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Allemagne, Israël, Suède… Ces pays qui battent le rappel vaccinal contre le Covid-19

logo de Liberation Liberation 03/08/2021 Marlène Thomas, AFP
Le président israélien, Isaac Herzog et sa femme Micha recevant une troisième dose de vaccin le 30 juillet à Ramat Gan. © Maya Alleruzzo Le président israélien, Isaac Herzog et sa femme Micha recevant une troisième dose de vaccin le 30 juillet à Ramat Gan.

Alors que les campagnes de vaccination s’accélèrent face à la menace du variant delta, se heurtant parfois à de sévères réticences, une poignée de pays a déjà adopté le principe d’un rappel vaccinal. Un choix qui risque notamment d’accentuer encore la fracture vaccinale, nombre de pays en développement peinant déjà à avoir suffisamment de doses pour des premières et deuxièmes injections.

L’OMS a martelé fin juillet la priorité d’aider les pays les plus en difficulté et de parvenir à l’objectif minimal d’au moins 10% de la population de chaque pays vaccinés d’ici fin septembre. Tour du monde des pays engagés vers une troisième dose.

Israël de nouveau en tête

Israël continue la course vaccinale en tête. Après avoir été le premier pays à lancer, en décembre, une vaste et très efficace campagne d’injections, l’Etat hébreu a été le premier à sauter dans l’inconnu de la troisième dose vendredi. Cette nouvelle campagne est destinée aux plus de 60 ans.

Pour inciter les citoyens à se refaire piquer, le nouveau président, Isaac Herzog, et son épouse Michal ont joué les cobayes, se faisant administrer une troisième dose de Pfizer-BioNTech lors d’une cérémonie. Le pays n’échappant pas au variant delta, le nombre de contaminations et d’hospitalisations est reparti à la hausse en juillet, en particulier chez des adultes non vaccinés mais aussi des personnes vaccinées il y a plus de six mois.

«Israël est un pionnier en allant de l’avant avec une troisième dose de vaccin pour les personnes âgées de 60 ans et plus», s’est félicité vendredi le Premier ministre, Naftali Bennett. Selon Pfizer, «de nouvelles études montrent qu’une troisième dose a des effets neutralisants contre le variant delta [qui sont] plus de cinq fois plus élevés chez les jeunes et plus de onze fois chez les personnes plus âgées».

L’Allemagne s’engage pour la rentrée

La date du rappel est fixée en Allemagne au 1er septembre. L’administration de cette troisième dose sera, ici encore, proposée aux populations âgées et vulnérables, a annoncé lundi le ministère de la Santé. Ce dernier fait valoir une décision «dans l’intérêt des soins de santé préventifs», citant des études récentes montrant que «la réponse immunitaire est réduite ou en déclin rapide après une vaccination complète contre le Covid-19» chez certaines populations, «en particulier pour les patients immunodéprimés ainsi que les personnes très âgées et celles nécessitant des soins». Dans la liste des éligibles également, les personnes qui n’ont pas reçu de vaccin à ARN messager (Pfizer-BioNTech ou Moderna).


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Les rappels seront d’ailleurs réalisés avec l’un des deux. Avant de repasser par la case seringue, il faudra «généralement au moins six mois» après avoir complété son premier schéma vaccinal, quel que soit le type de sérum administré initialement. Non sans rappeler le lancement de la première campagne, cette troisième dose sera notamment proposée dans les maisons de retraite, les structures d’aide à l’insertion et autres hébergements accueillant des groupes de personnes vulnérables. Les médecins traitants seront eux aussi invités à participer à l’effort auprès de leurs patients immunodéprimés.

La Suède table sur 2022

Embrayant peu après l’Allemagne, les autorités sanitaires suédoises ont annoncé ce mardi envisager la proposition d’une dose de rappel à «une grande partie de la population» en 2022. Le calendrier de cette campagne devrait se diviser en deux temps : les résidents de maisons de retraite, les personnes âgées de plus de 80 ans et les personnes avec un système immunitaire très réduit seront prioritaires et pourraient y accéder dès l’automne. La décision finale n’est toutefois pas actée, précise l’Agence de santé publique. «Notre évaluation est qu’il n’est pas possible d’éradiquer le virus et que le travail de vaccination devrait donc être à long terme et centré sur la réduction des maladies graves et de la mortalité», soulève l’épidémiologiste en chef Anders Tegnell dans un communiqué.

Au Royaume-Uni, un plan en élaboration

Au Royaume-Uni, l’idée d’une troisième dose fait aussi son chemin face à la crainte d’un déclin de l’efficacité des deux premières. Selon le Telegraph, le gouvernement britannique prévoirait de relancer une campagne de vaccination dès la première semaine de septembre auprès de 32 millions de Britanniques de plus de 50 ans, ainsi que pour les immunodéprimés. Ainsi 2,5 millions de doses de vaccin devraient être injectées chaque semaine, notamment grâce à une mobilisation massive des pharmacies.

Les autorités ayant privilégié le vaccin AstraZeneca lors de la campagne initiale, elles souhaiteraient cette fois tabler sur une dose différente aux deux premières, comme le Pfizer, Moderna ou encore Novavax. Toujours selon le quotidien anglais, des propositions ont été élaborées pour que le vaccin contre le Covid-19 soit coadministré avec celui contre la grippe. L’idée serait d’injecter un sérum dans chaque bras.

Un «arbitrage la semaine prochaine» en France

Dans le sillage des annonces de l’Allemagne et de la Suède, le ministère de la Santé français a annoncé ce mardi après-midi que le périmètre exact des personnes qui se verront proposer un rappel vaccinal à la rentrée devrait faire l’objet d’un arbitrage «la semaine prochaine». «On n’a pas aujourd’hui d’arbitrage, ni même de vision tout à fait stabilisée sur les personnes qui seraient susceptibles de se voir proposer une troisième dose à la rentrée», a indiqué le ministère lors d’un point hebdomadaire sur la campagne de vaccination. Lors de son allocution du 12 juillet, Emmanuel Macron avait annoncé qu’une «campagne de rappel» serait mise en place «dès les premiers jours du mois de septembre» pour les primo-vaccinés (comprendre la population la plus vulnérable et âgée).

Le Président s’appuyait alors sur un avis du Conseil scientifique rendu quelques jours plus tôt. Ce dernier estimait une stratégie de rappel (avec une troisième dose de vaccin à ARN messager) «justifiée» pour les personnes de plus de 80 ans résidant en Ehpad ou à domicile, «ainsi que chez les patients immunodéprimés au sens large».

La Haute Autorité de santé (HAS), saisie par la Direction générale de la santé, a défendu une ligne similaire dix jours plus tard, tout en précisant «qu’il n’y a pas lieu pour le moment de proposer une dose de rappel en population générale». L’HAS invite à «suivre l’efficacité des vaccins dans le temps» et encourage la mise en place d’études pour évaluer la pertinence d’un rappel.

Mise à jour à 16 heures : arbitrage attendu la semaine prochaine sur le rappel vaccinal en France

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