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Affaire Tapie: Stéphane Richard relaxé

logo de Le Figaro Le Figaro 09/07/2019 Elsa Bembaron, Enguérand Renault

Le patron d’Orange risquait 3 ans de prison dont 18 mois ferme. Il est relaxé. Le groupe Orange s’était mis en état de réponde à toutes les situations.

Stéphane Richard, PDG d’Orange © ISSOUF SANOGO/AFP Stéphane Richard, PDG d’Orange

Orange pousse un ouf de soulagement. Dans l’affaire Tapie, Stéphane Richard, qui a l’époque était directeur de cabinet de la ministre de l’économie Christine Lagarde, risquait gros. Trois ans de prison, dont 18 mois ferme, assortis d’une amende de 100.000 euros et d’une interdiction de toute fonction publique pendant cinq ans.

Mais, le tribunal correctionnel de Paris a décidé de relaxer Bernard Tapie, ainsi que Pierre Estoup et enfin Stéphane Richard. Ce dernier a toujours clamé son innocence dans l’affaire de l’arbitrage sur la vente d’Adidas. Sa position personnelle était claire, en cas de condamnation, il aurait fait appel. Mais sa situation a la tête d’Orange aurait été très fragilisée en cas de condamnation. Lors de sa première déclaration, Stéphane Richard, a déclaré «c’est un immense soulagement de voir mon innocence reconnue» et que l’affaire Tapie a été «sa croix depuis de nombreuses années».

Stéphane Richard est arrivé à la tête de l’entreprise en 2010. Il a alors été nommé par l’État, avec pour première mission d’apaiser les tensions au sein du groupe. Triste hasard du calendrier, un autre verdict sera rendu le 12 juillet, celui de la responsabilité de France Télécom, devenu Orange, dans l’affaire des suicides. Cette première mission remplie, Stéphane Richard s’est attelé à développer le groupe en Afrique, continent qui est à la fois un important relais de croissance et une zone d’expérimentation pour de nouveaux services. C’est là que le groupe a fait ses premiers pas dans les services financiers avant le lancement d’Orange Bank en France et dans la distribution d’électricité. C’est un des chevaux de bataille de Stéphane Richard: étendre l’offre disponible. Pour les clients particuliers, cela passe aussi par des abonnements à des services de télésurveillance et davantage de produits pour la maison connectée. Côté entreprise, Orange s’est lancé dans la bataille de la cybersécurité et des Datacenter, visant là un marché en pleine extension.

Bras de fer avec Bercy

Avant l’énoncé de la sanction, Bruno Le Maire, Ministre de l’économie, avait fait savoir que pour le patron d’une entreprise dont l’État est actionnaire, condamnation valait démission. Une position contestée par Orange qui estime qu’en bonne gouvernance, la nomination ou révocation du PDG est l’affaire du conseil d’administration , dans lequel l’État actionnaire n’a que trois représentants sur 15 membres. Ce différend avec Bercy se double d’un deuxième sujet, celui de la dissociation entre les fonctions de Président et de directeur général. Bercy veut imposer cette différence dans toutes les sociétés dont l’État est actionnaire. Stéphane Richard a toujours affirmé que tant qu’il dirigera l’entreprise, il entend conserver la réunion des deux fonctions sous le titre de PDG. Aujourd’hui, le jugement relaxant Stéphane Richard privilégie donc le status quo.

Dauphins en interne

En cas d’empêchement de Stéphane Richard, Ramon Fernandez faisait figure de «dauphin naturel». Dès son arrivée au sein du groupe Orange, en septembre 2014, il avait été présenté comme un possible successeur à Stéphane Richard. Les deux hommes ont un parcours similaire, tous deux aux étés conseillers au Cabinet d’un ministre de l’économie. Ramon Fernandez a fait ses classes à la Direction du Trésor, puis au FMI. Chez Orange, cet homme affable et souriant a su se faire discret tout en élargissant son portefeuille. Entré comme Directeur Général Adjoint en charge des Finances et de la Stratégie du Groupe, il a été promu Directeur Général Délégué, Finance, Performance et Europe l’année dernière, à l’occasion d’une refonte du Comité exécutif voulue par Stéphane Richard.

Ramon Fernandez aurait pu partager les rênes de l’entreprise avec Gervais Pélissier, un «historique». Il a intégré Orange (France Télécom) en 2005 à l’occasion du lancement des activités du groupe en Espagne. Après avoir été en charge des finances, de la joint-venture au Royaume-Uni, il a été en charge de l’Europe, pour désormais s’occuper de la transformation du groupe et présider Orange Business Services. Gervais Pélissier a pour lui l’expérience internationale et une fine connaissance du groupe. Mais pour des raisons de limite d’âge, il est davantage perçu comme un potentiel patron par intérim ou bras droit. Un partage des rôles serait l’occasion pour Orange de mettre en place un changement de gouvernance, avec un Président du conseil d’administration et un directeur général exécutif.

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