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Le «Zorro blanc», qui prétend traquer les pédophiles, rejugé ce vendredi

logo de Le ParisienLe Parisien 31/01/2020 Fabien Paillot à Saintes (Charente-Maritime)

Christian Maillaud, ex-gendarme de 52 ans, avait tenté d’enlever en 2012 trois enfants à leur père accusé, délibérément et à tort, de pédophilie. Ce récidiviste est à nouveau jugé à Saintes, le vendredi 31 janvier.

Le Parisien © DR Le Parisien

Christian Maillaud avait baptisé cette opération « action clandestine offensive ». Surnommé Stan, ou le « Zorro blanc » par ses fidèles, cet ancien gendarme mobile de 52 ans, révoqué pour des troubles psychiatriques, comparaît ce vendredi après-midi devant le tribunal correctionnel de Saintes (Charente-Maritime) pour sa participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime.

À l’été 2012, cet homme présenté comme « un manipulateur » avait tenté avec sa compagne allemande Janett Seemann et plusieurs complices d’enlever à Montendre, dans le sud du département, les trois enfants de Johann Calluaud. « Ils avaient le plan exact de mon appartement, notre emploi du temps et avaient même placé des balises GPS sous mon véhicule », détaille ce père de famille, divorcé depuis 2009.

C’est son ex-épouse qui, après l’avoir accusé de pédophilie, a fait appel aux services de Christian Maillaud. Car l’ex-militaire n’en est pas à son coup d’essai. En 2004, il avait tenté d’enlever deux fillettes à Madagascar, un fiasco. Puis il a récidivé à Perpignan, en 2009, et écopé cette fois d’un an de prison pour l’enlèvement du petit Vincent.

Complotisme et paranoïa

Le quinquagénaire prétend en réalité traquer des « réseaux pédophiles sataniques ». Selon lui, tout un système d’abus sexuels serait ainsi couvert par les instances politiques et judiciaires du pays. Christian Maillaud, qui a longtemps financé ses activités avec les dons de ses multiples adeptes, a même fondé des groupes aux noms sans équivoque tels que l’Organisation clandestine civique universelle de lutte contre le terrorisme d’Etat (Occulte) ou le Ralliement des résistants pour la révolution (RRR).

Sa vision mêlant complotisme et paranoïa, Christian Maillaud la partage depuis des années sur les réseaux sociaux où il se présente avec sa compagne comme « un couple normal, sain de corps et d’esprit ». En 2012, c’est justement Janett Seemann qui avait abordé innocemment les enfants de Johann Calluaud. « Elle a prétexté avoir perdu un chiot et questionné ma fille de 12 ans à l’époque. Sans la présence d’une voisine, ils seraient peut-être passés à l’action. Je n’avais aucune raison d’imaginer cette filature. Il devait chercher une affaire sensationnelle pour briller sur YouTube », estime-t-il.

Les jours qui suivent, le « Zorro blanc » qui circule avec de faux papiers à bord d’un utilitaire prend la fuite lors d’un banal contrôle routier. Direction le Venezuela d’où il commente en vidéo son premier procès organisé à Saintes, en août 2018. Les juges le condamnent alors à 5 ans de prison : « Ça me fait bien rigoler, ce verdict ne signifie rien ! »

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Arrêté l’été dernier en exécution d’un mandat d’arrêt Interpol, le quinquagénaire a finalement été extradé vers la France en décembre. Incarcéré à la prison de Saintes, il a demandé à être rejugé comme l’y autorise le Code Pénal. Ses partisans appellent à soutenir une nouvelle fois « le héros emprisonné à tort » jusque sur les marches du tribunal. Des mesures de sécurité supplémentaires y ont été prises pour éviter les débordements d’août 2018.

« Ce qui m’importe, explique Johann Calluaud, c’est de montrer qu’ils sont complètement fous. Ma fille a très mal vécu cette tentative d’enlèvement… Je ne suis pas devenu parano, mais je suis beaucoup plus sur mes gardes qu’un parent ordinaire. » Alain Chauvet porte, lui, un regard désabusé sur ce procès. Autre victime de Christian Maillaud, il cherche sa fille Camille depuis le 26 décembre 2010. Elle avait 5 ans. Alain Chauvet ne l’a revue qu’une fois dans une vidéo postée par l’ex-gendarme. « J’ai remué ciel et terre. L’attente est très difficile à vivre », souffle-t-il. Alain Chauvet en est persuadé : « Après la prison, Stan Maillaud recommencera. »

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