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Cloner des mammouths, la folle idée de scientifiques pour sauver l'Arctique

logo de BFMTV BFMTV 17/05/2018 Liv Audigane
Une statue de glace de plus de 3 mètres de haut représentant un mammouth, le 25 janvier 2004 au zoo d'Helsinki. (Photo d'illustration) © Ville Myllynen - Lehtikuva - AFP Une statue de glace de plus de 3 mètres de haut représentant un mammouth, le 25 janvier 2004 au zoo d'Helsinki. (Photo d'illustration)

Une équipe de scientifiques de Harvard travaille actuellement à ressusciter les mammouths grâce au clonage. Ceux-ci pourraient peut-être, grâce à leur mode de vie, ralentir la fonte du permafrost dans l'Arctique. 

La fonte du permafrost, cette couche de glace qui reste gelée d'année en année et recouvre environ un quart de la terre dans l'hémisphère nord, a déjà des conséquences néfastes au-delà du cercle polaire arctique.

Plusieurs villes du Canada, de la Russie, du Groenland ou de l'Alaska font face à une crise du logement sans précédent, directement liée au réchauffement climatique. L'eau fondue du permafrost pénètre en effet dans les sols, ce qui les déforme et finit par détruire les fondations des habitations.

Et ce n'est pas la seule menace qui pèse sur les populations au-delà du 66e parallèle nord. Outre des virus et bactéries, des milliards de tonnes de dioxyde de carbone et de méthane (des gaz à effet de serre) sont emprisonnées sous la glace et seraient libérées si elle fondait.

Une des hypothèses étudiées par les scientifiques pour éviter la fonte du permafrost est de… cloner des mammouths pour les réintroduire dans les territoires arctiques. C'est ce qu'explique dans The ConversationPaul Mann, professeur de géographie et de sciences environnementales à l'université britannique de Northumbria.

Empêcher les arbres de pousser, remuer la neige

Avec leurs grosses pattes, les mammouths écrasaient les mousses et les arbustes, arrachaient les racines et modifiaient continuellement le paysage, rappelle Paul Mann. Cela empêchait les arbustes de pousser et permettait de maintenir une couche d'herbe, qui absorbe moins de lumière que les arbres et ralentit le réchauffement des sols.

De plus, ils remuaient sans cesse la neige, qui contrairement aux idées reçues ne refroidit pas le sol. Bien au contraire, celle-ci agit comme une couche isolante et accélère la fonte de la glace qui se trouve en-dessous. Réintroduire les mammouths pourrait donc permettre, si ce n'est d'empêcher, au moins de ralentir la fonte du permafrost.

D'ici dix ans

Une équipe de scientifiques de Harvard espère cloner un de ces immenses mammifères d'ici une dizaine d'années. Pour le moment, en termes de manipulation génétique, ils n'en sont qu'aux rudiments: la pousse de cheveux, la production de graisse et l'adaptabilité aux conditions climatiques

La future terre d'accueil de l'animal est en tout cas déjà toute prête. Depuis 1996, la Sibérie abrite le "Pleistocene park", du nom de l'époque géologique s'étendant de 2,5 millions d'années à 11.000 ans avant notre ère, qui a connu plusieurs cycles glaciaires et durant laquelle ont subsisté quelques grands mammifères.

Dans le "Pleistocene Park", pas de mammouths pour le moment donc. Seulement des bisons, boeufs musqués, élans, yacks, chevaux et rennes qui gambadent librement dans cet espace d'environ 16km², sous l'oeil attentif des scientifiques. Ceux-ci observent comment les animaux modifient leur environnement naturel, si leur action a un effet sur le refroidissement des sols, et contrôlent le taux de gaz à effet de serre dans le sol. Reste que, faute de moyens humains et financiers, il est pour l'instant difficile d'évaluer la viabilité et la réussite d'un projet si ambitieux.

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