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Vincent Lambert, portrait d’un homme devenu «affaire»

logo de Le Figaro Le Figaro 11/07/2019 Steve Tenré


Vincent Lambert, resté entre 2008 et 2019 dans un état végétatif, était devenu le symbole du débat sur la fin de vie. L’ancien infirmier est mort ce jeudi à 42 ans.

«L’Affaire Lambert». Derrière le cas médiatique, politique et judiciaire, se cachaient un prénom, un homme et un père: Vincent, ancien infirmier de 43 ans, et papa d’une fille de 10 ans. En état végétatif depuis un accident de la route survenu en 2008, il était devenu malgré lui le symbole du débat sur la fin de vie. Mais qui était vraiment Vincent Lambert?

«Quand il était enfant, Vincent était joyeux, vif et d’une sensibilité déjà bien marquée», racontent sur un site militant ses parents Viviane et Pierre Lambert. Vincent n’est pas né Lambert, mais Philippon, le 20 septembre 1976. Quand Vincent voit le jour, ses parents ne vivent pas ensemble: ils sont amants. Issu d’une liaison extraconjugale, il est donc élevé par le premier époux de sa mère Viviane. 

«Vincent a vécu jusqu’à l’âge de six ans en nommant papa deux personnes», explique sa demi-sœur Marie-Geneviève Lambert à France 3. «Il est allé vivre avec mon père quand il avait six ans mais sans qu’il y ait d’affection très grande, il a beaucoup souffert de ça.» En 1982, le couple d’amants se marie, et Pierre Lambert reconnaît son fils biologique. «Je pense que pour papa, ce combat (pour maintenir Vincent en vie, ndlr) est très certainement une sorte de rattrapage d’un raté dans sa relation avec son fils. Là-dedans, il y a quelque chose de sincère», témoigne Marie-Geneviève.

Une famille recomposée «traditionaliste» de neuf enfants

Vincent Lambert doit donc trouver sa place, à Châteauroux (Indre), dans une famille très nombreuse, très catholique, composée de cinq enfants issus de deux fratries. Une famille qui est «traditionaliste, où la morale étouffe», racontera plus tard dans un livre («Vincent: Parce que je l’aime, je veux le laisser partir») sa future femme Rachel. Pratiquant, son père Pierre est gynécologue. Sa mère, quant à elle, «puise sa force dans la grâce et le sacrement», selon une amie de la famille interrogée par France 3 en mai 2019.

Vincent devient, par la suite, trois fois grand frère. «Un jour, sa (petite) sœur a eu un accident de bicyclette. Vincent, du haut de ses six ans, ne voulait plus la quitter, il était aux petits soins pour elle et souhaitait la veiller jusqu’à sa guérison», écrivent ses parents.

À 12 ans, Vincent entre en pensionnat, dans l’Aude, dans une école gérée par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. L’organisation, souvent considérée comme intégriste, a été excommuniée de l’Église en 1975 et ne fait pas partie de l’Éducation nationale. Vincent en est renvoyé, quelque temps plus tard, pour son «esprit rebelle», selon l’AFP. «Une fois adulte, il n’a plus fréquenté personne de la fraternité. Il n’y a plus mis un pied», explique François Lambert, neveu de Vincent. «Viviane dit que parce qu’il en avait pleuré, c’est qu’il aimait (la Fraternité). Mais non, c’est qu’il s’était attaché aux personnes», continue-t-il. «Il n’a alors cessé de prendre ses distances avec l’idéologie de nos parents», indique quant à elle sa sœur Marie.

Un infirmier «généreux», «sensible» et «introverti»

Puis, en 1996, il intègre l’école d’infirmiers de Laon, pour devenir spécialisé en psychiatrie. «Sa délicatesse, sa diligence l’amènent, en tant qu’élève infirmier, à faire son mémoire sur la maltraitance des personnes âgées en maison de retraite», écrivent Viviane et Pierre Lambert. Et de continuer: «Avant de quitter la maison familiale pour partir faire ses études, il nous confie un clochard avec qui il avait noué des relations et qu’il nourrissait discrètement depuis un certain temps». «C’était un être généreux, qui se donnait beaucoup aux personnes vulnérables», estime Anne Tuarze, la demi-sœur de Vincent, dans un reportage de France 3. Il «était très sensible, très introverti aussi», indique-t-elle. «Il était très propre sur lui, très poli, mais dès qu’il sentait qu’il pouvait dire les choses, il le faisait à 100%», raconte de son côté son neveu François Lambert.

Puis, en 2002, Vincent rencontre Rachel, elle aussi infirmière, à l’hôpital de Longwy (Meurthe-et-Moselle). Ils se marient en 2007, et s’installent près de Reims. Une vie de couple qui les mèneront à devenir parents d’une petite fille, en 2008. Deux mois après sa naissance, l’accident de la route survient. Le trentenaire est plongé dans un coma artificiel. À la sortie de son coma, Vincent Lambert atteint un état de «conscience minimale», ou pauci-relationnel, dont il ne ressortira jamais. 

Sur le même sujet : L'affaire Vincent Lambert en sept chapitres

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