022 LIBERATION
Hommages devant le Bataclan, le 14 novembre 2015, au lendemain des attaques terroristes qui ont fait 131 morts dans Paris. © Valery Hache Hommages devant le Bataclan, le 14 novembre 2015, au lendemain des attaques terroristes qui ont fait 131 morts dans Paris.

Un professeur des hôpitaux de Paris a mis en vente sur un site d’enchères en ligne une radio d’une survivante des attentats du 13 Novembre. Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP, a annoncé saisir la justice.

C’est acte «d’une gravité exceptionnelle». Martin Hirsch, le directeur général de l‘Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), s’est insurgé après les révélations de Mediapart, de la mise en vente sur un site d’enchères en ligne, d’une radio d’une survivante du Bataclan sur laquelle on distinguait une balle de Kalachnikov, par un chirurgien de l’établissement. Mise à prix : 2 276,70 dollars, précisait l’annonce du professeur Emmanuel Masmejean. Toujours en ligne, seul le prix a été retiré après la publication de l’enquête de nos confrères.

«Cet acte est contraire à la déontologie, met en cause le secret médical, va à l’encontre des valeurs de l’AP-HP et du service public», a affirmé Martin Hirsch dans son communiqué adressé au personnel de l’établissement. Le dirigeant a ajouté qu’il s’apprêtait, conjointement avec l’université, à saisir le Conseil de l’ordre et à signaler les faits à la justice et aux ministres «qui disposent du pouvoir disciplinaire». Alors que le procès des attentats de novembre 2015 se déroule actuellement à Paris, «un tel comportement odieux ne saurait salir une communauté hospitalière qui ne peut que se désolidariser de cet acte, le condamner avec la plus extrême fermeté et nous actionnerons toutes les voies de droit permettant d’en tirer les conséquences», a-t-il martelé.

La violation du secret professionnel est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, selon l’article 226-13 du Code pénal. Le médecin s’expose aussi à des poursuites disciplinaires qui peuvent aller jusqu’à la radiation.

Dans la première version de son annonce publiée sur le site OpenSea, spécialisé sur le marché des NFT (une technologie de vente et d’achat d’objets numériques), Emmanuel Masmejean est allé jusqu’à spécifier que la radio appartenait à une femme ayant perdu son compagnon le soir du 13 novembre 2015 et qu’elle avait «une fracture ouverte de l’avant-bras gauche avec une balle restante de Kalachnikov dans les tissus mous».

Contacté par Mediapart, le professeur a reconnu s’être «posé la question», «d’un point de vue éthique». «Si vous voulez me faire dire que c’est une erreur, c’est peut-être une erreur. En plus, ça m’a coûté de l’argent, c’est complètement débile», a-t-il répondu. «La victime ne souhaite ni être identifiée ni réagir», a déclaré dimanche sur Twitter Arthur Dénouveaux, président de l’association Life for Paris, précisant qu’elle se «réservait le droit d’engager des poursuites». Et de conclure : «que les types qui réparent les dégâts des balles soient eux-mêmes des trous de balle, ça ne restaure pas vraiment notre foi en l’humanité».

AUSSI SUR MSN : Au procès du 13-Novembre, le récit de l'horreur au Bataclan

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