Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

«Ils ont frappé une fabrique de liquide vaisselle» : réactions de Syriens à la frappe occidentale

logo de Liberation Liberation 14/04/2018 Hala Kodmani
Des partisans de Bachar el Assad rassemblés à Alep, le 14 avril 2018 pour condamner les frappes américaines, britanniques et françaises contre le régime syrien. Photo George Ourfalian. AFP © GEORGE OURFALIAN Des partisans de Bachar el Assad rassemblés à Alep, le 14 avril 2018 pour condamner les frappes américaines, britanniques et françaises contre le régime syrien. Photo George Ourfalian. AFP

Dérision et déception du côté des opposants, célébration de la résistance par les partisans du régime, les réactions des Syriens aux frappes de la nuit dernière sont à l’image d’un pays coupé en deux.

«Abou Ivanka a frappé !», annonce un jeune militant syrien, utilisant le surnom de Trump, (père d’Ivanka) que lui ont donné ces derniers jours les jeunes syriens qui s’impatientaient devant les hésitations du président américain. Attendues et espérées depuis l’attaque chimique sur Douma samedi dernier, les frappes américano-franco-britannique sur les cibles du régime syrien ont été accueillies essentiellement par la dérision par les opposants au régime de Bachar Al-Assad.

«Trois grandes puissances pour quelques minutes et quelques missiles !», regrette un internaute sur Facebook. «La déclaration de Trump à la télévision a duré plus longtemps que les frappes», note Karam Al-Masri, jeune photographe qui avait couvert la bataille d’Alep pour l’AFP fin 2016 et est aujourd’hui réfugié en France, qui poursuit : «On a veillé toutes les nuits pendant une semaine pour une frappe de quelques minutes».

Une «fessée», «un pet de coq»

Outre la rapidité des attaques, leur inoffensivité est soulignée compte tenu de la nature et du nombre limité des cibles touchées par les missiles. «Tous les lieux avaient été vidés de leurs hommes et matériel depuis quelques jours», indique un Damascène informé bien qu’en exil dans un pays du Golfe. Une «fessée», «un pet de coq», selon divers commentaires sur les réseaux sociaux, «la petite frappe des Grands», est souvent ridiculisée par ceux qui espéraient apparemment qu’une plus grande correction soit infligée au régime syrien. Plusieurs internautes soulignent qu’il s’agit d’une «opération pour sauver la face», de ceux qui ont signifié des lignes rouges et brandies les menaces.

«Même pas mal !» pourrait être le résultat sur lequel s’accordent les Syriens de tous bords. Les partisans du régime en particulier ont célébré leur «victoire» dans les rues et sur les réseaux sociaux loyalistes. Quelques dizaines de manifestants chantant, dansant, klaxonnant et tirant des rafales de mitraillettes en l’air au petit matin sur la place des Omeyyades au centre de Damas ont transmis leurs images sur les réseaux sociaux. «Un rassemblement populaire sur la Place des Omeyyades en soutien à l’armée arabe syrienne et au Président Al-Assad avec un message de défi à l’agression tripartite», indique une légende sur la page Facebook Damascus Now.

«Ils ont frappé une fabrique de liquide vaisselle»

Des milliers de commentaires enthousiastes disent «Vive la Syrie d’Al-Assad !», «Damas, citadelle de la résistance et du défi» ou «La montagne ne peut être secouée par le vent», selon le proverbe populaire syrien pour signifier la solide résistance du régime. «Ils ont frappé une fabrique de liquide vaisselle, pensant que c’était un site de production chimique», lit-on également en dérision pour les frappes.

La déclaration du porte-parole de l’armée syrienne annonçant que la Défense anti-aérienne syrienne avait intercepté les missiles occidentaux, tourne en boucle sur les médias officiels. C’est un message de défi et de victoire que le régime de Damas brandit face aux attaques des trois puissances occidentales. Si «l’agression tripartite» revient souvent dans les commentaires, c’est surtout les Etats-Unis de Trump qui sont essentiellement mentionnés tandis que la France de Macron ou le Royaume-Uni sont ignorés dans les réactions des Syriens.

- «Et maintenant que va faire la Russie ?», interroge une jeune syrienne sur un groupe Facebook d’opposants syriens.

- «Une frappe chimique sur l’Ukraine», plaisante une de ses amies.

- «Frapper Idlib», répondent plusieurs autres à propos de la dernière région qui échappe au régime dans le nord de la Syrie et qui risque fort d’être la cible de la prochaine grande offensive du régime et de ses alliés.



AUSSI SUR MSN : Le récap' sur les frappes occidentales en Syrie

VIDÉO SUIVANTE
VIDÉO SUIVANTE

Chaque semaine, ne manquez pas le meilleur de l'info!



Publicité
Publicité

Plus d'info : Liberation.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon