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Apparition du variant omicron : au Malawi, «on a le sentiment d’être puni»

logo de Liberation Liberation 28/11/2021 Elise Viniacourt
Des soignants dans un centre de traitement du Covid-19 dans la capitale du Malawi, Lilongwe, le 18 janvier 2021. © AMOS GUMULIRA Des soignants dans un centre de traitement du Covid-19 dans la capitale du Malawi, Lilongwe, le 18 janvier 2021.

L’épée de Damoclès d’un nouveau variant encore plus dangereux que delta planait depuis des mois. Il pourrait s’agir d’omicron, potentiellement plus contagieux et échappant aux vaccins. Détectée jeudi en Afrique du Sud, cette nouvelle souche a depuis été détectée en Asie, en Australie et en Europe. Pour faire face, de nombreux pays ont décidé de suspendre les vols venant d’Afrique australe. Dans la liste des pays désormais coupés d’une grande partie du monde, on trouve le Malawi, enclave située dans le sud-est du continent. Epidémiologiste, Titus Divala évoque pour Libération sa traque de cette nouvelle menace et dénonce les difficultés d’accès au vaccin dans son pays.

Depuis la découverte du variant omicron par des scientifiques sud-africains, où en est le Malawi dans ses recherches ?

Actuellement, au Malawi, nous menons une campagne de séquençage de génomes sur les tests positifs de Covid-19 pour essayer d’isoler le nouveau variant et pouvoir l’étudier. Mais pour l’instant, nous n’en avons détecté aucun. Il faut savoir qu’actuellement, le taux de transmission de Covid-19 est très faible dans le pays car nous sommes dans le creux de la vague. Toutefois, la propagation du virus devrait réaugmenter d’ici à quelques semaines.

Etes-vous surpris par l’apparition de ce nouveau variant ?

J’ai entendu parler du variant par un communiqué du gouvernement sud-africain il y a deux jours. Je n’étais pas du tout surpris. Au contraire, je pense que l’on continuera à avoir de plus en plus de nouveaux variants. C’est dans la nature du virus qui change en permanence, c’est comme ça qu’il s’adapte.

Il faut savoir que ça n’est pas nécessairement pour le pire. Certains de ces variants pourraient même s’avérer positifs et conduire à la fin de la pandémie [si leur capacité de circulation est plus faible] tandis que d’autres pourraient avoir des impacts plus négatifs.


Vidéo: Omicron : Ce nouveau variant du coronavirus qui fait peut à toute la planète : Que sait-on vraiment ? (Dailymotion)

Relire la vidéo

Quel est l’état d’esprit au Malawi depuis la découverte de ce nouveau variant ?

Forcément, les gens ont peur. Nous, on s’efforce de rappeler qu’il est important de respecter les gestes barrières et les règles de distanciation sociale mais, dans les faits, on ne connaît pas grand-chose de ce nouveau variant.

Les scientifiques sud-africains ont expliqué qu’omicron semblait se transmettre plus facilement que le variant delta. Mais on ne sait pas encore s’il est plus dangereux ou s’il est résistant au vaccin car on manque encore de données et de cas positifs.

Après la décision de nombreux pays de suspendre les vols en direction de l’Afrique australe, l’Afrique du Sud a indiqué se sentir «punie» pour avoir découvert ce nouveau variant…

On n’arrête pas de découvrir de nouveaux variants partout. Pourtant, on n’impose pas ce genre de restrictions systématiquement à chaque pays. On a d’autant plus un sentiment d’injustice qu’on n’est pas encore sûr qu’il soit plus dangereux qu’un autre. Or, cette décision risque d’avoir de vraies conséquences économiques néfastes pour nous. Donc oui, j’ai le sentiment que l’on a été puni pour avoir été transparent, pour avoir communiqué sur nos données et pour avoir eu une excellence scientifique.

Je pense que ce genre de mesures sont imposées à l’Afrique parce que les autres pays en sont moins dépendants économiquement. On est un continent plus pauvre. Politiquement, ils peuvent faire sans nous, économiquement aussi. C’est probablement la raison pour laquelle ils font ça.

Selon vous, comment éviter que le variant se propage dans le pays ?

Il faut plus de vaccins. L’accès des gens au vaccin est très très faible au Malawi. On a un taux de vaccination qui est inférieur à 5 % ! Ce qui fait aussi partie du problème car les pays plus riches ne partagent pas le vaccin avec les pays plus pauvres. Or, les gens non vaccinés ont plus de chance de faire émerger de nouveaux variants que les gens vaccinés. Donc on est en train de créer un cercle vicieux.

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