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A 48 heures du début de l’Open d’Australie, Canberra annule le visa de Djokovic

logo de Challenges Challenges 14/01/2022 Nicolas Stiel
Novak Djokovic © AFP - MARTIN KEEP Novak Djokovic

Le numéro un mondial du tennis va-t-il reprendre son avion pour l’Europe? Alors que l’Open d’Australie débute lundi, Canberra annule une deuxième fois le visa de Novak Djokovic. Un nouvel interrogatoire devant les services d'immigration est fixé samedi matin.

Est-ce la fin de la saga Djokovic? Alors que l’Open d’Australie débute lundi 17 janvier, Canberra a à nouveau annulé le visa du numéro un mondial du tennis qui n’est pas vacciné contre le Covid. L’annonce a été faite ce vendredi 14 janvier par le ministre de l'Immigration qui dispose d’un "pouvoir personnel d’annulation". Dans un communiqué, Alex Hawke annonce que la décision a été prise "sur des bases sanitaires et d'ordre public". Le ministre s'est dit "fermement engagé à protéger les frontières australiennes, tout particulièrement dans le contexte de la pandémie de Covid-19". Le Premier ministre Scott Morrison a ajouté que l'annulation du visa du champion vise à protéger le résultat des "sacrifices" subis par les Australiens pendant la pandémie.

Novak Djokovic peut interjeter appel de la décision ministérielle devant le tribunal fédéral. Le numéro un mondial de tennis ne sera pas placé en rétention avant un interrogatoire prévu samedi matin devant les services d'immigration, et ne sera pas expulsé avant que la justice n'ait statué sur son recours contre l'annulation de son visa, a indiqué un avocat du gouvernement, Stephen Lloyd, au cours d'une audience en référé devant un juge à Melbourne. Lundi 10 janvier, il avait obtenu d'un juge qu'il rétablisse son visa et ordonne sa libération immédiate après son placement dans un centre de rétention. Son sort restait alors en suspens. Sa position était d’autant plus fragile que son comportement n’était pas irréprochable. Il avait rempli incorrectement sa déclaration d'entrée en Australie, et n'avait pas respecté les règles d'isolement après avoir été testé positif au Covid-19 en décembre. "Novax" Djokovic, comme on l’appelle aux antipodes, s’attendait à cette nouvelle annulation. Le fait qu’elle intervienne à 48 heures de l’ouverture du tournoi n’est pas dû au hasard. Cela laisse moins de temps aux avocats du joueur pour s’organiser et préparer leur défense. Djokovic, qui s’apprêtait à disputer son premier tour lundi, va-t-il maintenant quitter l’Australie? Pour lui, le rêve d'obtenir un 10ème titre à Melbourne s'éloigne. Il s’éloigne d'autant plus que cette annulation implique qu’il sera interdit d'entrée dans le pays pendant trois ans, sauf dans certaines circonstances exceptionnelles.

Un documentaire sur Netflix?


Vidéo: L'Australie a annulé cette nuit le visa de Novak Djokovic pour l'Open d'Australie car il pourrait ne pas être vacciné - Le numéro un mondial intente ce matin un recours en justice (Dailymotion)

Relire la vidéo

On en est là aujourd’hui. Quelles leçons retenir de cette improbable saga? La première, la plus évidente, est que le Covid nous rend tous fous, nous fait perdre tous nos repères. Le fait qu’un joueur de tennis non vacciné mais ayant obtenu une exemption pour disputer un tournoi occupe la une de l’actualité pendant dix jours interpelle sur l’état de santé mentale de la planète. D’après Le Figaro, la plateforme Netflix préparerait maintenant un documentaire sur les aventures de Djokovic au pays des kangourous. Le champion serbe, on le sait, a commis des erreurs et des imprudences qu’il a finies par reconnaître. En fanfaronnant sur Instagram après avoir obtenu son exemption, il a fait preuve d’une grande légèreté. L’Australie ne plaisante pas avec la crise sanitaire. Sa stratégie, c’est zéro Covid. Melbourne est la ville qui a été la plus confinée au monde: 262 jours!

Le point positif de l’affaire Djokovic est qu’elle a mis en lumière le centre de rétention pour immigrés de Melbourne que personne ne connaissait. Situé dans un hôtel sinistre de cinq étages dont les pensionnaires n'ont aucune possibilité de sortir, il héberge 32 personnes, certaines depuis des années. "Nous craignons que bien après le retour de Djokovic sur le lucratif circuit mondial du tennis, ces hommes soient toujours en détention", a déclaré le porte-parole de Refugee Action Collective, David Glanz. Chaque année, de très nombreux migrants tentent d'arriver en Australie par bateau. Une grande partie est envoyée en dehors du pays, dans des centres de rétention sur la petite île de Nauru, dans le Pacifique, et sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

128.000 nouveaux cas jeudi

L’affaire Djokovic a également mis en lumière les arrière-cours de la politique politicienne de l’Australie. Et celle-ci n’est pas reluisante. Le Premier ministre Scott Morrison est un récidiviste. Ce populiste s’était illustré en septembre dernier dans l’affaire des sous-marins en rompant le contrat de 50 milliards de dollars que Naval Group avait signé avec la marine australienne pour le confier aux Américains. Cette fois, il vise Djokovic sachant qu’il y a des élections législatives en juin prochain. S’attaquer à un tennisman multimillionnaire et non vacciné est facile. Cela lui évite de regarder son propre bilan sanitaire. Celui-là n’est pas extraordinaire. L’Australie a signalé plus d’un 1,2 million de cas depuis le début de l'épidémie. Et 128.000 nouveaux cas jeudi 13 janvier. "Le gouvernement Morrison est tout simplement incompétent, a tweeté la cheffe de l'opposition travailliste Kristina Keneally. C'est une farce."

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