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Voile: immersion à bord des catamarans F50, véritables fusées des mers

logo de RMC Sport RMC Sport 14/05/2022 Morgan Maury
Le catamaran F50 de l'équipe de France © SailGP Le catamaran F50 de l'équipe de France

Le soleil des Bermudes, son eau turquoise... La troisième saison de SailGP démarre ce week-end dans l’archipel britannique pour un calendrier de 10 étapes. Ces catamarans F50 sont de véritables fusées. Avec 10 personnes à bord, ils peuvent dépasser les 100 km/h. La France présente un équipage à fort passé olympique, mené par Quentin Delapierre, 8e aux JO de Tokyo 2020 en Nacra17 avec Manon Audinet. Face aux Bleus, des cadors de la navigation comme le Britannique Ainslie et l’Australien James Spithill. Avec RMC Sport, le pilote français vous fait grimper à bord de cette machine.

· À bord d’un F50

"Pour monter sur un F50, il faut une formation à la sécurité. On part avec un nageur de combat se faire maltraiter dans l’eau et on apprend à utiliser une spare air qui est une petite bonbonne d’oxygène que l’on peut décrocher et aspirer avec un détendeur. On a un gilet renforcé sur la colonne et le buste en cas d’impact. Dans le gilet, il y a un couteau pour pouvoir découper le filet du bateau si jamais on est bloqué sous le bateau. On a un casque avec un système de communication intégré. Il faut s’imaginer à 90 km/h debout dans une décapotable. Le vent fait beaucoup de bruit et on ne peut pas s’entendre sans ça. Le dernier détail, c’est qu’on est en permanence attaché au bateau, on ne peut pas tomber du bateau. À San Francisco sur une manœuvre inhabituelle j’ai sprinté et je suis tombé. Je n’étais retenu que par ma ligne de vie. J’étais content qu’elle soit bien ajustée."

· La vitesse

"Au-dessus de 90km/h ça rend le bateau unique en son genre. Ça n’existe pas. Et quand on passe 100km/h, les sens sont en éveil et tout le corps se met en tension pour contrôler la machine et ne pas se crasher. Passé 90km/h, ça peut donner des crashs assez lourds qui peuvent blesser mes coéquipiers et moi aussi, on sent une espèce de chape de plomb qui se met à bord et tout le monde est 100% concentré sur la machine."

"Quand j’ai commencé la voile, je n’aurais jamais imaginé que l’on puisse régater à ces vitesses-là sur des bateaux pareils en volant"

· Un jeu ?

"C’est comme ça que je l’aborde. J’ai envie de jouer même quand il y a de la tension, quand l’enjeu se fait ressentir, c’est ça qui fait la différence. Le dernier qui s’arrête de jouer c’est souvent celui qui performe. Sur ces bateaux-là, c’est d’autant plus facile car tu es porté par l’adrénaline, la vitesse, d’être à quelques centimètres des autres bateaux à 100 km/h. Tu as envie de jouer dans ces conditions-là. Quand j’ai commencé la voile, je n’aurais jamais imaginé que l’on puisse régater à ces vitesses-là sur des bateaux pareils en volant. Parfois, il faut se pincer."

· Responsabilité envers ses coéquipiers

"Définitivement. Je dirige le bateau et mène les équipiers pour naviguer de telle ou telle manière. Si je choisis de prendre des risques, ils me suivent parce qu’ils me font confiance. Quelque part on ne te fait confiance qu’une seule fois. J’ai vraiment cette responsabilité de mener le bateau le plus vite possible tout en étant bienveillant avec eux."

· La différence avec la voile olympique

"J’ai l’impression de muter en tant qu’athlète. D’être moins sur une préparation très physique comme je l’étais sur le Nacra17 où il fallait que je sois tout le temps affûté, au bon poids, tout en restant très dynamique sur ce petit bateau. Là j’ai l’impression de travailler sur mon cerveau, de tenir des niveaux de concentration plus élevés, plus longtemps et de prendre des décisions dans des temps très courts. Des décisions irréversibles qui peuvent amener le bateau à finir deux ou trois minutes derrière les autres. En tant qu’athlète c’est super intéressant."

· Construire une équipe

"On essaye avec Bruno Dubois (le team manager, ndlr) d’étoffer cette équipe avec des compétences autres. On a Thomas Sammut qui arrive pour la préparation mentale et Thierry Douillard comme coach. On a aussi quatre athlètes féminines qui nous rejoignent. Ça fait tout de suite une grosse équipe. Ce qui est intéressant, c’est de voir à quel point le groupe adhère à la dynamique que l’on essaye de mettre en place. C’est gratifiant de voir qu’on arrive à emmener dans ce projet. Je pense à Kévin Peponnet, on se connaît depuis très longtemps, c’est un ami proche. Le plus dur sur ce type de projet c’est de créer l’alchimie. Il n’y a que des gens très bons, ce qui fait la différence ce sont les gens très bons qui arrivent à travailler ensemble. Cela a toujours été un rêve de porter les couleurs de son pays, d’essayer de créer un sentiment d’appartenance fort, pas juste d’arriver dans une équipe et de naviguer pour un sponsor ou aux couleurs d’eux. Une équipe française à nos couleurs, j’essaye de faire comprendre ça à l’équipe."

· Le circuit SailGP

"C’est un circuit où tu retrouves des étapes partout dans le monde. Tu touches une cible beaucoup plus large. Ce ne sont que des endroits mythiques: San Francisco, Sydney, Saint-Tropez, Plymouth la Mecque de la voile. La ligue est en train de se développer à une vitesse vertigineuse. Ça plaît à beaucoup de gens. Plus on fait de Grands Prix plus on voit de supporters dans les gradins."

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