Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Argentine : l’ambassadeur biélorusse claque la porte au nez de Loukachenko

logo de Liberation Liberation 31/10/2020 Julien Lecot
Alexandre Loukachenko à Minsk, le 21 octobre. © Sergei Sheleg Alexandre Loukachenko à Minsk, le 21 octobre.

Ne reconnaissant pas la légitimé du président biélorusse, réélu dans une élection frauduleuse en août, Vladimir Astapenka a décidé de quitter ses fonctions. Une défection de plus pour Alexandre Loukachenko.

«Le manque de légitimité internationale du chef de l’Etat ne me permet pas, comme diplomate et patriote de mon pays, de continuer ma mission d’ambassadeur.» Voilà comment Vladimir Astapenka, ambassadeur de Biélorussie en Argentine, qui assure aussi des responsabilités diplomatiques en Uruguay, au Chili, au Pérou et au Paraguay, a justifié son retournement de veste, se mettant à dos celui qui l’avait nommé à ce poste : Alexandre Loukachenko.

Comme le rapporte le portail d’information Tut.By, très populaire en Biélorussie, le diplomate ne se sent plus légitime pour représenter le pays, alors qu’il reconnaît une «falsification évidente des résultats de l’élection présidentielle» ainsi que de «nombreuses violations des droits fondamentaux et de la liberté des Biélorusses». C’est pourquoi, ce mardi, il a demandé dans une lettre à être révoqué, au motif d’une «confiance cassée entre l’employeur et l’employé», comme l’autorise la loi du travail biélorusse.

Cette demande fait suite à une première lettre, envoyée le 23 septembre, jour de la très discrète intronisation d’Alexandre Loukachenko, où il demandait déjà à ne plus être ambassadeur. Que ce soit pour la première ou la deuxième lettre, celui qui se considère désormais comme «ex-ambassadeur» n’a pas eu la moindre réponse des autorités biélorusses. Et malgré ses déclarations à la presse, son nom apparaît toujours sur le site de l’ambassade de Buenos Aires.

«Je ne suis plus le bienvenu en Biélorussie»

Sa demande semble pourtant bien avoir été rapportée aux oreilles des proches du dictateur biélorusse. «On m’a laissé entendre que je ne suis plus le bienvenu en Biélorussie», a affirmé Vladimir Astapenka au journal brésilien Folha de São Paolo, ne cachant pas son inquiétude. Car s’opposer à Loukachenko, c’est risqué l’exil ou la prison : «Il y a beaucoup de détentions arbitraires, personne n’est en sécurité. J’ai des enfants, qui sont adultes, à Minsk. Mais jusqu’à présent, ils n’ont pas eu de problèmes.»

Alors que, malgré la répression, la contestation continue en Biélorussie, la démission de cet homme de confiance du pouvoir, qui a été ministre, et diplomate dans de nombreux pays, pourrait affaiblir un peu plus le dictateur qui s’accroche au pouvoir depuis 1994, Astapenka n’est pas le premier ambassadeur à s’opposer au régime en place. Igor Leshchenya, représentant de la Biélorussie en Slovaquie, avait exprimé en août sa «solidarité» envers les manifestants anti-Loukachenko. Son homologue en Espagne demandait, lui, que les voix soient recomptées.

Publicité
Publicité

Plus d'info : Liberation.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon